LÈBRE Adrien, Pierre

Par Robert Mencherini

Né le 29 juin 1928 à Rognes (Bouches-du-Rhône), tué au combat le 16 juin 1944 au maquis de Saint-Antonin-sur-Bayon (Bouches-du-Rhône) ; agriculteur ; résistant CFL (Corps francs de la Libération), maquisard.

Adrien Lèbre
Adrien Lèbre
Archives ANACR Aix-en-Provence

Fils de Honoré Paul Lèbre, agriculteur, et de son épouse Marie Hélène Bustot, Adrien Lèbre habitait, avec sa famille, à Rognes, quartier Le Veau. À Pâques 1943, il quitta le domicile familial. Selon le témoignage de son père, Adrien Lèbre rejoignit Salon, puis Sénas et, ensuite, Saint-Brieuc (Côtes-du-Nord, Côtes-d’Armor) ou Dunkerque (Nord), en compagnie du jeune Michel Audibert*, originaire de Lambesc et réfractaire au STO (Service travail obligatoire). L’objectif des deux jeunes gens, âgés de seize et dix-huit ans était sans doute, selon Honoré Lèbre, de se rendre en Angleterre. Mais, au début juin, tous deux furent arrêtés par les Allemands. Dirigés vers l’arsenal de Toulon, ils seraient parvenus à s’échapper à leur arrivée en gare de Marseille. Ils gagnèrent alors le maquis de Sainte-Anne, dans la Chaîne des Côtes (Bouches-du-Rhône). Mais celui-ci fut attaqué par les Allemands, le 12 juin 1944. Adrien Lèbre et Michel Audibert firent partie des rescapés qui rallèrent, après une nuit de marche, le maquis de Saint-Antonin-sur-Bayon, au pied de la montagne Sainte-Victoire. Tous deux périrent lors de l’opération menée par les Allemands contre ce maquis, le 16 juin 1944. « Le petit Lèbre » qui était, selon André Claverie, « presque un enfant » fut tué à son poste alors qu’il montait la garde : « Il fut trouvé mort, braquant son fusil mitrailleur, alors qu’il avait épuisé les cartouches ».
La dépouille d’Adrien Lèbre fut provisoirement inhumée dans une fosse creusée par des résistants aixois, puis transférée au cimetière de Rognes. Adrien Lèbre a obtenu les mentions « Interné Résistant » et « Mort pour la France » et fut décoré de la Croix de guerre avec étoile d’argent, à titre posthume. Il fut reconnu comme ayant appartenu aux FFI (Forces françaises de l’Intérieur) et servi dans les CFL du secteur d’Aix-en-Provence du 10 mars au 16 juin 1944 et obtint une carte de CVR (Combattant volontaire de la Résistance).
Son nom est gravé sur le mémorial érigé à Saint-Antonin-sur-Bayon, où, tous les ans, une cérémonie commémore le massacre du 16 juin 1944, à Lambesc (Bouches-du-Rhône) sur le mémorial du maquis de Sainte-Anne dans la Chaîne des Côtes, et, à Rognes, sur le monument aux morts.
Le père d’Adrien Lèbre et son frère aîné, Louis, lui aussi agriculteur, s’engagèrent également dans la Résistance, à compter de novembre 1943, et participèrent, en tant qu’AS (Armée secrète)-CFL, aux maquis du secteur de Lambesc et Valfère (Bouches-du-Rhône).

Voir le lieu d’exécution Saint-Antonin-sur-Bayon.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article206540, notice LÈBRE Adrien, Pierre par Robert Mencherini, version mise en ligne le 17 septembre 2018, dernière modification le 17 septembre 2018.

Par Robert Mencherini

Adrien Lèbre
Adrien Lèbre
Archives ANACR Aix-en-Provence

SOURCES : AVCC Caen 21P 588392. — Arch. Dep. Bouches-du-Rhône, 76W129, rapport du commandant de la section de gendarmerie d’Aix sur une opération de nettoyage entreprise par les troupes allemandes contre les groupes de résistants de la région de Saint-Antonin, 17 juin 1944. — Arch. Dep. Bouches-du-Rhône, 2159W257, dossier CVR du résistant, de son père et de son frère aîné. — Arch. Mun. Saint-Antonin-sur Bayon, dossier concernant les FFI morts pour la France, décès 1944. — Arch. ANACR Aix-en-Provence. — Entretiens avec André Claverie et Raymond Camus. — Jean-Maurice Claverie, La Résistance, notre combat, Histoire des FTPF du pays d’Aix , Beaurecueil, Ed Au seuil de la vie, 1991. — Robert Mencherini, Résistance et Occupation, 1940-1944, Midi rouge, Ombres et lumières. Histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône, 1930 - 1950 , tome 3, Paris, Syllepse, 2011. — Jean-Claude Pouzet, La Résistance mosaïque , Marseille, Jeanne Laffitte, 1990. — État civil.

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