SIMONET Roger, Marceau, Constant

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, Jean-Louis Ponnavoy

Né le 22 novembre 1909 à Lachalade (Meuse), massacré le 29 août 1944 à Robert-Espagne (Meuse) ; agent SNCF ; FFC, Résistance-Fer.

Roger Simonet
Roger Simonet
SOURCE : Mémorial GenWeb

Roger Simonet était le fils de Camille et Marie Valérie Bene. Il était marié et père de trois enfants.

Il entra dans les chemins de fer en août 1924 et était en 1944, sous-chef de brigade d’ouvriers au dépôt de Troyes (Aube). Depuis le 19 août, il se trouvait en congé maladie dans sa famille à Robert-Espagne (Meuse).

Le 29 août 1944, alors que ses habitants attendaient la libération qu’ils sentaient toute proche, le village de Robert-Espagne connut des heures tragiques.
À 8 heures 30, au lieu-dit Belle Épine situé dans la Forêt de Trois-Fontaines, à trois kilomètres de Robert-Espagne, un groupe de résistants a accroché un convoi motorisé allemand. Au cours de cet accrochage un officier allemand aurait été blessé.
Vers 10 heures 30, des soldats allemands investirent le bourg de Robert-Espagne et en bloquèrent toutes les issues.
Vers midi, ils lancèrent des grenades dans le bureau de poste et commencèrent a raflé tous les hommes. Ceux qui cherchaient à s’enfuir furent abattus. Les maisons, après avoir été fouillées, furent incendiées au moyen de plaques de phosphore.
Quarante-neuf hommes furent regroupés sur le talus de la voie ferrée à côté de la gare, où on leur fit creuser une tranchée. Parmi eux se trouvaient une dizaine de cheminots dont Roger Simonet.
Vers 15 heures, ils ont été abattus à la mitrailleuse et achevés au pistolet.

On a longtemps cru que ce massacre avait été perpétré par des SS. L’historien Jean-Pierre Harbulot a établi qu’il s’agissait de soldats du 29e Régiment de Panzergrenadier, une « unité conventionnelle de l’armée régulière », autrement dit des « soldats ordinaires » de la Wehrmacht. Ce régiment faisait partie de la 3e Division de Panzergrenadier qui, après avoir combattu sur le front de l’Est en Russie, puis en Italie dans la région de Florence, a été ramené en Allemagne, rééquipé et renforcé, puis envoyé en France pour protéger la retraite de la Wehrmacht et ralentir l’avancée de la IIIe Armée américaine du général Patton.
Du 29 au 31 août 1944, des unités appartenant à ce régiment se sont livrées à des exactions dans les villages meusiens de la vallée de la Saulx, Robert-Espagne, Couvonges, Beurey-sur-Saulx et Mognéville, ainsi qu’à Sermaize-les-Bains dans la le département de la Marne : exécutions sommaires, massacres de civils, maisons incendiées.

Roger Simonet a été reconnu « Mort pour la France » et a été homologué FFC au itre de Résistance-Fer.

Dans la Meuse, à Robert Espagne, il figure sous l’orthographe « Simonnet » sur la liste du monument aux martyrs du 29 août 1944 et sur une plaque commémorative apposée dans l’église. Il est inhumé à côté de son beau-frère Hubert Boudaille au pied du monument. Son nom est bien orthographié Simonet sur la plaque SNCF déposée sur le monument.

Dans la Marne, son nom est inscrit à Châlons-en-Champagne sur une plaque apposée dans l’église Sainte Pudentienne avec la mention « otage fusillé » et sur la liste des « Victimes militaires 1939-1945 » du monument aux morts.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article205062, notice SIMONET Roger, Marceau, Constant par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 16 juillet 2018, dernière modification le 9 février 2021.

Par Jean-Pierre Husson, Jocelyne Husson, Jean-Louis Ponnavoy

Roger Simonet
Roger Simonet
SOURCE : Mémorial GenWeb
La sépulture de Roger Simonet</br> à Robert-Espagne
La sépulture de Roger Simonet
à Robert-Espagne
Sur le monument de Robert-Espagne
Sur le monument de Robert-Espagne
Sur le monument aux morts </br>de Châlons-en-Champagne
Sur le monument aux morts
de Châlons-en-Champagne
SOURCE :
Photos Jean-Pierre et Jocelyne Husson

SOURCES : AVCC AC 21 P 155 558. — SHD, Vincennes, GR 16 P 549895. et 55 E 432 " Enquête sur le massacre de la vallée de la Saulx (12 avril 1945). – Libération sanglante de quatre villages meusiens, 29 août 1944-29 août 1969, Imprimerie du Barrois, Bar-le-Duc, 1969. – Jean-Pierre Harbulot, " Les massacres du 29 août 1944 dans la vallée de la Saulx et leurs suites judiciaires ", in Philippe Martin et Noëlle Cazin (dir.), Meuse en guerres, Bar-le-Duc, Société des lettres, sciences et arts, 2010. – Hervé Barthélémy et Thomas Fontaine dans Cheminots victimes de la répression 1940-1945 Mémorial sous la direction de Thomas Fontaine, éd. Perrin/SNCF Paris, 2017. – Mémorial Genweb (photo). – État civil, Lachalade (acte de naissance en attente) ; Robert-Espagne (acte de décès en attente).

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