DESNOS Louis, Marcel

Par Daniel Grason

Né le 10 mai 1901 à Paris (XIVe arr.), mort en action le 19 août 1944 à Paris (VIe arr.) ; inspecteur de police ; résistant des FFI.

Louis Desnos
Louis Desnos

Fils de Pierre Mathurin, quarante-quatre ans, homme de peine et de Hortense née Jéhère, quarante ans, ménagère, Louis Desnos commença sa scolarité en 1909 à la pension Benoit-Catelin au Petit-Montrouge (Seine, Hauts-de-Seine). Il obtint en juillet 1914 le CEP à l’âge de treize ans.
Il travailla comme apprenti dans une imprimerie, puis partit deux mois dans le Maine-et-Loire. Du fait du début de la Grande guerre, il resta à la campagne, devint cultivateur dans une ferme à Etriché arrondissement d’Angers, puis devint bûcheron, jardinier.
Il effectua son service militaire au 103e Régiment d’Infanterie de Ligne du 8 avril pendant deux ans et deux mois au 103e Régiment d’infanterie, 3e compagnie au Fort du Mont-Valérien à Suresnes (Seine, Hauts-de-Seine), fut nommé sergent, libéré le 31 mai 1923.
Il habita 5 rue de Cléry à Paris (IIe arr.) Il avait sollicité un emploi de gardien de la paix le 8 mai 1922 auprès du directeur de la police municipale de Paris. Une demande qu’il renouvela le 4 avril 1923. Il entra dans la police municipale de Paris le 16 juin 1923. Le 5 juillet 1924 il épousa Juliette, Louise Léger en mairie de Saint-Lubin des-Joncherets (Eure-et-Loir). Le couple demeura 118 rue d’Alésia à Paris (XIVe arr.).
Il fut nommé brigadier le 16 février 1934. Brigadier des gardiens de la paix, en 1941 il était considéré comme un « Excellent gradé doué d’une énergie et d’un commandement remarquables. »
Le 13 janvier et le 19 mars 1942, il sauva de l’asphyxie deux personnes, il était apprécié par le commissaire comme « calme et énergique », « apte à commander », « Serviteur dévoué », et « Gradé connaissant bien son métier et qui obtient de sa brigade le maximum de rendement. », Il fut noté 16, nommé Inspecteur principal adjoint.
Un camion des troupes allemandes venait d’être stoppé et détérioré place Saint-André des Arts. Au moment où il montait dans le camion, Louis Desnos a été mortellement atteint d’une balle dans la tête. Selon un autre Desnos a été tué d’une balle au front à l’angle de la rue et de la place Saint-André-des-Arts le 19 août 1944 lors d’un combat engagé avec une patrouille allemande. Luc Rudolph écrivit : Louis Desnos « profite d’une accalmie pour se rendre de la rue Gît-le-Cœur vers la place Saint-Michel. Malgré les rafales d’une automitrailleuse, il se cache derrière un arbre pour tirer sur un camion qui arrive : le véhicule ne peut entrer dans la rue Danton, mais s’écrase sur le refuge de la place Saint-André-des-Arts. L’inspecteur saute sur le marchepied : assaillant et chauffeur se tuent mutuellement. »
Son corps fut emmené à l’École de Médecine, Paul Aussenac, négociant, habitant rue du Vieux-Colombier à Paris (VIe arr.) fit la déclaration à l’état civil. Son inhumation se déroula le 24 août 1944 au cimetière parisien de Bagneux (Seine, Hauts-de-Seine).
Louis Desnos a été considéré comme « Victime du devoir », cité à l’Ordre de la Nation le 20 décembre 1944, décoré de la Légion d’Honneur (JO du 3 janvier 1945).
Louis Desnos était père d’une fillette Huguette, née le 24 septembre 1937. Il a été déclaré « Mort pour la France » par décision du Secrétariat général des anciens combattants du 13 mars 1945. Sa veuve reçut en 1955 la Médaille d’Argent d’Honneur de la police.
Son nom figure sur la liste des policiers tués dans les combats de la Libération au Musée de la police rue de la Montagne Saint-Geneviève à Paris (Ve arr), ainsi que sur deux plaques commémoratives, l’une place Saint-André-des-Arts où il a été tué, l’autre à l’entrée du commissariat du VIe arrondissement rue Bonaparte dédiée aux gradés et gardiens de la paix « tombés glorieusement pour la Libération de Paris ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article207600, notice DESNOS Louis, Marcel par Daniel Grason, version mise en ligne le 17 octobre 2018, dernière modification le 29 mars 2021.

Par Daniel Grason

Louis Desnos
Louis Desnos
Entrée du commissariat rue Bonaparte
Entrée du commissariat rue Bonaparte

SOURCES : Arch. PPo. KC 11. – Bureau Résistance GR 16 P 179983. – SHD AC 21 P 118547. – Christian Chevandier, Été 44. L’insurrection des policiers de Paris, Éd. Vendémiaire, 2014. – « Au cœur de la Préfecture de Police de la Résistance à la Libération », Sous la dir. de Luc Rudolph, Directeur honoraire des services actifs, Éd. LBM, 2009. – État civil acte de naissance numérisé Paris XIVe arrondissement V4E 9787 acte 8082, acte de décès numérisé acte 909.

PHOTOGRAPHIE : Arch. PPo. KC 11 et Daniel Grason.

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