HEBRARD Louis [Dictionnaire des anarchistes]

Par Dominique Petit

Tailleur de pierres, anarchiste de Sète.

Il demeurait 101 rue des Cercleurs prolongée.
En 1878, Louis Hébrard fut délégué à l’Exposition universelle. En juillet 1878, il était le secrétaire du Cercle du travail de Sète.
Il participa aux Congrès ouvriers de Marseille en 1879, avec Jules Sibilat et au Congrès du Havre en 1880 (il fit partie du Comité général exécutif des révolutionnaires du Congrès ouvrier socialiste indépendant du Havre).
Il fut signataire du programme et de l’adresse des collectivistes révolutionnaires français parus dans l’Egalité du 21 janvier 1880.
En août 1880, il fonda avec Jules Sibilat, un cercle collectiviste à Sète.
Louis Hébrard participa à la tentative d’organisation horizontale lancée par L’Alliance des groupes socialistes-révolutionnaires de Paris dont le manifeste avait été publié dans la Révolution sociale du 19 juin 1881 : « L’alliance a complètement abandonné l’idée d’un groupe principal où toutes les relations seraient concentrées pour revenir à un mode plus simple et surtout plus en rapport avec nos principes. Ce mode consiste à prier tous les groupes de correspondre entre eux ; à cet effet l’alliance qui possède à peu près toutes les adresses, en envoie copie à tous les groupes afin que cette correspondance puisse commencer de suite ».
Hébrard était membre de la Société coopérative de consommation L’Economie ouvrière et à ce titre fut le secrétaire de la commission d’organisation du 2e Congrès régional ouvrier socialiste du Midi à Sète en 1881.
Il participa à ce Congrès comme délégué du Cercle du travail et fit partie de la majorité anarchiste du Congrès.
Il déposa sur le bureau du Congrès un message de solidarité aux minoritaires anarchistes du Congrès du Centre à Paris (29 mai 1881), qui fut adoptée : « Considérant que les collectivistes au Congrès du Centre n’ont pas tenu compte de l’autonomie des groupes socialistes anarchistes en excluant de son sein les délégués de ces groupes qui avaient un mandat impersonnel ;
Considérant que le Congrès du Centre a usé d’arbitraire vis à vis d’une fraction du parti révolutionnaire ;
Le Congrès du Midi déclare par ces raisons adresser un blâme à ceux qui se sont rendus coupables d’un pareil acte portant atteinte à la liberté des groupes anarchistes et passe à l’ordre du jour ».
Ce fut lui qui parapha le 9 juillet 1881, le mandat de Guy François, délégué du groupe anarchiste révolutionnaire La Plèbe de Béziers (Hérault) pour les représenter au Congrès international de Londres.
Il fut chargé de répondre aux accusations des minoritaires collectivistes dans la Révolution sociale du 10 juillet 1881.
En 1881 et 1882, Hébrard entretint une correspondance avec Victorine Rouchy.
Dans une lettre du 3 août 1881 à Victorine Rouchy, Hébrard lui demandait d’éviter les polémiques personnelles et regrettait celles à propos du Congrès de Londres. Il se déclarait hostile au bureau central de renseignements et préférait « laisser l’autonomie la plus absolue aux groupes de correspondre, lorsqu’ils le jugent utile ». Il soutenait le journal La Révolution sociale « tant que cet organe défendra les idées et les aspirations des révolutionnaires anarchistes ».
Dans une lettre du 8 juin 1882, il lui expliquait que les anarchistes de Sète disposaient d’un reliquat de 480 francs à l’issue du Congrès de Sète. Ils décidèrent d’utiliser cet argent pour faire paraître une dizaines de numéros d’un nouveau journal Le Droit Naturel qu’ils firent imprimer à Lyon. Mais après la parution du journal, ils apprirent que leur trésorier s’était servi de l’argent pour ses besoins personnels. Le gérant Verdale et un autre compagnon furent obligés d’emprunter 80 francs pour payer l’imprimeur. Le Droit naturel n’eut finalement que 2 ou 3 numéros.
En juin 1882, il participa à la souscription pour l’achat d’un revolver d’honneur à Fournier de Roanne, parue dans le Droit social du 11 juin.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article207049, notice HEBRARD Louis [Dictionnaire des anarchistes] par Dominique Petit, version mise en ligne le 1er octobre 2018, dernière modification le 24 octobre 2018.

Par Dominique Petit

SOURCES : Arch. De la Préf de police Ba 32, Ba 438 — Le Droit social n°18 du 11 juin 1882 — AD Hérault 1 M 1091 — A. D. du Rhône 2 U 433 — Le Petit Méridional 15 juillet 1878 — IISH d’Amsterdam G. Brocher Papers. 120

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