CONCARET Félix

Né le 25 octobre 1899 à Nicole (Lot-et-Garonne), mort en déportation le 1er avril 1945 à Melk ; instituteur ; syndicaliste des Landes ; résistant.

Félix Concaret
Félix Concaret
[Arch. familiales]

Son père, Bernard Concaret était cantonnier des chemins de fer. Après de bonnes études primaires, puis primaires supérieures, Félix Concaret fut reçu au concours d’entrée à l’École normale primaire de Dax (Landes). Il y rencontra sa future épouse, Germaine Saint-Jean. Titulaire du brevet supérieur en mars 1918, il fut appelé au service militaire en avril. Après l’armistice, il participa à l’occupation des Pays Rhénans et fut démobilisé en 1921 comme officier de réserve.

Félix Concaret occupa son premier poste d’instituteur en octobre 1921 à Gachen (Landes), puis l’année suivante à Hagetmau et fut syndicaliste SNI. En avril 1923, il épousa Germaine et ils obtinrent un poste double à Gaujacq, petit village de six cents habitants. Ils y restèrent jusqu’en octobre 1937 et marquèrent vraiment la population, essentiellement composée de métayers. Félix fut secrétaire de mairie et rendit des services dans beaucoup de domaines : démarches administratives, formation aux nouvelles technologies agricoles, préparation militaire pour permettre aux jeunes de faire leur service militaire au plus près de leur domicile, afin qu’ils puissent aider leur famille aux moments de grosse activité, par exemple pour les récoltes.

Convaincu de la valeur du sport dans l’éducation, il mit sur pied une équipe de basket-ball. Son initiative fut un succès : le club « les Cadets de Chalosse », créé en 1928, s’illustra dans les compétitions. Félix Concaret devint arbitre national et président de la fédération des Landes. Il accéda aussi au grade de capitaine de Réserve après des périodes militaires. Son épouse participa aussi beaucoup à la vie sociale du village. Ils eurent deux filles, nées en 1925 et 1929. Leur éducation amena Félix et Germaine Concaret à vouloir se rapprocher d’une grande ville et ils obtinrent Tarnos (Landes) près de Bayonne. Félix dirigea l’École de garçons et Germaine fut son adjointe. Ils continuèrent leurs activités sociales diverses dans un milieu très différent, puisque la population tarnosienne était composée en grande partie de travailleurs des Forges de l’Adour au Boucau, cité mitoyenne de Tarnos.

Sur le plan politique, il aimait dire : « Je suis premièrement instituteur, deuxièmement instituteur, troisièmement instituteur ». Il avait des amis au Parti communiste comme au Parti socialiste.

Si on en croit M. Lonné, instituteur qui le remplaça à Gaujacq, Concaret méritait le reconnaissance du Syndicat national des instituteurs.

Félix Concaret fut mobilisé en 1939 au 18° Régiment d’Infanterie et démobilisée en août 1940.

L’école fut occupée par les troupes allemandes d’occupation. Les classes eurent lieu un peu partout, par exemple à l’auberge et chez des paysans.

C’est dans le cadre de la formation des apprentis des Forges que Félix Concaret entra en contact avec la Résistance. Son certificat d’appartenance aux Forces françaises de l’intérieur, établi le 15 décembre 1950, précise : « s’occupe activement dès 1942 au passage des Français Libres et des Parachutistes Alliés en Espagne vers la France libre. Fait partie du groupement de Résistance sous les ordres de Bouillard, entrepose à son domicile des armes et des munitions parachutées à Ychoux en 1943 et qui serviront à armer les maquisards landais. » Il facilita également des évasions de prisonniers militaires noirs du camp de Labenne.

Félix Concaret fut arrêté le 14 juin 1944 en gare de Bayonne par la Gestapo aidée de deux miliciens français. D’abord gardé à la Kommandantur de Bayonne pendant 12 jours, il fut transféré au Fort du Hâ à Bordeaux où il resta jusqu’au 8 août 1944, date à laquelle il fut transféré par le Train Fantôme à Dachau où il ne parvint que le 28 août 1944. Ce train, ne pouvant parvenir en Allemagne par Paris, à cause des combats de Normandie passa donc par Toulouse, Nîmes et Lyon après de multiples arrêts dus aux bombardements alliés détruisant des voies et des ponts, comme celui de Roquemaure-sur-le-Rhône où les 700 déportés durent faire à pied 17 km pour rejoindre un autre train à Sorgues. Cet incident eut lieu le 18 août 1944, deux jours après le débarquement des alliés en Provence.

Le 10 septembre 1944, il fut transféré à Mauthausen, puis le 21 septembre, dans le Kommando de travail de Melk, situé sur le Danube à 30 km à l’ouest de Vienne. Il y mourut d’épuisement et des mauvais traitements, le 1er avril 1945. Il fut passé au four crématoire quinze jours avant l’évacuation du camp et un mois avant la Libération de Melk par les troupes soviétiques.

À titre posthume, il obtint la médaille de la Résistance et la Légion d’honneur. Le stade de Gaujacq et une école de Tarnos portent son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20508, notice CONCARET Félix, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 20 novembre 2015.
Félix Concaret
Félix Concaret
[Arch. familiales]

SOURCES : Arch. familiales. — Attestations des faits de résistance. — Notice rédigée par Pierrette, sa fille, et Pierre Leurion, militants syndicalistes de Bayonne, le 15 septembre 2006.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément