DUTOUR Jean, Fernand [pseudonyme dans la résistance : François]

Par Eric Panthou

Né le 2 juillet 1901 à Sauxillanges (Puy-de-Dôme), exécuté sommairement par deux agents de la Gestapo française le 27 mai 1944 à Chastel (Haute-Loire) ; marbrier ; résistant au sein du Mouvement Libération-Sud puis Officier du réseau action de la Région R 6 des Forces Françaises Combattantes (FFC).

Stèle en bordure de route entre Pinols et Langeac (Haute-Loire) en hommage à Fernand Dutour et Yves Léger.

Jean Dutour est le fils de François Dutour, cultivateur et de Marie Dutour, née Farce, tailleuse de robes dans la commune de Sauxillanges. Jean Dutour, usuellement appelé Fernand, se maria le 4 août 1921 à Sauxillanges avec Marie Noëlie Vorilhon. Il était marbrier dans une entreprise de monuments funéraires dans sa commune de naissance.
Sous l’Occupation, il rejoignit le Mouvement Libération-Sud.
Il fut homologué membre des Forces Françaises Combattantes à partir du 1er janvier 1943. Il s’occupa d’abord des parachutages de la Section des Atterrissages et des Parachutages (SAP) dans le Puy de Dôme. Il devint ensuite officier du réseau action de la région R6 (Auvergne-Loire) des FFC. Ses chefs étaient A. Biet et Yves Léger. Il était notamment chargé de fournir des renseignements.
Plusieurs versions de sa mort et de celle de son compagnon, Yves Léger, existent dans les sources consultables. Il serait tombé sous les balles d’un auxiliaire français de la Gestapo qui s’était fait passer pour un résistant à Moulergues près du hameau du Chambon.
Gilles Lévy donne la version suivante dans son ouvrage A nous Auvergne. A proximité du Mont-Mouchet, Yves Léger, accompagné de Fernand Dutour et de Philippe Compte, a rendez-vous avec Émile Coulaudon (Gaspard), le chef des Mouvements Unis de la Résistance en Région R 6 (Auvergne-Loire). Sur leur trajet, ils arrêtent un véhicule suspect dans un virage. Deux hommes en sortent disant chercher le contact avec la résistance tout en montrant des papiers d’identité d’agents anglais et des codes. Il s’agit en réalité de deux agents français de la Gestapo : Roger Leneuveu, dit Roger le Légionnaire et de Robert Demay. Yves Léger et Fernand Dutour montent à l’arrière dans leur véhicule tandis que Philippe Comte repart dans l’autre véhicule. Roger Leneuveu, le chauffeur, simule une panne près de Chastel en Haute-Loire et ouvre le capot de la voiture. Fernand Dutour descend l’aider et s’aperçoit alors d’un insigne allemand peint à l’intérieur du véhicule. Leneuveu tire alors sur Léger et Dutour. Avant de s’écrouler, ce dernier réplique et blesse à son tour Leneuveu. Le soir même, les deux gestapistes sont rattrapés par un commando des "Truands" à leur recherche. Ils les retrouvent dans un vieux moulin près du château de la Valette. Remontés au PC du Mont-Mouchet, les deux gestapistes sont fusillés après leur interrogatoire.
Le service de recherche des crimes de guerre, estime après guerre que leur mort est aussi due à la Brigade Jesser, en collaboration avec des Miliciens.
Manuel Rispal confirme qu’il fut bien tué par deux agents, Leneveu et Dumain.

Jean Dutour a été reconnu “Tué à l’ennemi”, Mort pour la France et FFC. Il fut désigné à titre posthume Chevalier de la légion d’Honneur, Croix de guerre 1939-1945, médaillé de la résistance. Le 30 septembre 1954 il a reçu à titre posthume la carte de Combattant volontaire de la Résistance (CVR). Il a aussi été homologué au grade de lieutenant avec prise de rang le 1er mai 1944. Il a été homologué du réseau action SAP-R6 du 1er janvier au 31 juillet 1943 comme agent P1 puis jusqu’à son décès comme agent P2.

Son nom figure sur le monument aux Morts de Sauxillanges ainsi que sur une stèle en bordure de route entre Pinols et Langeac (Haute-Loire).
En 1972, le Comité ANACR de la Loire lança une appel pour que tous ceux connaissant les circonstance de son décès et de celui de Yves Léger participent ainsi à la réalisation du Mémorial de la Résistance de la Loire et de la Haute-Loire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article206919, notice DUTOUR Jean, Fernand [pseudonyme dans la résistance : François] par Eric Panthou, version mise en ligne le 29 septembre 2018, dernière modification le 16 avril 2021.

Par Eric Panthou

Stèle en bordure de route entre Pinols et Langeac (Haute-Loire) en hommage à Fernand Dutour et Yves Léger.

Sources : Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 2546 W 5551. Dossier attribution carte CVR à Fernand Dutour .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 508 : activité de la Brigade Jesser .— AVCC dossier AC 21 P 178488 (non consulté) .— SHD Vincennes dossier GR 16 P 206055 (non consulté) .— Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 496 : liste des fusillés, des massacrés dans la région du Puy-de-Dôme, 1er mars 1945 .— “Appel aux souvenirs”, Résistance d’Auvergne, n°5, janvier 1972 .— Gilles Lévy, A nous Auvergne, Paris, presses de la Cité, 1981 .— Manuel Rispal, Tout un Monde au Mont-Mouchet, 1940-1945, Ytrac, Editions Authrefois, 2014, 114 p .— Fernand Boyer, Témoins de pierre du sang versé. Les monuments de la résistance en Haute-Loire, Le Puy, éditions de la Société académique, 1983 .— MémorialGenWeb .— état civil.

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