COSTA Henri

Par André Balent

Né le 27 mars 1935 à Maraussan (Hérault) ; ouvrier de la métallurgie puis du textile, permanent politique ; militant du PCF et de la CGT du Gard, des Pyrénées-Orientales, de Paris (affecté aux cadres) ; conseiller général du canton de Perpignan V.

Henri Costa fut d’abord, à partir de 1949, ouvrier métallurgiste à Béziers (Hérault) chez l’avionneur Fouga. Il alla ensuite travailler dans le textile au Vigan (Gard). Militant de la CGT, il fut, en 1959, secrétaire de l’UL de cette localité cévenole.
Adhérent du PCF en 1954, il en devint bientôt un des cadres locaux gardois. Dès 1966, il accéda au secrétariat à l’organisation de l’importante fédération du Gard. Il suivit une école centrale de quatre mois, puis le secrétariat national, le 25 avril 1967, ratifia son envoi pendant un an à l’école de Moscou. En 1970, le PCF le chargea d’une mission ultra confidentielle à Cuba. Il demeura dans ce pays pendant dix mois, officiellement en tant que "directeur du tourisme". En fait, il était chargé de renouer les liens entre le PCF et le PC cubain, rompus de fait depuis 1968. Sa mission fut couronnée de succès.
En 1973, il fut « parachuté » par la direction nationale du PCF dans les Pyrénées-Orientales afin de remplacer, au secrétariat de la fédération communiste de ce département, Joseph Albert*, alors jugé peu fiable. Il conserva ces fonctions jusqu’en 1982.
Henri Costa fut élu conseiller général du canton de Perpignan V (regroupant les quartiers périphériques de Saint-Martin et de Saint-Assiscle et les deux communes suburbaines de Toulouges et Canohès), à l’issue du deuxième tour (14 mars 1976). Cette élection se traduisit, au plan départemental, et contrairement à ce qui se passait ailleurs, par une forte poussée électorale du PCF et un recul relatif du PS. On peut dire qu’elle marqua l’apogée de l’influence électorale communiste au plan départemental et au conseil général. Mais des manœuvres post-électorales empêchèrent les élus de la gauche de constituer la majorité et au PCF d’imposer son candidat, selon toute vraisemblance Henri Costa, à la présidence de l’assemblée départementale.
Aux élections cantonales de 1982, il perdit son siège de conseiller général qui fut enlevé au deuxième tour de scrutin par le candidat socialiste, Daniel Gineste, professeur de physique-chimie au lycée du « Clos-Banet ».
Il fut également candidat aux élections municipales des 13 et 20 mars 1977 à Perpignan, en seconde position, sur la liste d’union de la gauche conduite par René Argelliès, radical de gauche. Cette liste fut battue au second tour par celle du maire sortant, Paul Alduy* (24 646 voix, 55 % des suffrages exprimés contre 20 161, 45 %).
Henri Costa fut candidat à l’élection législative de 1978 dans la 1re circonscription des Pyrénées-Orientales « réservée » antérieurement à son prédécesseur au secrétariat fédéral. Au 1er tour, il recueillit 23 768 voix, 25,1 % des suffrages exprimés, en deuxième position, après Paul Alduy, député sortant. Au 2e tour, il affronta Paul Alduy, bénéficiant du désistement du socialiste Michel Jomain, de Georgette Lopez (PSU) et de Michel Balat (LCR). Il fut battu de peu avec 47 886 voix contre 51 104 à son adversaire. Il fut à nouveau candidat dans la même circonscription aux élections législatives de juin 1981. Avec 19 278 voix (23,05 % des suffrages exprimés), il arriva en troisième position, derrière Paul Alduy, député sortant, et la candidate du PS, Renée Soum qui l’emporta au second tour avec 58,33 % des voix et grâce, principalement au report des voix communistes.
Déjà, avant 1982, tout en conservant ses responsabilités fédérales dans les Pyrénées-Orientales, il était chargé de responsabilités internationales par la direction nationale du PCF.
Nommé à Paris en 1982, il connut une promotion qui marqua l’apogée de sa carrière d’homme d’appareil. Il fut chargé d’abord de la politique extérieure (Europe). À ce titre, il effectua de nombreux voyages non seulement en Europe mais aussi jusqu’en Chine, au Japon, en Amérique centrale et du sud. Il s’occupa ensuite du secteur public et nationalisé avant d’être affecté aux cadres du PCF.
Henri Costa prit sa retraite en 1995, revint dans les Pyrénées-Orientales et fut un temps, à partir de 1996, membre du comité fédéral du PCF départemental. En décembre 2006, il quittta les Pyrénées-Orientales pour s’installer à Lézan (Gard). Il prit congé de la fédération départementale du PCF des Pyrénées-Orientales à l’occasion d’une cérémonie d’hommage qui rassembla ses camarades et amis.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20723, notice COSTA Henri par André Balent, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 1er décembre 2017.

Par André Balent

SOURCES : Arch. comité national du PCF. — L’Indépendant, quotidien, Perpignan. — Le Travailleur Catalan (hebdomadaire du PCF, Perpignan). — Truc (quinzomadaire d’actualité, Perpignan, 1974-1978). — Louis Monich, Histoires rocambolesques de l’élection cantonale 1976 en Roussillon, Perpignan, Trabucaire, 1996. — Louis Monich,Le coup d’État manqué à la mairie de Perpignan, juin 1981, Perpignan, Trabucaire, 1999.

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