COSTE Émile

Par Jean-Marie Guillon

Né le 20 novembre 1890 à Veaugues (Cher), mort le 27 janvier 1975 au Rove (Bouches-du-Rhône) ; cheminot à Marseille (Bouches-du-Rhône) ; militant communiste et syndicaliste

Fils de Baptiste Coste et d’Augustine Laponge, marié à Marie Chattemiche le 9 mai 1914 à Marseille, Émile Coste était employé à la SNCF comme aiguilleur, gare de l’Estaque (Marseille), après avoir travaillé pour le PLM. Il avait été condamné par le tribunal correctionnel de Marseille le 3 mai 1911 à deux mois prison pour entraves à la liberté du travail (lors d’une grève). Il avait bénéficié d’une amnistie en 1912. Ayant effectué son service militaire au Génie à Bizerte (Tunisie), il fut mobilisé en 1914 au 141e RI à Marseille, puis au 9e RA à Nîmes. Blessé au Chemin des Dames le 5 mai 1917, il fut démobilisé en 1919. Il était titulaire de la Croix de guerre, avec citation à l’ordre de l’armée.
Membre du syndicat des cheminots à partir de 1919, il fut élu, le 11 mars 1937, secrétaire général du syndicat CGT des cheminots de l’Estaque [Marseille]. Il occupa cette fonction jusqu’en 1939.
Membre du Parti communiste en 1936, il devint secrétaire adjoint du bassin industriel de Séon-Saint-Henri, centre important d’ouvriers tuiliers dans la banlieue nord de Marseille (Bouches-du-Rhône). Il dira lors de sa déposition à Saint-Sulpice n’avoir occupé cette fonction que durant six mois en 1937. Pour la police, il était responsable des jeunes et des femmes.
Émile Coste fut affecté spécial gare Estaque en 1939-40. Il avait été parmi les militants qui avaient condamné le Pacte germano-soviétique. Pourtant, lors de la visite du maréchal Pétain à Marseille, il fut interné sur le Sinaia, puis sur Providence en rade de Marseille, du 1er au 10 décembre 1940. Il fut l’objet d’un arrêté d’internement fut pris à son encontre un an plus tard, le 20 décembre 1941. Il fut envoyé au camp de Saint-Sulpice-la-Pointe (Tarn). Sa demande de libération reçut un avis défavorable le 29 mai 1942. Interrogé le 9 juin suivant, il affirma renier le parti communiste et condamner le pacte germano-soviétique. Il se dit disposé à signer l’acte loyalisme au gouvernement et à s’engager à suivre le maréchal Pétain dans sa politique de Révolution nationale. Il fut libéré le 30 décembre 1942.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20726, notice COSTE Émile par Jean-Marie Guillon, version mise en ligne le 20 octobre 2018, dernière modification le 10 janvier 2021.

Par Jean-Marie Guillon

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône 5 W 176 (dossier d’internement) et 76 W 111. — Le Cheminot Syndicaliste, organe de l’Union de syndicats du PLM puis du Sud-est, 25 juin 1937, 25 mars, 10 août 1938 (Institut d’histoire sociale de la Fédération CGT des cheminots). — Renseignements communiqués par M. Marcel Bernard. — Notes de Louis Botella. — état civil.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément