COTTA Jacques, Victor, Jean

Par Gilles Morin

Né le 9 avril 1908 à Nice (Alpes-Maritimes), mort le 26 février 1971 à Nice (Alpes-Maritimes), mort en février 1971 ; avocat au barreau de Nice ; résistant ; maire socialiste de Nice (1945-1947) ; secrétaire de la fédération socialiste des Alpes-Maritimes (1948-1949).

Avocat au barreau de Paris, sympathisant socialiste avant la Seconde Guerre mondiale, Jacques Cotta fut un actif résistant des mouvements Combat et Franc-Tireur. Recherché par les autorités allemandes, il se cacha à Villars-sur-Var. Membre du Comité départemental de Libération et de la délégation spéciale de Nice à la Libération, appartenant au directoire du MLN, il adhéra à la SFIO et s’imposa comme le leader du parti dans les Alpes-Maritimes.
Élu maire de Nice le 13 mai 1945, il succédait au communiste Virgile Barel qui assurait la direction de la délégation spéciale depuis la Libération et qui avait échoué aux municipales. Il vit la coalition municipale se déchirer immédiatement, les représentants de Combat et ceux des radicaux se retirant. Il dirigea la cinquième ville de France durant vingt-sept mois. Excellent orateur, il se trouvait de fait en concurrence dans la SFIO avec Alex Roubert. Surtout, il ne put empêcher le retour politique de Jean Médecin et de ses hommes. Candidat aux élections cantonales de septembre 1945, dans le 4e canton, il arriva en 3° position au 1er tour et fut battu par Médecin qu’il tentait d’éliminer. Ses adjoints radicaux et les représentants de Combat se désolidarisent de lui publiquement au Conseil municipal du 2 octobre 1945.
Jacques Cotta fut, sans succès, candidat aux législatives de juin 1946 ; placé en deuxième position sur la liste socialiste il n’avait aucune chance d’être élu. Puis, il se présenta au Conseil de la République en novembre 1946. En juillet 1947, en prévision des municipales, fut constitué un groupement des « Amis de Jacques Cotta », dont le président était le bâtonnier Montel. Il comprenait des représentants de la Chambre de commerce, le président de la fédération des déportés et était soutenu par le directeur du Nouveau Casino, qui était un de ses amis personnel. Ce groupement tenait une permanence et publia un bulletin gratuit, La vie de Nice. Le 26 octobre 1947, Cotta fut réélu conseiller municipal, avec trois colistiers, mais perdit la mairie de Nice. Leader de l’opposition au système Médecin, il fut désigné comme secrétaire de la fédération des Alpes-Maritimes en janvier 1948 et le demeura jusqu’en 1949. Il succédait à Armand Gontier*, qui le remplaça l’année suivante. Cotta appartint à la commission de onze membres chargée d’examiner la question du remplacement du rapport moral lors du congrès socialiste de 1948.
Tête de liste socialiste aux élections législatives de juin 1951, il prépara soigneusement sa campagne en multipliant les conférences et les réunions en 1950-1951. Il s’y montrait un critique virulent du communisme et aussi du neutralisme qu’il accusait de faire le jeu des soviétiques. En 1950, le bruit courut qu’il avait demandé son adhésion au RPF, lequel manquait cruellement de cadres dans le département. Il négocia avec une liste formée par des socialistes indépendants et des membres de l’UDSR un apparentement mais ceux-ci se rallièrent à Jean Médecin, assurant le succès de ce dernier et l’échec de la liste socialiste. Jacques Cotta, qui accusait le sénateur Roubert d’avoir soutenu la liste des socialistes indépendants et de ne pas avoir participé à sa campagne, démissionna de la SFIO et du conseil municipal de Nice, ce qui désorganisa fortement la fédération socialiste dont les scores s’effondrèrent aux cantonales d’octobre 1951. Au printemps 1952, il défendit des militants communistes qui avaient participés à des manifestations interdites. Le bruit courut alors qu’il ferait liste commune avec le PCF aux municipales de 1953. Il n’en fut rien.
Jacques Cotta se représenta aux législatives du 2 janvier 1956 à la tête d’une liste « républicaine et socialiste indépendante », liée au RGR. Ce fut sa dernière tentative. En 1960, il eut des ennuis judiciaires et abandonna la politique active.
Il s’était marié le 21 janvier 1931 à Nice avec l’avocate Hélène Louise Albertine Scoffier, le couple eut deux enfants, Alain Cotta, économiste, et Michèle Cotta, journaliste. Divorcé le 7 juillet 1954, il se remaria à Paris (XVIe arr.) le 13 octobre suivant.
Jacques Cotta a été décoré de la Croix de guerre et de la médaille de la Résistance.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20767, notice COTTA Jacques, Victor, Jean par Gilles Morin, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 7 avril 2021.

Par Gilles Morin

SOURCES : Arch. Nat.-CARAN, F/7/15527, n° 12134 ; F/1cII/108/A, F/1cII/111/A, F/1cII/114. — Bulletin intérieur de la SFIO, n° 35. — Jean-Louis Panicacci, Les pouvoirs en France à la Libération. — Profession de foi, législatives de 1956. — État civil. — Notes de Roland Andréani.

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