ROYER Paul [Paul Rolland, Polly ou Kaufmann dans la Résistance]

Par Jean-Louis Ponnavoy

Né le 10 novembre 1923 à Schirrhein (Bas-Rhin), mort au combat le 2 septembre 1944 à Sainte-Marie-sur-Ouche (Pont-de-Pany) ; militaire puis cheminot ; résistant des Francs-tireurs et partisans français (FTPF) et des Forces françaises de l’Intérieur (FFI).

Paul Royer était le fils de Louis, journalier et de Rosine Schott. Il effectua son service militaire au 159e RIA à Grenoble en 1941 après s’être engagé, pour fuir l’Alsace où l’occupant voulait l’incorporer de force dans la Wehrmacht. Il n’a pas hésité à décrocher le drapeau nazi de la Mairie de Schirrein avant de quitter sa ville natale.
C’est à l’occasion d’une manœuvre de grande ampleur (participants le 159 RIA de Grenoble, le 13ème BCA de Chambéry, le 27ème BCA d’Annecy, le 7ème BCA de Bourg Saint Maurice, le 93ème RAM de Grenoble entre autres) dans les Bauges qu’il a fait connaissance de Gaston Pachoud et Françoise Chapperon, cultivateurs à Thormeroz qui possédaient quelques vaches, en allant chez eux pour leur demander de lui donner du lait. C’est également à cette occasion qu’il a fait la connaissance aux Déserts, de Adélaïde Vauthey, veuve, secrétaire de Mairie aux Déserts, tante de Prosper Pachoud, qui devint sa marraine de guerre. Les manœuvres étant terminées, les soldats ont regagné leurs casernes respectives à Grenoble, Chambéry, Bourg-Saint-Maurice et Annecy.
Lorsque les Allemands envahirent la zone libre, en novembre 1942, l’armée d’armistice fut dissoute et Paul Royer fut démobilisé le 27 novembre 1942. Il entra alors à la SNCF comme auxiliaire manœuvre au dépôt SNCF de Chambéry.
La forte présence de l’armée allemande dans les gares, et notamment à Chambéry, grosse plaque tournante du Chemin de Fer vers l’Italie, l’a conduit à fuir Chambéry et à se rendre chez sa marraine de guerre aux Déserts. Cependant, du fait de sa petite pension de retraite, et surtout de la proximité de son domicile du pont sur la Leysse aux Déserts, à côté d’une route de grand passage très fréquentée par les Allemands, il était difficile à sa marraine de guerre de continuer à l’héberger sans risques et Paul a décidé de venir à Thormeroz, hameau retiré au dessus de Thoiry, peu ou pas fréquenté par l’armée allemande.
C’est ainsi qu’il se présenta chez Gaston Pachoud et Françoise Chapperon, le 18 avril 1943, dimanche des Rameaux, pour demander à être hébergé en travaillant à la ferme. Il répétait sans cesse que les Allemands ne le prendraient jamais vivant. Tout en étant occupé à la ferme, il a rapidement rejoint le groupe de maquisards du Lieutenant Roullet à Thoiry, comprenant une dizaine d’hommes. C’est le soir, en toute clandestinité, que se tenaient des réunions dirigées par le Lieutenant Roullet. A l’ordre du jour, organisation et fonctionnement du groupe, préparation des premiers parachutages d’armes, préparation des premiers coups de force contre l’ennemi. Les premiers parachutages d’armes eurent lieu en mars 1944 dans le massif de la Margériaz, au-dessus du Col des Prés. Il appartenait à la compagnie des Francs-tireurs et partisans (FTP) 92.02 de Savoie. Il y resta jusqu’au 15 juin 1944 et rejoignit la Côte-d’Or où il s’engagea le 8 juillet 1944 à la compagnie Madagascar du capitaine "Malgache" sous les pseudonymes de "Poly" et "Kaufmann". Il participa à de nombreuses missions avec son chef et fut tué au combat à ses côtés le 2 septembre 1944 sur la RN 5 entre Pont-de-Pany, hameau de Sainte-Marie-sur-Ouche et la Cude. Son corps fut retrouvé le lendemain par un de ses camarades revenant de mission, la poitrine et le genou gauche broyés par une rafale. Il fut ramené en voiture hippomobile à Remilly-en-Montagne où un service funèbre fut organisé.
Selon Mémorial Genweb il serait décédé à Sainte-Marie-sur-Ouche et selon le Musée de la Résistance, à Remilly-en-Montagne. Aucune de ces deux communes ne possèdent son acte de décès. De plus amples renseignements seraient les bienvenus.
Il fut homologué comme soldat des Forces françaises de l’Intérieur (FFI).
Il reçut à titre posthume la Médaille de la Résistance française par décret du 11/03/1947 publié au JO le 27/03/1947.
Son nom figure sur le monument aux morts de Schirrhein (Bas-Rhin).
Il ne figure pas dans le Mémorial 1940-1945 des Cheminots victimes de la répression.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article206329, notice ROYER Paul [Paul Rolland, Polly ou Kaufmann dans la Résistance] par Jean-Louis Ponnavoy, version mise en ligne le 7 septembre 2018, dernière modification le 9 novembre 2021.

Par Jean-Louis Ponnavoy

SOURCES : Service historique de la Défense, AVCC, Caen, AC 21 P 145712 (nc) et SHD, Vincennes, 526672 (nc).— Données extraites du CD(DVD)-ROM : La Résistance en Savoie (2012).— Récit de Léon Bertrand, alias capitaine Malgache.— Musée de la Résistance 1940-1945 en ligne.— Mémoire des Hommes.— Mémorial Genweb.

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