COTE Louis, François, Aimé

Par Antoine Olivesi, Renaud Poulain-Argiolas

Né le 17 février 1895 à Grans (Bouches-du-Rhône), mort le 21 août 1969 à Miramas (Bouches-du-Rhône) ; menuisier ; syndicaliste CGTU puis CGT ; secrétaire du syndicat CGTU du Bâtiment en 1934 ; militant et élu communiste de Miramas.

La municipalité Blanc en 1936
La municipalité Blanc en 1936
Réunis autour du maire communiste Isidore Blanc (au milieu au premier rang), les membres du conseil municipal. Louis Cote est le deuxième en partant de la droite au premier rang.

Fils d’Alexis, Joseph, Aimé Cote, employé aux chemins de fer PLM, et de Victorine, Angéline Mouisson, sans profession, tous deux nés à Grans et mariés à Miramas en 1893. Son arrière-grand-père paternel, Louis, François, Alexis Cote, était berger.
D’après les relevés de recensement de la population, ses parents, vivaient dans le quartier du Cou perdu en 1896, puis sur la place Jourdan en 1906. Ils eurent au moins deux autres enfants après Louis : Eugénie et Joséphin.

Louis Cote, menuisier, ancien combattant, croix de guerre, fut le créateur du Parti communiste à Miramas en 1921 et y milita pendant 49 ans. Il y fut candidat aux élections municipales de 1925 sur la liste communiste. Un rapport de police le signalait comme l’un des principaux dirigeants du rayon communiste de cette ville en 1932.
D’après le recensement de la population de 1931, il vivait alors avec son père et sa sœur place Jourdan à Miramas.
En juillet 1934, présenté comme secrétaire du syndicat CGTU du Bâtiment et militant communiste, il figurait sur la liste des candidats présentés par le Bloc ouvrier et paysan (BOP), animé par le Parti communiste. Il se présenta également pour le conseil d’arrondissement dans le canton de Martigues en octobre 1934.
Cote fut élu l’année suivante conseiller municipal de Miramas et adjoint au maire Isidore Blanc. La préfecture le déchut de son mandat en application du décret du 25 janvier 1940 puis le fit interner en Oranie au camp de Bossuet.
Le militant communiste port-de-boucain Antoine Santoru témoigna d’une expérience vécue en lien avec le camp de Bossuet qui dénote une certaine ambivalence du nouveau pouvoir gaulliste envers les communistes. Alors que le régime de Vichy chancelait, le 2e bataillon du 8e zouaves, composé de FFI venant de la région d’Arles qui s’attendaient à être envoyés à l’assaut de l’Allemagne, fut utilisé pour surveiller le camp. Lorsqu’ils apprirent que le lieu regorgeait de prisonniers politiques (syndicalistes, communistes et progressistes algériens), les soldats, syndicalistes et communistes eux aussi, refusèrent d’obéir à leur hiérarchie. Ces derniers, parmi lesquels figuraient Santoru et Jean-Marie Argiolas, furent soumis à une sanction disciplinaire.

À la Libération, Charles Tillon nomma Louis Cote attaché au ministère de l’Aviation avec le grade de capitaine, pour des missions en France et à l’étranger.
Après-guerre, il fut à nouveau conseiller municipal de Miramas et même tête de liste en 1953 comme en 1965. A la fin de sa vie il exerçait toujours en tant qu’artisan menuisier et était président de la section des déportés et internés.

Lors de son enterrement en 1969, Jean Pédinielli, secrétaire de section du PCF de la commune, lui rendit hommage.
Plus tard, sous la municipalité de Georges Thorrand, une salle consacrée aux activités municipales fut nommée Louis Cote en souvenir de cette importante figure locale. Il est enterré au cimetière communal avec ses parents et sa sœur Eugénie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20754, notice COTE Louis, François, Aimé par Antoine Olivesi, Renaud Poulain-Argiolas, version mise en ligne le 5 octobre 2020, dernière modification le 13 février 2021.

Par Antoine Olivesi, Renaud Poulain-Argiolas

Louis Cote
Louis Cote
La municipalité Blanc en 1936
La municipalité Blanc en 1936
Réunis autour du maire communiste Isidore Blanc (au milieu au premier rang), les membres du conseil municipal. Louis Cote est le deuxième en partant de la droite au premier rang.
Enterrement de Louis Cote en 1969. Sur la droite au second plan, le secrétaire de section Jean Pedinielli lit son discours. A gauche on voit Paulette Argiolas (portant une robe à fleurs) et devant elle son mari Jean-Marie Argiolas. A l’arrière-plan, légèrement sur la gauche, on peut reconnaître Georges Thorrand (vêtu d’une chemise blanche) et derrière lui René Caramini. Au premier plan en chemise blanche aussi : Georges Saulnier.

SOURCES : Arch. Dép. Bouches-du-Rhône, M6/11379 ; VM2/256 et 290. — Recensements de la population de 1896, 1906 et 1931. — Extrait des bans de mariage de Grans n°39 entre Alexis, Joseph, Aimé Cote et Victorine, Angéline Mouisson, 15 octobre 1893. — La Marseillaise, avril-mai 1953 ; 24 août 1969. — Rouge-Midi, organe régional du Parti communiste, 21 juillet 1934 ; 22 septembre 1934. — Rouge-Midi, 22 septembre 1934. — L’Unité, journal de la section PCF de Miramas, n°12, octobre 1969. — Roland Joly, Antoine ou la passion d’une vie : Une histoire de Port-de-Bouc, ville mosaïque, auto-édition 2005. — André Moine, Déportation et Résistance en Afrique du Nord, 1939-1944, Éditions sociales, 1972. — Données des sites Filae et Généanet. — Cimetière de Miramas.

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