KATZ Pierre [pseudonymes dans la résistance : Louis, Jean Guy Duprat, Baty, Lefèvre]

Par Henri-Ferréol Billy

Né le 1er août 1920 à Montluçon (Allier), tué au combat le 1er juin 1944 à Lyon (Rhône) ; étudiant ; résistant FTP-MOI.

Étudiant, Pierre Katz rejoignit les rangs de l’Union de la jeunesse juive en 1943. Son rapprochement de la cause des Juifs était uniquement la conséquence des persécutions nazies, et il voyait que la seule voie, c’est la lutte pour la dignité humaine, au sein des organisations de la Résistance.
À Montluçon, il devint ainsi responsable des Forces Unies des Jeunesses Patriotiques (FUJP) avec Marcel Zwilling et intégra le groupe FTP armé de Montluçon-ville créé par Louis Bavay vers juillet 1942. Pierre Katz avait fait partie des contacts de Georges Weiss lors du passage de ce dernier à Montluçon.

Pierre Katz fit partie des animateurs de la manifestation du 6 janvier 1943 à la gare de Montluçon (Allier) pour s’opposer physiquement au départ d’un convoi de jeunes du STO. Cette action avait notamment été préparée par un groupe de jeunes communistes dirigé par Louis Bavay, alias Tilou, dans lequel Pierre Katz fut chargé de rédiger un tract en allemand pour inviter les soldats incorporés de force dans l’armée allemande à rejoindre la Résistance avec leurs armes. Face à la répression qui suivit et aux avis de recherche lancé contre Louis Bavay, Pierre Katz et deux autres Juifs, le jeune Moïse dit Maurice Ejnès, alors non Résistant mais pris dans ce mouvement de foule et qui participa au décrochage de la locomotive, et l’enseignant, adjoint de Jean Moulin Pierre Kaan, il intègrera le maquis créé le 20 mai 1943 dans les bois des Champs sur la commune de Meillard (Allier). Il en devint chef de groupe avec le grade sergent.

Le 20 septembre 1943, le poste central du maquis situé dans les bois de Boënat (Allier) en forêt des Colettes fut attaqué par des gardes mobiles. Le 30 septembre, l’État-major Régional FTP de l’Allier décida de dissoudre le maquis. Ceux qui n’avaient pas été capturés lors de l’attaque furent mutés dans d’autres départements, ainsi Pierre Katz dans le Rhône. Très vite membre du bataillon Carmagnole, il participa à de nombreuses actions armées. La première mission qui lui fut confiée était de pénétrer dans une raffinerie d’essence en vue de préparer un sabotage. Le 3 octobre 1943, il exécuta un assassin de la LVF, au coin de la rue Lamartine, à Villeurbanne (Rhône). Le 6 octobre, il participe à une attaque contre le siège de la Milice, cour Morand. Le 12 octobre, il participe à une attaque contre un tramway bondé d’aviateurs allemands. Pour son comportement courageux lors de cette opération, il fut nommé chef-suppléant du bataillon Carmagnole puis Commissaire aux effectifs (CER) pour toute la région lyonnaise. Il montre un sens politique et militaire élevé.
Puis, il fut envoyé à Grenoble (Isère), où il prit le commandement du détachement Liberté.
De passage à Lyon, il tenait compagnie le 1er juin 1944 à Julien Selonczyk et à deux camarades pour en conduire un autre, blessé, à l’hôpital. Sur la dénonciation d’un surveillant, Pierre Katz a été tué au cours d’un affrontement avec la police, à l’angle des rues Guilloud et Jeanne-Koehler.
Reconnu "Mort pour la France", il fut inhumé à la nécropole nationale La Doua à Villeurbanne (Rhône). Il a été homologué FFI.
Son nom figure sur une stèle commémorative à Meillard (Allier), une plaque commémorative à Lyon (Rhône).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article206739, notice KATZ Pierre [pseudonymes dans la résistance : Louis, Jean Guy Duprat, Baty, Lefèvre] par Henri-Ferréol Billy, version mise en ligne le 23 septembre 2018, dernière modification le 30 novembre 2020.

Par Henri-Ferréol Billy

SOURCES : SHD Vincennes, dossier 13P3-5, 16 P. — SHD Vincennes, GR 16 P 317232. Dossier Pierre Katz (non consulté) .— AVCC Caen, AC 21 P 64809. Dossier Pierre Katz (non consulté) .— Bruno Permezel, Résistants à Lyon, Villeurbanne et alentours, 2824 engagements, 2003. — http://www.regardactu.com/2015/01/a-montlucon-le-fn-tente-de-s-approprier-la-memoire-des-resistants.html .— MemorialGenweb .— Guillaume Bellavoine, "Maurice Ejnès s’était opposé au départ d’un train de travailleurs requis pendant la guerre", La Montagne, édition Creuse, 10 janvier 2018 .— David Diamant, Combattants, héros, martyrs de la Résistance, Paris, éditions Renouveau, 1984, p. 197-198.

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