MENNECART Émile, Hubert (pseudonyme dans la Résistance « Wandhuyt »)

Par Claude Delasselle, Odette Hémery-Hardy

Né le 5 août 1906 à Thivencelle (Nord), tué le 24 août 1944 à Fontette (Yonne) ; maçon puis mineur ; militant communiste ; ancien brigadiste ; résistant membre de Libération-Nord.

Émile Mennecart au maquis
Émile Mennecart au maquis

Émile Mennecart appartenait à une famille de communistes. Son père, Émile Jean-Baptiste Mennecart, mineur à Pommereuil en Belgique, puis charretier dans une entreprise du bâtiment à Condé-sur-l’Escaut, était d’idées communistes sans être militant. Émile Mennecart travailla d’abord comme maçon dans une entreprise du bâtiment de Condé-sur-l’Escaut puis devint mineur à la fosse Saint-Pierre de la Société Houillère de Thivencelle. Il adhéra à la CGT en 1927 puis au PCF en 1928, avec ses deux frères, Eugène, plus âgé et André, plus jeune. Émile Mennecart devint secrétaire de la cellule de Vieux-Condé (Nord) puis dirigeant du rayon de la même ville. Il militait également au SRI (Secours Rouge International). Marié, Émile Mennecart avait un garçon, André, né à Condé-sur-l’Escaut le 19 avril 1933.

Il s’engagea dans les Brigades internationales et arriva en Espagne le 1er février 1938. Affecté à la 2e compagnie du bataillon Henri Barbusse de la 14e Brigade internationale, il fut blessé au bras gauche le 26 mars 1938 à Caspe (front d’Aragon) et fut affecté à l’arrière.

Revenu en France au cours de l’année 1938, il reprit son travail comme mineur aux mines de Thivencelle et son activité militante au sein du Parti communiste. Il se maria le 16 septembre 1939 avec Simone Delbecq, dont il avait eu une fille, Éliane, née le 31 juillet 1939, mais qui mourut le 2 décembre de la même année.

Mobilisé le 2 septembre 1939 au 401e Régiment de pionniers, il fut démobilisé à Rodez le 28 février 1941.

Revenu dans le Nord, il reprit son travail de mineur aux Houillères de Thivencelle et son activité militante au sein du PCF. Nommé chef de groupe FTP du Valenciennois, il recruta une dizaine d’hommes de Thivencelle et Condé-sur-l’Escaut pour la diffusion de tracts et de journaux et forma un des premiers groupes de sabotage de la région. Repéré comme communiste actif par les services de la police spéciale, il était l’objet d’une surveillance attentive. En juillet 1941, alors qu’il était soupçonné d’avoir participé au déraillement d’un train dans le secteur Somain-Douai, des perquisitions vaines eurent lieu à son domicile et à celui de Louis Mortier. Il fut arrêté le 26 août 1941 par la gendarmerie française de Condé-sur-l’Escaut, avec plusieurs autres communistes, dont Oscar Carpentier, Victor Bancel*, Arthur Brunet*, Edmond Devos*, François Lecocq, Lucien Sevrez, mais il fut relâché, faute de preuves. Le 6 septembre 1941, il fut de nouveau arrêté et transféré au camp d’internement de Doullens (Somme), puis dans un camp près de Pithiviers (Loiret), d’où il réussit à s’évader en juillet 1943. Il entra alors dans la clandestinité, quitta la région du Nord et vint s’installer dans l’Yonne, où il travailla à partir de l’été 1943 dans un chantier forestier à Vireaux (Yonne), dans le Tonnerrois.
Au début de 1944, Georges Navotte, un jeune résistant sédentaire de Vireaux, lui proposa de diriger le maquis Aillot, dépendant de Libération-Nord. Émile Mennecart, sous le pseudonyme de « Wandhuyt », en prit le commandement en mars 1944, dans les bois de l’Hospice, avec pour adjoints Fernand Botte et Albert Moncomble, et mena plusieurs opérations de sabotage avec ce maquis. En juillet 1944, il aida « Verneuil » (Jean Chapelle), le chef militaire de Libération-Nord dans l’Yonne, à reconnaître le camp des Îles Ménéfrier, dans la région de Quarré-les-Tombes et à installer le maquis « Verneuil » à cet endroit. À la tête de la première compagnie du maquis « Verneuil », il participa, du 21 au 24 août 1944, aux combats de la défense d’Avallon, notamment au tunnel de Saint-Moré.
Le 24 août 1944, la première compagnie reçut l’ordre de partir sur la route de Pontaubert pour combattre une colonne allemande venant de Vézelay. Émile Mennecart et Félix Duval, son conducteur, partirent en moto pour une reconnaissance. Surpris par l’ennemi à Fontette, Duval réussit à faire demi-tour mais Mennecart fut tué d’une rafale de mitraillette dans le dos. Très estimé de ses hommes pour son expérience militaire et son sang-froid, sa mort les frappa de stupeur. Inhumé d’abord à Avallon, au carré militaire du cimetière, son corps fut ramené dans le Nord, à la demande de son père, quelques années plus tard, et inhumé au cimetière de Condé-sur-l’Escaut.
Son nom (sous la forme de son pseudonyme, écrit ici Vandhuit) figure sur un monument érigé à Avallon, route de Pontaubert, à la mémoire des membres du maquis « Verneuil » tués le 24 août 1944 dans la région de Pontaubert. Il figure, sous le nom de Maneckar, sur une stèle érigée sur la commune de Vézelay à la mémoire des résistants tués ce jour-là dans la région de Vézelay. Son nom figure aussi sur le monument érigé à Quarré-les-Tombes à la mémoire des morts du maquis « Verneuil » et du premier régiment du Morvan, ainsi que sur le monument des déportés et fusillés de l’Yonne à Auxerre.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article205547, notice MENNECART Émile, Hubert (pseudonyme dans la Résistance « Wandhuyt ») par Claude Delasselle, Odette Hémery-Hardy, version mise en ligne le 5 août 2018, dernière modification le 5 août 2018.

Par Claude Delasselle, Odette Hémery-Hardy

Émile Mennecart au maquis
Émile Mennecart au maquis

SOURCES : AVCC Caen 21P 98808. — SHD GR 16P 410825. — Arch. dép. Nord, 1 W 143 et 1 W 1326. — Arch. Musée de la Résistance à Denain. — État civil de Thivencelle. — Témoignages de son fils André Mennecart et de Joseph Cichy. Renseignements et documents communiqués par Bernard Hutin. Témoignage de Georges Navotte. — Frédéric Gand, notice biographique d’Émile Mennecart, in CDrom La Résistance dans l’Yonne, AERI-ARORY, 2004. — Robert Bailly, Si la Résistance m’était contée, Éd. ANACR-Yonne, 1990. — Notice du Maitron (Odette Hémery-Hardy). — Site internet Brigades internationales, volontaires français et immigrés en Espagne. — Mémorial GenWeb.

ICONOGRAPHIE : Fonds E. Thiémé. — Documents de la famille de l’intéressé.

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