POMMAREL André

Par Dominique Tantin

Né le 10 octobre 1903 à Villac (Dordogne), survivant d’une exécution sommaire le 30 mars 1944 à Villac, survivant ; cultivateur ; homologué résistant.

André Pommarel était le fils d’un couple de cultivateurs, Eugène Pommarel, alors âgé de 31 ans, et son épouse Marie née Bourroux, âgée de 30 ans. Le 28 octobre 1926, à Vieux-Mareuil (Dordogne), il épousa Victorine Garaud. Ce cultivateur fut l’un des quatre habitants de Villac exécutés par les soldats de la division Brehmer, exécution à laquelle il survécut.
Le 30 mars, un détachement de la division Brehmer, une quarantaine d’hommes transportés dans deux camions, investit la commune de Villac, limitrophe du département de Corrèze. Cet endroit très retiré, difficile d’accès, servait à l’occasion de cantonnement à un groupe de maquisards corréziens. Les jours précédents, les habitants virent des inconnus parcourir les alentours. C’est sans doute sur indications et guidés par des collaborateurs que les Allemands purent intervenir.
Un maquisard corrézien, Jean Leymarie, fut abattu au cours de l’opération. Les habitants furent rassemblés, les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Quatre d’entre eux furent arrêtés puis interrogés ; avaient-ils été dénoncés ? Il s’agissait de trois cultivateurs de Dagnac Haut, Louis Delord, 23 ans, Pierre Jean Vidalie, 50 ans, René Mazaudois, 39 ans, notaire devenu exploitant agricole, et d’un habitant de Dagnac Bas, André Pommarel, 39 ans, également cultivateur, de passage dans le hameau.
Vers 17h, ils furent alignés face au mur dans la cour de la ferme Larue puis exécutés mais sans recevoir de coup de grâce. André Pommarel, bien que gravement blessé, survécut et publia en 1945 avec René Delmas, instituteur, un récit du massacre (cf. sources).
L’historien périgourdin Guy Penaud (cf. sources) put ainsi relater les faits :
« Les quatre […] otages furent alors alignés le long de la maisonnette, le visage vers la muraille, et quatre soldats se placèrent derrière eux, le mousqueton à la main. M. Mazaudois voulut parler, protester, mais il ne reçut que cette réponse brutale :
-  Au mur ! Feu !
Les quatre hommes reçurent chacun une balle dans le dos, côté cœur. M. Vidalie et M. Delord moururent sur le coup. M. Mazaudois se redressa sur ses mains, mais une seconde décharge l’abattit de nouveau et pour toujours. M. Pommarel, lui, avant de tomber, avait vu la balle qui devait lui traverser la poitrine s’aplatir contre le mur. La salve de grâce ne l’atteignit que très légèrement à la hanche. Il fit le mort, et bien lui en pris, car les Allemands quittèrent les lieux en négligeant de donner le coup de pistolet traditionnel à ces quatre corps étendus, dont trois seulement étaient des cadavres.
Ayant perdu son sang en abondance, André Pommarel s’évanouit, mais bientôt il se réveilla, et avec un courage surhumain, il tenta de se relever. Effort vain, car ses forces le trahirent. Il retomba sur le sol et perdit de nouveau connaissance. Revenu à lui pour la seconde fois, il se traîna dans le petit pré voisin et là, dans un effort désespéré, il se remit debout en s’appuyant sur un monticule. Alors, malgré deux nouvelles chutes, il réussit à parcourir les deux cents mètres qui le séparaient de sa demeure. On le mit au lit. Plusieurs syncopes laissèrent croire à sa famille que c’en était fini pour lui. Soigné clandestinement par le Docteur Nam [un médecin d’origine annamite] de Perpezac-le-Blanc (Corrèze), il revint lentement à la vie. »

Le hameau et le château furent pillés et incendiés.
Les fusillés - y compris André Pommarel - furent homologués résistants. Leurs noms sont inscrits sur le monument aux Morts communal. Une stèle commémorative fut érigée à l’entrée du village de Dagnac et tous les ans le dimanche de la journée de la déportation (fin avril), une cérémonie a lieu (messe, recueillement au monument aux morts, sur la tombe des fusillés, à la stèle de Dagnac). Elle est fleurie toute l’année.
André Pommarel décéda le 5 janvier 1986 à Terrasson (Dordogne).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article205383, notice POMMAREL André par Dominique Tantin, version mise en ligne le 29 juillet 2018, dernière modification le 31 juillet 2018.

Par Dominique Tantin

SOURCES : Service historique de la Défense, Vincennes GR 16 P 484751 et Caen, AVCC AC 21 P 663025 (à consulter). — Guy Penaud, Les crimes de la division Brehmer, La traque des résistants et des juifs en Dordogne, Corrèze, Haute-Vienne (mars-avril 1944), Périgueux, Éditions La Lauze, 2004, p. 228-230, 404. — Paul Mons, La folie meurtrière de la division Brehmer, mars-avril 1944, Dordogne-Corrèze, Haute-Vienne, Brive-la-Gaillarde, Éditions Les Monédières, 2016, p. 136-137. — J’ai été fusillé le 30 mars 1944 : à Dagnac, commune de Villac, canton de Terrasson, Dordogne, Récit d’André Pommarel, rapporté par René Delmas, Terrasson : R. Delmas, 1945, et sur ego.1939-1945.crhq.cnrs. — Acte de naissance communiqué par la Mairie de Villac.

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