SECHAUD Léon, Victor, Emile

Par Michel Thébault

Né le 25 octobre 1910 à Dudelange (Luxembourg), mort en action le 11 juin 1944 au hameau de Pierrefitte (commune de Janaillat, Creuse) ; officier, militaire de l’école de la Garde à Guéret ; résistant FFI - AS.

Léon Séchaud était le fils de François Séchaud et de Suzanne Kodesch. Il était marié avec Annette Pernot.
Il habitait durant la guerre 4 rue Bayard à Aubière (Puy-de-Dôme).
Il était en 1944 militaire à l’École de la Garde de Guéret, seule école militaire subsistante sous autorité française. Ayant pour mission la formation d’élèves officiers, d’élèves gradés et de gardes, ses effectifs totaux étaient à la veille du 6 juin 1944, d’environ 500 hommes, ce qui en faisait la seule force militaire d’importance du département de la Creuse.
Le 7 juin 1944, Albert Fossey, alias commandant François, dirigea la première libération de Guéret à la tête des maquis de la Creuse. La plus grande partie de l’École de la Garde se rallia à la résistance et Léon Séchaud participa sans doute à cette première libération. Le 9 juin, une opération allemande massive pour reprendre la ville fut organisée, avec l’assaut en provenance de Montluçon de troupes de la Wehrmacht appuyée par l’aviation. Au sud et à l’est des éléments blindés et motorisés de la division Das Reich furent chargées de contrôler les routes et d’empêcher le repli des résistants (voir massacre de Combeauvert). Au vu de la disproportion des forces, les chefs de la Résistance ordonnèrent le repli et la dispersion de leurs forces. L’École de la Garde qui s’était ralliée à la Résistance, se replia vers Janaillat, 25 km. au sud-ouest de Guéret emmenant avec elle une partie des militaires allemands faits prisonniers lors de la première libération de Guéret le 7 juin 1944. Un escadron de la garde, le 4ème escadron composé de 80 jeunes élèves-gardes, sous le commandement de Léon Séchaud, s’était installé après son repli dans le hameau de Pierrefitte (commune de Janaillat). Ils avaient la surveillance dans un relais de chasse (relais de la Mossue) situé dans un bois au-dessus du hameau de Pierrefitte de 17 prisonniers allemands des combats du 7 juin.
Le 11 juin, des éléments blindés de la division Das Reich (un groupe d’artillerie blindé et des éléments de la 11èmè compagnie du 3èmè bataillon du régiment Der Führer) se replièrent de Guéret où ils étaient restés le soir du 9 juin à la disposition de la Wehrmacht et se dirigèrent vers Limoges pour rejoindre le gros de la division avant son départ pour le front de Normandie. Ils menèrent dans le secteur de Janaillat une opération à la recherche des prisonniers allemands et des résistants, prenant des otages et terrorisant les habitants. A 17 h 30, les troupes SS bien renseignées attaquèrent le hameau de Pierrefitte. Le capitaine Léon Séchaud, croyant à une simple reconnaissance ennemie, décida d’éviter le combat et se dirigea vers le hameau afin d’ordonner aux sentinelles de laisser passer sans se découvrir les blindés allemands. Avant qu’il ait pu donner ses ordres, un échange de tirs eut lieu, et Léon Séchaud fut tué dès le début de l’affrontement.
Il fut inhumé après la guerre à Epernay (Marne). Il obtint la mention mort pour la France et son nom est inscrit sur les monuments aux morts d’Épernay, de Châlons-en-Champagne (Marne) vraisemblablement ses garnisons successives. Il figure aussi sur le monument aux Morts d’Aubière. Son nom figure également sur le monument commémoratif de Combeauvert (commune de Thauron, Creuse) au titre des morts du canton de Pontarion (Creuse) ; il figure enfin sur le mémorial de la résistance creusoise à Guéret (Creuse).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article207045, notice SECHAUD Léon, Victor, Emile par Michel Thébault, version mise en ligne le 1er octobre 2018, dernière modification le 16 avril 2021.

Par Michel Thébault

SOURCES : SHD Vincennes, GR 16 P 542706. Dossier Léon Séchaud (non consulté) .— AVCC, AC 21 P 149479. Dossier Léon Séchaud (non consulté) .— Arch. Dép. Du Puy-de-Dôme, 908 W 496 : liste des fusillés, des massacrés dans la région du Puy-de-Dôme, 1er mars 1945 .— René Castille in La Creuse pendant la seconde guerre mondiale Le Puy Fraud Ed.2012 —Marc Parrotin Le temps du Maquis, Histoire de la Résistance en Creuse Ed. Verso 1984 et Mémorial de la Résistance creusoise Ed. Verso 2000 — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb— État civil, registre des décès 1944, mairie de Janaillat, acte n°28.

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