BUSSIERE Louis, Etienne, Prosper

Par Michel Thébault

Né le 26 décembre 1902 à Aubusson (Creuse), exécuté sommairement le 26 août 1944 à Oissery (Seine-et-Marne) ; conducteur de travaux ; résistant réseau Buckmaster (SOE), sous-réseau Armand Spiritualist, bataillon Hildevert.

Louis Bussière était le fils d’Alexandre Bussière, âgé de 25 ans à sa naissance, tapissier et de Françoise Marie Guillaumot âgée de 24 ans, institutrice, tous deux domiciliés à Aubusson, 82 Grande rue. Il était le second de leurs cinq enfants. Il fut incorporé pour son service militaire, le 18 novembre 1922, au 31ème Régiment d’aviation à Tours (Indre-et-Loire). Il fut admis à suivre le peloton des élèves officiers de réserve (EOR) et fut nommé au grade de sous-lieutenant de réserve en novembre 1923. Il participa alors à l’occupation des pays rhénans de décembre 1923 à mai 1924, avant d’être démobilisé à la fin de son temps de service en mai 1924. Résidant au départ à Aubusson, il partit ensuite pour Paris et y exerça la profession de conducteur de travaux. C’est la profession qu’il déclara lors de son mariage à la mairie du Xème arrondissement de Paris (Seine) le 6 mai 1930. Il était alors domicilié 20, rue Louis Blanc. Il épousa Marguerite Léontine Broutin, âgée de 21 ans, sans profession, domiciliée à Paris avec sa mère. Ils eurent une fille unique, Michèle, Céline qui naquit le 27 décembre de la même année 1930. Louis Bussière fut mobilisé en septembre 1939 lors de la déclaration de guerre à l’Allemagne. Ayant entre-temps été nommé lieutenant de réserve, il fut affecté au bataillon de l’Air 109, puis à la compagnie de l’Air 9/121. C’est dans cette dernière unité qu’il participa à la campagne de France en mai – juin 1940. Son action lui valut d’être le 23 juin 1940 cité à l’ordre de l’Armée aérienne avec attribution de la Croix de guerre avec palme. Le 11 juin 1940, lors de l’entrée en guerre de l’Italie, il fut affecté au front des Alpes jusqu’à l’armistice du 25 juin 1940. La dissolution de la plus grande partie de l’armée française entraîna sa démobilisation le 13 août 1940. Il reprit sa profession de conducteurs de travaux installé dans les années 40 à Villemomble (Seine-et-Oise, aujourd’hui Seine-Saint-Denis) au nord-est de Paris, domicilié en dernier lieu 16 avenue Grédy. Il s’engagea en 1944 dans la Résistance auprès de Charles Hildevert, marchand de légumes au Raincy, médaillé militaire de la guerre 1914 - 1918, qui recrutait depuis 1942 des hommes dans la banlieue est de Paris, et en particulier à Villemomble. Louis Bussière rejoignit le 1er août 1944 la 1ère compagnie du bataillon Hildevert, sous les ordres du capitaine André Charpaux, propriétaire d’une entreprise de réparation de compteurs d’eau. Le bataillon Hildevert qui appartenait au réseau Armand Spiritualist dépendant de la Section française du S.O.E du colonel Buckmaster, reçut pour mission du S.O.E de réceptionner fin août un important parachutage de matériels, d’armes et d’hommes qui devait avoir lieu à une quarantaine de kilomètres à l’est de Paris, dans le secteur Saint-Pathus - Oissery en Seine et Marne. L’objectif suivant était de gagner ensuite la région de Meaux pour couper la route à l’armée allemande dans sa retraite vers l’est. Le 26 août 1944 à l’aube, alors que le bataillon se mettait en place pour la réception du parachutage annoncé, vraisemblablement repéré, il fut attaqué par une unité blindée SS. Les pertes furent considérables. Selon son certificat d’appartenance à la Résistance, Louis Bussière fait prisonnier, fut immédiatement fusillé, exécuté sommairement. Il fut inhumé après la guerre dans le carré des corps restitués du cimetière nouveau de Villemomble.
Il obtint la mention mort pour la France et son nom est inscrit sur les monuments aux morts de d’Aubusson et de Villemomble. Il figure également sur le mémorial de la Résistance creusoise à Guéret (Creuse).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article207636, notice BUSSIERE Louis, Etienne, Prosper par Michel Thébault, version mise en ligne le 18 octobre 2018, dernière modification le 27 mai 2021.

Par Michel Thébault

SOURCES : SHD Caen dossier AVCC AC 21 P 36166 — blog Gilles Primout, Libération de Paris — site internet airmemorialcreusois — Mémoire des hommes — Mémorial genweb — État civil.

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