VOLAT, Julienne, [née RABIER, Julienne, Berthe]

Par Gilles Pichavant

Née le 18 juin 1914 à Florac (Lozère), morte le 5 décembre 2008 à Ganges (Hérault) ; institutrice suppléante en Losère, puis sans profession ; communiste ; conseillère municipale (1945-1951) puis maire d’Achères (1951-1968).

Julienne Rabier naquit le 18 juin 1914 à Florac (Lozère), fille unique d’un père charretier, petit propriétaire. Elle suivit le cursus à l’école publique, et se décidait à devenir institutrice. Elle poursuivit ses études jusqu’au brevet supérieur. Reçue 17e au concours de l’Ecole Normale de Mende, on lui proposa un poste en Algérie, ce que sa mère refusa.

Sa rencontre avec René Volat, à Mende (Lozère) où elle exerça un temps comme institutrice suppléante, avec lequel elle se maria en septembre 1933 à Florac, changea les choses. En avril 1934 elle donna naissance à une première fille, et, en octobre 1934., René fut nommé instituteur à Achères (Seine-et-Oise, Yvelines). Après une courte période à l’hôtel, le couple s’installa dans un logement de fonction à l’école Jules Ferry, actuelle mairie d’Achères. L’année suivante son mari fut appelé au service militaire à Montpellier (Hérault). Elle retourna l’attendre à Florac, où sa deuxième fille naquit. Au retour du service militaire, son mari retrouva son poste à Achères, et une troisième fille y naquit décembre 36.

René Volat avait décidé d’adhérer au Parti communiste français le 1er janvier 1939. Il participa à la réorganisation du parti devenu clandestin. Le 20 janvier 1940, il fut placé au camp de travail de Saint-Benoît près de Rambouillet. Puis transféré dans les Hautes-Alpes. Sympathisante communiste, Julienne Volat, adhéra au Parti communiste au moment de son arrestation.

A la création du Front National de la Résistance, elle en devint membre organisa les réseaux sur Achères, enrôlant une quarantaine de militants organisés groupe de trois pour des raisons de sécurité, alors qu’elle était seule, en charge de trois enfants, et qu’elle n’avait aucune nouvelle de son mari. Au niveau supérieur, elle était en contact avec deux endroits : Sartrouville et Poissy. Elle était chargée de répartir les tracts, tous écrits à la main, à ces groupes répartis dans Achères, mais également pour la gare de triage du chemin de fer, pour les ouvriers de chez Glaenzer et de Ford à Poissy.

Julienne Volat intégra les FTPF à leur création. En octobre 41, son groupe réussit à collecter dans Achères 17 revolvers et mitraillettes, qu’elle transporta en lieu sûr, en plusieurs fois à bicyclettes ou à l’aide d’une brouette, traversant le pont de Maisons-Laffitte, au nez et à la barbe des occupants. En août 1944, Julienne Volat, devenue sous-lieutenant des FTPF, reçut l’ordre d’occuper la mairie d’Achères avec son groupe, opération qui fut réussie le 19 août. Faisant fonction de maire par Intérim, elle organisa le ravitaillement de la population jusqu’à la Libération.

Julienne Volat fut élue conseillère municipale d’Achères en 1945, une semaine après que, le 22 avril 1945, son mari soit libéré de déportation au camp de Buchenvald. Elle fut ensuite élue maire de la ville en 1951, à l’âge de 37 ans. La ville se développa avec l’arrivée des cités. Il fallut construire de nouvelles écoles, accueillir les enfants le jeudi, donner à la population un accès à la culture, au sport et aux loisirs... De là virent le jour les groupes scolaires Irène et Frédéric Joliot-Curie, puis Henri Wallon, le foyer laïque municipal, etc. Elle choisit de quitter son mandat en 1968.

Le nom de Julienne et René Volat fut donné à une école maternelle d’Achères en 2007. Julienne Volat mourut à Ganges (Hérault) le 5 décembre 2008 à l’âge de 94 ans.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article205020, notice VOLAT, Julienne, [née RABIER, Julienne, Berthe] par Gilles Pichavant, version mise en ligne le 8 juillet 2018, dernière modification le 24 juillet 2018.

Par Gilles Pichavant

SOURCES : Achères, c’est mon nom, de Alain Bellet. — Discours d’inauguration du groupe scolaire Julienne et René Volat d’Achères en 2007. — Notes d’Éric Volat, neveu. — État civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément