CORBET Henri, Léon

Par Jacques Girault

Né le 25 octobre 1898 à Allonzier-la-Caille (Haute-Savoie), déporté, mort le 2 juillet 1944 en partance pour Dachau ; instituteur en Haute-Savoie ; résistant.

Fils d’un couple d’instituteurs (Alfred Corbet et Marie-Louise Yvrad), Henri Corbet obtint le brevet supérieur et fut élève maître à l’École normale d’instituteurs, promotion 1915-1918.

Mobilisé en avril 1917 au 140e régiment d’infanterie, il passa dans les services auxiliaires en mai 1918, puis revint dans l’infanterie et enfin au 2e régiment d’artillerie coloniale, avant d’être démobilisé le 22 mai 1920. De retour à la vie civile, il se spécialisa dans l’enseignement agricole et animait des œuvres postscolaires, tout en exerçant les fonctions de secrétaire de mairie. Instituteur à Saint-Jean-d’Aulph (Haute-Savoie), il se maria en septembre 1924 à Anthy (Haute-Savoie) avec une institutrice (Sahra Frézier), fille d’un propriétaire. Ils eurent deux fils. Le couple enseigna ensuite à Draillant (1924-1934) puis à Margencel.

À partir de 1942, Henri Corbet organisa le passage de personnalités de la Résistance en Suisse. À dater de septembre 1943, il fit partie des Mouvements unis de la Résistance, membre du réseau Alphonse (Buckmaster) et de la compagnie FPT 93-OZ. Il devint chef de centaine. Diverses attestations jointes à son dossier de demande de Légion d’honneur à titre posthume en 1948, évoquaient ses actions : parachutages (Bellevaux, Draillant, Sciez), passage en Suisse de Juifs et de résistants, hébergements de résistants, établissement de faux papiers, fournitures de cartes d’alimentation aux maquis FTPF, soustraction d’un "nombre considérable d’étudiants au STO".

Il fut arrêté le 10 février 1944 par la Milice (Pierre Fillon), torturé à la grange
Allard et transféré à l’intendance militaire d’Annecy. Traduit devant le tribunal
militaire de Chambéry, il fut interné à la prison Saint-Paul de Lyon, puis envoyé à
la centrale de Blois le 23 mai 1944, puis à Compiègne. Déporté le 2 juillet 1944, il mourut étouffé dans le sinistre « train de la mort » sur les genoux de Louis Donche
d’Allinges, pendant le trajet qui les conduisait à Dachau.

Un décret du 24 avril 1946 lui attribua à titre posthume la médaille de la
Résistance. Il fut reconnu mort pour la France et promu sous-lieutenant à titre posthume.

En 1948, le ministère de l’Éducation nationale le proposa pour une citation à l’ordre de la Nation (3 juin 1949) et pour le grade de chevalier de la Légion d’honneur (3 août 1949). Il fut homologué membre des forces françaises combattantes (FFC), déportés et internés de la résistance (DIR).

L’école primaire de Margencel porte son nom.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20593, notice CORBET Henri, Léon par Jacques Girault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 8 octobre 2021.

Par Jacques Girault

SOURCE : Arch. Nat. F 17/16084, F 60/1554. — SHD, Vincennes GR 16 P 141964. — Arch. Dép. Haute-Savoie, état civil et registre matricule. — Biographie d’Henri Corbel (site ac-grenoble.fr). — Notes d’Alain Dalançon.

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