COTEREAU Jean, Alexandre, Étienne

Par Gilles Morin

Né le 27 octobre 1898 à Millau (Aveyron), mort le 20 avril 1979 à Millau ; ingénieur de l’école polytechnique ; militant socialiste SFIO, secrétaire général puis président de la Libre-pensée (1926-1975), membre du comité central de la Ligue des droits de l’Homme (1950-1964) ; élu de Nogent-sur-Marne, Vincennes, Fontenay-sous-Bois (Seine, Val-de-Marne).

Fils d’un représentant de commerceJean Cotereau (parfois orthographié Cottereau) associe son nom au maintien difficile de la tradition anticléricale militante héritée du XIXe siècle qu’il représenta dans une série d’organisations de la gauche laïque, tant associatives que politiques et philosophique. Cette position de contempteur permanent du « complot clérical » lui assurait à la fois une représentation dans ces organisations, mais le plus souvent ne lui assurait qu’une influence limitée et symbolique. Il ne réussit jamais à déboucher notamment au plan politique.

Cotereau fut élevé dans la religion catholique et fit ses études dans des écoles confessionnelles. Il publia même dans sa jeunesse une petite brochure sur la Vierge. Polytechnicien, sorti premier de sa promotion. Croyant devenu libre-penseur après avoir constaté « les preuves des mensonges dont use l’Église pour parvenir à ses fins », il sacrifia sa carrière professionnelle pour se consacrer entièrement à la Libre-pensée dont il fut de 1926 à 1975, secrétaire général puis président, avant d’en être président d’honneur. Cotereau assurait la direction du journal La Raison militante devenu La Raison et de la revue L’Idée libre. L’Union mondiale de la Libre-pensée l’avait porté à sa présidence.

Cotereau se confond probablement avec l’un des fondateurs du Parti radical Camille Pelettan au congrès national de Vichy en 1933, dont il fut nommé vice-président. Il participa au congrès national du Front laïque le 27 décembre 1936, présidé par Louis Perceau*, et y présenta le rapport « Le Front laïque et la radio ».

Militant socialiste SFIO par la suite, Cotereau se confond probablement avec le militant SFIO de Bois-Colombes qui répondit aux interpellateurs communistes et du PSOP lors d’une réunion locale en octobre 1938. Il s’y montrait alors partisan résolu des accords de Munich.

Combattant, fait prisonnier en juin 1940, Cotereau intervint au congrès national de la SFIO d’août 1945 sur la réforme des statuts du parti, demandant que ceux-ci gardent leurs références au marxisme et à la laïcité. Il dénonçait le rôle de l’Église, « trust des cerveaux et des cœurs ». De meme, il s’en prit au MRP, au nom des fédérations de l’Ouest, au congrès national extraordinaire le 29 mars 1946. L’année précédente, au nom de la Libre-pensée, il avait proposé la reconstitution du Front laïque.

Maire adjoint de Fontenay-sous-Bois à la Libération, Cotereau fut candidat SFIO aux élections cantonales de 1945, dans le secteur de Sceaux et aussi candidat aux élections législatives de novembre 1946 et 1968 (1re circonscription du Val-de-Marne). Il se présenta enfin aux élections sénatoriales de mai 1952 et juin 1958.

Membre de la commission exécutive fédérale SFIO de la Seine de 1946 à 1954, Cotereau fut candidat non élu au comité directeur du parti au congrès de 1948. Il appartint à la commission sociale et culturelle lors de la semaine d’études internationale de Saint-Brieuc organisée par la SFIO, des 25 juillet au 1er août 1948.Délégué permanent à la propagande de la Fédération nationale des libre-penseurs de France et de l’Union française en 1946, jusqu’à 1958 au moins, Cotereau était président de la fédération humaniste Française en 1958.

Cotereau, qui avait demandé la libération de Messali Hadj en 1954, s’éleva contre le retour au pouvoir du général de Gaulle en mai 1958. Il participa avec son organisation au défilé du 28 mai 1958 et en 1960 mena campagne contre la Loi Debré qu’il dénonçait comme un « étranglement dans la nuit ».

Cotereau participait encore au comité pour l’Espagne libre, avec Colette Audry, André Breton, Claude Bourdet, Denis Forestier, etc., en 1964.

Une notice biographique établie par la Fédération nationale des libre-penseurs précise : « vice-président de la Ligue des droits de l’Homme, président de l’Association des Amis de Turmel (abbé devenu libre-penseur), de la Ligue de l’enseignement, il eut la haute responsabilité de la commission de la laïcité dans les hautes instances de franc-maçonnerie du Grand Orient de France, où il assumait la charge de rapporteur général de la laïcité ». Il avait habité successivement Fontenay-sous-Bois, Saint-Mandé et Bagnolet.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20759, notice COTEREAU Jean, Alexandre, Étienne par Gilles Morin, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 22 novembre 2022.

Par Gilles Morin

ŒUVRE : La Cité sans Dieu, Lettre à Lorulot, Herblay, idées libres, 1938. — Leur Noël et le nôtre : origines païennes de la Noël chrétienne, Herblay, idées libres, 1938. — L’Église a-t-elle collaboré ?, Paris, Spartacus, 1946. —L’Église et Pétain, Herblay, idées libres, 1947. — Le Vatican est-il pour ou contre la paix ? : une thèse de Léon Blum. Le danger clérical, Herblay, idées libres, 1947. — Que l’homme soit. — Le Complot clérical : jésuites, synarchie, MRP, Paris, Spartacus, 1947. — Laïcité et idéal laïque. — La vérité sur Lourdes, Édition de l’Idée libre, 1959. — Laïcité Sagesse des Peuples : anthologie de grands textes sur la Laïcité, Paris, Fishbacher, 1965.

SOURCES : Arch. Nat., F/1a/3353, 3355 ; F/1cII/113/B et 249 ; CAC, 20010216/94/2722 bis/29. — Le Populaire, 24 décembre 1936. — Bulletin intérieur de la SFIO, n° 35, 41. — Rapports du congrès fédéral SFIO des 10-11 mai 1958. — Dossiers Seine, archives C. Fuzier. — Le Monde, 24 avril 1979. — Renseignements fournis par la Libre pensée et recueillis par Louis Bonnel. — Notes de Claude Pennetier. — État civil.

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