CAUDRON Jules.

Par Catherine Legein

Né à Jemappes le 21 octobre 1901. Ouvrier mineur, militant syndical socialiste, membre des Jeunes gardes socialistes, militant de l’Action socialiste révolutionnaire puis du Parti socialiste révolutionnaire.

Après la guerre de 1914-1918, Jules Caudron entre aux Jeunes gardes socialistes (JGS) de Jemappes. Il y lit L’Exploité. En 1923, marié et père d’un enfant, il effectue son service militaire au cours duquel il est condamné à vingt-huit jours de prison pour action antimilitariste. En 1924, il est dénoncé anonymement pour le meurtre de Sturbois (tué en fait par les balles des forces de l’ordre). Il fait alors dix-sept jours de détention préventive. Après quoi, les poursuites engagées contre lui dans cette affaire sont abandonnées.

En 1926, Jules Caudron est arrêté pour avoir distribué des tracts aux soldats sur la Grand’ Place de Mons. À cette époque, il est mineur de profession et délégué syndical. Après la grève de 1932 dans le Borinage, il ne trouve plus de travail en raison de l’agitation qu’il y a mené. En 1933, Caudron est toujours membre des JGS et chômeur. Suite à son activité politique, il est menacé d’être exclu du Parti ouvrier belge (POB).

Après dix-sept mois de chômage, Jules Caudron retourne travailler au charbonnage de l’Espérance à Quaregnon-Douvrain, qu’il doit quitter suite à une opération médicale. En 1935, il fait partie de l’Action socialiste et est employé par le POB (dans une « œuvre » de celui-ci). Il est de nouveau menacé d’exclusion du POB pour son activité militante mais, par la même occasion, menacé de perdre son emploi.

Par la suite, Jules Caudron rejoint l’Action socialiste révolutionnaire (ASR). Il est troisième sur la liste de l’ASR lors des élections législatives de 1936 pour la région du Borinage et est premier suppléant de cette liste : ces places en ordre utile indiquent qu’il occupe une place importante au sein de l’ASR ; cette dernière espérant un élu dans le Borinage.

Jules Caudron signe, avec d’autres, l’appel de l’ASR se solidarisant avec Walter Dauge* au moment où celui-ci est radié de la liste des candidats de la Fédération boraine du POB lors des élections législatives de 1936. Il est l’un des orateurs du meeting du 1er mai 1936 de l’ASR. Il est également orateur de meetings pour préparer la fondation du PSR : à La Bouverie le 23 août 1936, à Pâturages le 28 août et à Maisières le 4 septembre.

Jules Caudron est acquitté les 7 et 8 août 1936 par le tribunal de Mons (pr. Hainaut, arr. Mons) pour une accusation touchant la grève de juin 1936.

Pour avoir été candidat sur les listes de l’ASR, Jules Caudron est exclu du syndicat et de la mutuelle des mineurs de Jemappes entre le 24 mai et le 5 décembre 1936. Il rejoint le PSR et Membre du Comité fédéral du Borinage, il est un des signataires de deux tracts et d’une affiche, premiers documents publics du PSR.

Poursuivi pour avoir présidé un meeting du PSR, destiné à exposer et défendre les revendications des chômeurs, Jules Caudron est convoqué au tribunal de police de Mons le 22 mars 1938. Entretemps, il est arrêté avec Henri Discart, Victor Aucquier, Clément Delsaut, Flandroit, Vos et Julien Chamelot, à la suite du meeting du PSR du 29 mars 1938 à Jemappes. Une manifestation est organisée par Walter Dauge afin de les libérer ce qui est fait rapidement mais un procès-verbal est dressé.

Le 22 mars, Jules Caudron est finalement condamné à 70 francs d’amende ou trois jours de prison pour les faits liés aux événements du début du mois de mars. Le PSR estimant avoir assez payé d’amendes, il décide que ses militants feront dorénavant des jours de prison.
En accord avec le Comité fédéral borain du PSR, Jules Caudron annonce ne pas se rendre de lui-même à la prison, il forcera les forces de l’ordre à venir le chercher chez lui. Son billet d’écrou expire le 20 juillet 1938 à minuit. On vient le chercher le 8 août 1938. Caudron estime avoir droit au régime de prisonnier politique car il est emprisonné pour son activité politique. Ce régime lui est refusé. Il fait une grève de la faim durant ses trois jours de détention.

Pour les élections communales de 1938, Jules Caudron se présente au poll de sa section et obtient 212 voix sur 235 bulletins valables, soit une deuxième place sur la liste du PSR dans cette commune.

Un certain Caljus écrit régulièrement dans La lutte ouvrière. Il pourrait s’agir d’un pseudonyme utilisé par Jules Caudron.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article207755, notice CAUDRON Jules. par Catherine Legein, version mise en ligne le 24 octobre 2018, dernière modification le 5 janvier 2020.

Par Catherine Legein

SOURCES : La Lutte ouvrière, 5 décembre 1936 ; 9 juin 1937 ; 12 février 1938 ; 26 mars 1938 ; 2 avril 1938 ; 23 juillet 1938 ; 13 août 1938 ; 4 septembre 1938 – L’Action socialiste révolutionnaire, 23 mai 1936 ; 18 avril 1936 ; 16 mai 1936 ; 18 avril 1936 ; 2 mai 1936 ; 8 août 1936 ; 22 août 1936 ; 29 août 1936 ; 10 octobre 1936 – L’ouvrier mineur, octobre 1934, p. 4 – PUISSANT J., L’évolution du mouvement ouvrier socialiste dans le Borinage, Gembloux, rééd., 1993.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément