BELLANGER Jacques, Louis, Pierre, Joseph

Par Lucien Duguey, Michel Rousselot

Né le 10 janvier 1926 à Paris (Xe arr.) ; ingénieur civil des mines ; ingénieur à la compagnie de Pont-à-Mousson (1961), président directeur général de SDECC (1982-1984) ; membre du conseil de la Fédération française des syndicats d’ingénieurs et cadres FFSIC-CFTC (1953-1958), président de l’Union sociale d’ingénieurs, de cadres et de chefs d’entreprises catholiques USIC (1957-1963), membre du conseil des Semaines sociales de France (1986-2000).

Fils d’Albert Bellanger et de Suzanne Moingeon, Jacques Bellanger vécut son enfance dans une fratrie de deux garçons. Son père, ingénieur civil des mines, travailla dans les mines métalliques, fréquemment à l’étranger, notamment au Mexique. Après une scolarité à l’école Gerson puis au lycée Jeanson-de-Sailly à Paris, il fut admis en 1946 à l’École nationale supérieure des mines de Paris (ENSMP) dont il obtint le diplôme d’ingénieur en 1949. Au cours de cette période, il milita à l’Action catholique des grandes écoles (ACGE), créée en 1947 comme branche autonome de la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC). Il en fut le responsable national adjoint de 1947 à 1949 et resta marqué durablement par cet engagement.

Jacques Bellanger commença sa vie professionnelle, en 1949, comme ingénieur du fond à Valenciennes (Nord) aux Houillères du bassin du Nord-Pas-de-Calais. Travaillant ensuite à la société Ultrafine, il en fut le secrétaire général de 1955 à 1960 avant de rejoindre, en 1961, le département « canalisations » de la Compagnie Pont-à-Mousson. À partir de 1969, il dirigea différentes divisions ou filiales du groupe. Directeur de la branche « robinetterie » de 1979 à 1983, il fut président du directoire de la SAPAG (1980-1984) et président directeur général de Saunier-Duval-eau-chaude-chauffage (SDECC) de 1982 à 1984 puis conseiller du président de Pont-à-Mousson SA de 1984 à 1986.

Il poursuivit son activité dans les instituts techniques du secteur. Administrateur (1981), puis vice-président (1984), il présida ensuite le Centre technique des industries aérauliques et thermiques (CETIAT) de 1986 à 1991. Il présida également le Comité de coordination des centres de recherche en mécanique (COREM) de 1989 à 1992 et le réseau des Centres techniques industriels (CTI) de 1990 à 1993. Il s’impliqua dans le Réseau national d’essais (RNE) dont il fut le secrétaire du bureau de 1991 à 1993. Au plan international, il participa comme administrateur à la Fédération des organisations européennes de recherches coopératives industrielles (FEICRO) de 1990 à 1992 et à l’Organisation européenne pour les essais et la certification (EOTC) de 1991 à 1992.

Dès son premier emploi, en 1949, Jacques Bellanger avait adhéré à la CFTC, puis il maintint son adhésion à la CFDT jusqu’en 1967. Actif au sein des ingénieurs des mines des Houillères du Nord-Pas-de-Calais, il fut élu au Conseil de la Fédération française des syndicats d’ingénieurs et cadres (FFSIC-CFTC) à partir de 1953, alors qu’André Bapaume en était secrétaire général, et milita, notamment avec François Lagandré, pour la constitution du Syndicat national des ingénieurs et cadres des mines (SNICM-CFTC). Lors du IXe congrès de la FFSIC en mai 1954, il présenta un rapport sur « les jeunes devant le syndicalisme » et fut élu secrétaire général adjoint de la FFSIC, poste qu’il occupa jusqu’au congrès suivant en 1955. Il siégea ensuite au Conseil fédéral jusqu’en 1958 au titre des industries diverses.

Parallèlement, son engagement chrétien le conduisit à être élu en 1957 président de l’Union sociale d’ingénieurs, de cadres et de chefs d’entreprises catholiques (USIC), succédant à Louis Hibon. Durant sa présidence, l’USIC insista sur la nécessité pour les cadres de se syndiquer, notant que leurs deux principaux syndicats étaient non seulement la Confédération générale des cadres (CGC), héritière du Syndicat des ingénieurs salariés (SIS) (que l’USIC avait contribué à créer en 1936 pour faire entendre la voix des ingénieurs au moment des « accords Matignon ») mais aussi la Fédération des cadres (FFSIC-CFTC). Une grande attention fut portée aux événements économiques, sociaux et politiques que ce soient les grèves, la participation des travailleurs aux responsabilités de l’entreprise, la guerre d’Algérie, le référendum constitutionnel de 1958, etc. Au cours de cette période également, l’USIC fut amenée à s’affirmer comme mouvement d’action sociale d’inspiration chrétienne, et non comme mouvement d’action catholique, se distinguant ainsi du Mouvement des ingénieurs et chefs d’industrie d’action catholique (MICIAC), tout en siégeant dans les mêmes locaux. Jacques Bellanger assura la présidence de l’USIC jusqu’en 1963. Plus tard, après la relance des Semaines sociales de France en 1985, il siégea à leur conseil de 1986 à 2000, en étant le trésorier de 1987 à 1993.

Jacques Bellanger avait épousé en 1956 Monique Mingasson, artiste peintre. Le couple donna naissance à cinq enfants.

Il fut nommé chevalier de l’Ordre national du Mérite en 1997.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article207459, notice BELLANGER Jacques, Louis, Pierre, Joseph par Lucien Duguey, Michel Rousselot, version mise en ligne le 15 octobre 2018, dernière modification le 15 octobre 2018.

Par Lucien Duguey, Michel Rousselot

SOURCES : Arch. Union confédérale des ingénieurs et cadres UCC-CFDT, fonds FFSIC-CFTC. — Arch. Union sociale d’ingénieurs, de cadres et de chefs d’entreprises catholiques USIC, notamment le bulletin Responsables de 1957 à 1963. — François Lagandré, De la FFSIC à l’UCC 1958-1970, 2001. — Who’s who in France. — Notes de Jacques Bellanger et de François Lagandré, 1999.

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