COSTENTIN Albert [COSTENTIN Baptiste, Albert]

Par Claude Pennetier

Né le 15 février 1896 à Saint-Paër (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), mort le 15 février 1946 à Paris (XIVe arr.) ; instituteur ; militant communiste en Seine-inférieure puis en banlieue parisienne puis oppositionnel ; militant de l’École émancipée.

Albert Costentin, dans Le Prolétaire Normand du 12 octobre 1928 — BNF cote JO94118

Fils d’un garde particulier, Albert Costentin, instituteur adjoint au Havre (Seine-Inférieure), puis à Fécamp et à Rouen, secrétaire adjoint du syndicat de l’Enseignement laïc de Seine-Inférieure en 1925, en devint le secrétaire en juillet 1927.

Membre du Parti communiste, Costentin fit partie de la délégation des « cinquante instituteurs » invités en URSS par la IIIe Internationale à la fin de 1925. Il fut chargé de développer la propagande au Havre et de faire circuler dans les cellules les Cahiers du Bolchevisme. Membre du comité de la région communiste, il se présenta au conseil général dans le 4e canton de Rouen, le 2 décembre 1928 et aux élections municipales de Darnétal (Seine-Inférieure) le 5 mai 1929, comme tête de liste, mais ne fut pas élu. Il se consacra alors à la direction du Prolétaire normand. Poursuivi pour propagande anarchiste à la suite d’un discours prononcé au Petit-Quevilly lors de la campagne pour les élections au conseil général, il fut condamné à deux ans de prison au début de 1932.

Présenté par l’Humanité comme secrétaire régional permanent, Costentin fut candidat du parti communiste aux élection législatives le 1er mai 1932, dans la 2e circonscription de Rouen, face à l’ancien député communiste Maurice Gautier, maire d’Oissel (Seine-Inférieure, Seine-Maritime), qui avait été exclu du parti en 1929, et qui était candidat du PUP, et face à Eugène Tilloy, conseiller général socialiste et maire de Sotteville. Réunissant 2975 voix, Costentin devança largement Gautier (1816 voix), mais fut devancé par Tilloy (3315 voix) qui se désista pour Crutel radical socialiste, arrivé 2e avec 7029 voix. Il quitta Rouen pour la région parisienne, où il épousa en décembre 1932 à Fontenay-sous-Bois une institutrice communiste (voir Marcelle Costentin).

Membre du comité du rayon communiste de Champigny-sur-Marne, Costentin ne fut pas réélu par la commission politique de la conférence de rayon, le 27 octobre 1935 à la demande de Léon Mauvais. De violentes réactions furent enregistrées parmi les militants locaux car il était fort actif. Au lendemain des grèves de juin 1936, il quitta le Parti et se consacra au militantisme syndical. Selon le rapport sur le trotskisme du bureau politique du Parti communiste, le 28 juillet 1938, il était signalé comme militant trotskiste à Nogent-sur-Marne où l’organisation communiste avait été dissoute. Aussi, selon le rapport, il reportait son activité sur Fontenay-sous-Bois.

En 1944, Costentin participa à la reconstitution du groupe de tendance syndicaliste révolutionnaire des « Amis de L’École émancipée » dans l’enseignement. Il prit part au lancement de Front ouvrier. Lors de la première assemblée générale des « Amis de L’École émancipée », les 18-20 juillet 1945, il fut désigné, avec Marcel Pennetier* et Jacques Guilloré* pour former un « comité central » provisoire chargé de relancer l’activité de la tendance. Il anima, avec sa femme, la sous-section du Syndicat national des instituteurs de Fontenay-sous-Bois et le Comité intersyndical.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20741, notice COSTENTIN Albert [COSTENTIN Baptiste, Albert] par Claude Pennetier, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 7 janvier 2019.

Par Claude Pennetier

Albert Costentin, dans Le Prolétaire Normand du 12 octobre 1928 — BNF cote JO94118

SOURCES : RGASPI, 517, 1, 1746, 1884. — Notice DBMOF. — Presse syndicale. — Notes de Jacques Girault et de Loïc Le Bars. — Le Journal de Rouen du 6 mai 1929, et du 2 mai 1932 (résultats des élections législatives).

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