GAILLOT Marcel [Pseudonyme dans la Résistance : l’Ablette]

Par Eric Panthou

Né le 13 août 1914 à Montluçon (Allier), décédé à Moulins (Allier) le 3 juillet 1974 ; ouvrier Michelin puis employé de commerce à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) ; membre de la Confédération générale du Travail (CGT), Résistant, membre du parti communiste (PCF) dans la clandestinité, déporté puis installé dans l’Allier.

Son père était employé aux chemins de fer, sa mère, sans profession.
Il s’est marié le 20 juin 1942 avec Andrée Cheys (ou Chezs) à Clermont-Ferrand et a eu un enfant peu après. Son premier mariage ayant été dissous le 26 novembre 1953, il épouse Marcelle Guichard 30 juin 1956 à Lyon (Rhône).
Il est arrivé à Clermont-Ferrand à l’âge de 16 ans et a travaillé aux usines Michelin jusqu’à 19 ans. Il a ensuite été embauché comme manutentionnaire aux magasins Uniprix où il est resté jusqu’à sa mobilisation en septembre 1939. A sa démobilisation en juillet 1940, il retourne chez Uniprix et quitte son travail le 31 mai 1943 après avoir reçu sa feuille de requis pour le STO.

Réfractaire à la relève, il rejoint sans doute au printemps 1943 le maquis d’Arlanc, dans le Puy-de-Dôme, au sein d’un groupe appartenant au mouvement “Franc-Tireur”.
Suite à l’attaque de la gendarmerie d’Arlanc par le groupe de résistants, le 9 juin 1943, pour libérer des réfractaires arrêtés, il fait partie des 51 personnes arrêtées par les G.M.R. le 11 juin 1943 dans la région. Un gendarme avait été tué ainsi que le chef du groupe, le communiste Pierre Cerveau, lors de l’attaque. Il est avec ses compagnons incarcéré dans un premier temps à la maison d’arrêt d’Ambert puis transféré à celle de Thiers suite à un arrêté du 30 juin 1943 pris par préfet régional. La police pense que son pseudonyme était l’Ablette. Il figure sur la liste des membres du parti communiste établie par Pierre Cerveau. Il n’avait manifesté aucune activité auparavant, ayant néanmoins appartenu à la CGT avant guerre. Il est considéré comme un très bon ouvrier par ses employeurs.

Il est interné le 7 septembre 1943 au camp de Saint-Paul-d’Eyjeaux (Haute-Vienne) suite à l’arrêté du Préfet Régional de Clermont-Ferrand en date du 12 août 1943. Puis il est transféré le 23 octobre 1943 au Camp de Séjour Surveillé de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Un rapport de police de décembre 1943 estime qu’il n’a joué aucun rôle parmi les défaillants, il n’était pas armé et n’a pris aucune part dans la perpétration de l’attaque de la gendarmerie. Les meilleurs renseignements étant recueillis sur son compte, le rapport conclut en faveur de sa libération si sa conduite au camp n’a pas prêté le flanc à la critique. Il resta néanmoins interné, malgré un nouveau rapport du commissaire, le 12 mai 1944, confirmant l’avis favorable le concernant.
Les détenus du camp de Saint-Sulpice-la-Pointe sont évacués le 30 juillet 1944 et remis par la direction aux nazis. Ils sont déportés le jour même de Toulouse à Buchenwald.
Il reçoit le matricule N° 69939 et après la quarantaine il reste au camp central. Il y est libéré le 11 avril 1945.
Il retourne vivre à Clermont-Ferrand au moins jusqu’en 1951. En 1977, il vit à Trézelles (Allier).
Il adhéra après-guerre à l’Association des Déportés et Internés, Résistants et Patriotes de l’Allier.
Il est homologué en tant que Résistant au titre des F.F.I. (Forces Françaises de l’Intérieur) et des D.I.R. (Déportés et Internés de la Résistance). La carte de Déporté Résistant lui est attribuée le 31 mai 1951. Lui est également attribuée la carte de Combattant Volontaire de la Résistance le 4 janvier 1952.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article205576, notice GAILLOT Marcel [Pseudonyme dans la Résistance : l'Ablette] par Eric Panthou, version mise en ligne le 6 août 2018, dernière modification le 14 août 2018.

Par Eric Panthou

Sources : Arch. dép. du Puy-de-Dôme : dossier 1296W422 : affaire de l’attaque de la gendarmerie d’Arlanc, 9 juin 1943.— Arch. dép. du Puy-de-Dôme : dossier 1296W422 : rapport de l’inspecteur Louis Combe au Commissaire chef du Service régional de Police de Sûreté, le 25 juillet 1943.— Service Historique de la Défense (Dossier GR 16 P 239192).—Notice biographique réalisée par les Amis de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation de l’Allier : http://www.afmd-allier.com/PBCPPlayer.asp?ID=1436863.— Etat-civil.

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