BERTAUX Louis, Jacques, Charles, Jean

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 26 septembre 1922 à Valognes (Manche), mort au combat le 8 mars 1944 à Alièze (Jura) ; réfractaire au STO ; résistant de l’armée secrète (AS) et des Forces françaises de l’Intérieur (FFI).

Monument d’Alièze.

Louis Bertaux était le fils de Charles Louis Auguste, cultivateur et de Marie Alice Rosalie Grout, sans profession. Il était domicilié en 1940 à Hubberville (Manche).
Réfractaire au STO, il décida avec son camarade Pascal Lemeland de partir au maquis. Le 8 juin 1943, il arrivèrent en gare de Morez (Jura) où il étaient attendus par un industriel qui devait les héberger. Ils passèrent l’été aux Rousses et devenus paysans, ils participèrent avec plaisir aux travaux des champs. Ils logèrent ensuite dans une ancienne colonie de vacances puis se rendirent à Chilly-le-Vignoble (Jura) où des maquis importants étaient installés et furent chargés avec leur groupe de pourvoir au ravitaillement.
En février 1944, ils obtinrent de passer quelques jours de permission en famille à Huberville. Ils racontèrent leur vie au maquis et après quelques jours il fallut rentrer. Un autre jeune normand Roger Glinel, âgé de dix-huit ans fut séduit par ce combat et partit avec eux.
A peine arrivés sur place, les trois jeunes normands entrèrent en action avec leur groupe de l’armée secrète au maquis AS Margaine, à Prémanon, dérobant notamment un camion-citerne contenant 3000 litres d’essence. Ils rejoignirent ensuite sur le plateau le groupe du maquis Jacques composé d’une dizaine d’hommes chargés du ravitaillement des maquis installés dans une ferme inoccupée aux Rippes d’Alièze, dans le canton d’Orgelet (Jura) dont la propriétaire, Madame Vuillet sera déportée avec son fils. Le 7 mars au matin avec leur chef "Jacques", quatre membres du groupe descendirent à Lons-le-Saunier. Repérés et peut-être dénoncés, il furent assaillis par la milice et faits prisonniers. Seul leur chef réussit à s’enfuir sans pouvoir rejoindre la ferme. Les quatre autres furent interrogés et torturés. Entre temps Pascal Lemeland qui avait pris le commandement à Alièze attendait le retour de ses compagnons mais à la nuit tombée ce sont les véhicules des miliciens qui arrivèrent. Il y eut des échanges de coups de feu. Les cinq maquisards présents dont les trois jeunes normands se défendirent avec courage et les miliciens durent faire appel aux allemands qui attaquèrent avec des grenades incendiaires. La ferme prit feu et la citerne d’essence explosa. Les soldats allemands avaient amené avec eux les quatre camarades prisonniers torturés qui assistèrent, impuissants, au drame. Ayant épuisé leur munitions les jeunes maquisards durent se rendre et sortirent mains en l’air de leur refuge en flammes. Ils furent sauvagement exécutés un par un et les prisonniers subirent le même sort. Leurs corps furent ensuite jetés dans le brasier.
Il obtint la mention « Mort pour la France » portée sur l’acte de naissanceÉ. Il fut homologué comme soldat des Forces françaises de l’Intérieur (FFI) et obtint le titre de "Déporté et interné résistant" (DIR).
Son nom figure sur le monument commémoratif érigé sur le lieu du drame, à Alièze (Jura), sur la plaque commémorative 1939-1945 de la Résistance et sur la plaque commémorative 1939-1945, au cimetière communal, à Valognes (Manche).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article206201, notice BERTAUX Louis, Jacques, Charles, Jean par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 3 septembre 2018, dernière modification le 8 janvier 2022.

Par Jean-Louis Ponnavoy

Monument d’Alièze.

SOURCES : Le Progrès du Jura du 23 mars 2015 Hommage aux morts de la nuit du 8 mars 1944.— Musée de la Résistance 1940-1945 en ligne en ligne et "Les Amis du Musée de la Résistance Nantua" Camp d’Alièze Les Rippes.— Mémorial Genweb.— État civil (acte de naissance).

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