COUDRET Annick, Marie, Michelle

Par Michèle Rault

Née le 12 juillet 1931 à Versailles (Seine-et-Oise, Yvelines) ; membre à partir de 1954 de la Mission de France féminine, dénommée Équipes d’Ivry (à partir de 1966) ; successivement éducatrice, ouvrière en usine, employée à la cantine de Sud-Aviation et déléguée CGT, puis directrice d’un cours de secrétariat à Abidjan (Côte-d’Ivoire).

Fille d’un polytechnicien, général de brigade d’artillerie, dernière d’une famille de neuf enfants, Annick Coudret vécut son enfance à Versailles, Rouen (Seine-Inférieure, Seine-Maritime) puis Besançon (Doubs) au gré des nominations de son père. En 1940, avant l’arrivée des Allemands, elle quitta avec sa famille, Besançon pour Montréjeau (Haute-Garonne) puis Montauban (Tarn-et-Garonne) et enfin Vichy (Allier) où se trouvait son père. En 1942, au décès de sa mère, elle fut pensionnaire dans une école de Lyon (Rhône) puis vint vivre à Nice (Alpes-Maritimes) où elle suivit ses études secondaires. Après avoir obtenu le baccalauréat en 1949, elle suivit par correspondance les cours d’une école d’éducatrices tout en travaillant au foyer Montjoye, spécialisé dans l’enfance inadaptée, qui venait de s’ouvrir à Nice.

Appartenant à une famille catholique pratiquante et « ouverte sur le monde », guide de France à partir de 1943, jéciste, Annick Coudret ressentit très tôt la nécessité d’engager sa vie au « service de Dieu et des autres ». Elle pensa à avoir une vie contemplative comme deux de ses sœurs religieuses. Mais la lecture du livre des abbés Godin* et Daniel*, La France pays de mission ? le récit de la vie du dominicain Jacques Loew* travaillant comme docker à Marseille puis la rencontre du jésuite Jean Zupan l’amenèrent à orienter sa vie « dans un sens missionnaire ». Peu à peu, elle avait pris conscience de l’existence d’un monde étranger à l’église. En 1954, elle quitta donc son travail au foyer Montjoye et rejoignit la Mission de France féminine (MDFF) qui rassemblait des jeunes femmes cherchant à vivre leur foi en partageant les conditions de vie, de travail et d’engagement des ouvriers. Elle suivit la formation dispensée à Ivry-sur-Seine (Seine, Val-de-Marne) qui comprenait un stage en usine. Pendant quelques mois, elle fut ainsi OS à l’usine La Saponite de Charenton (Seine, Val-de-Marne) et vécut avec d’autres équipières dans une courée du XIIIe arrondissement de Paris.

En mai 1955, Annick Coudret revint s’établir à Nice (Alpes-Maritimes) avec le projet d’y former une équipe de la MDFF, projet qui n’aboutit pas. Elle trouva de l’embauche dans de petites entreprises puis travailla pendant un an dans une coopérative de pharmacie. À la fin de l’année 1956, elle partit constituer une équipe MDFF à Toulouse (Haute-Garonne) où s’étaient établis des prêtres de la Mission de France. Elle commença par vivre dans une cabane de jardin puis dans une chambre et enfin avec deux équipières (Angèle Fior et Étiennette Bouard) dans un logement plus grand où se rencontraient « des gens très divers, des chrétiens, des communistes, des gens pauvres, d’autres plus aisés ». Annick Coudret fut embauchée dans une teinturerie puis, en juin 1958, entra à Sud-Aviation. Elle travailla à la plonge de la cantine d’entreprise gérée par les syndicats et fit l’expérience de l’action militante. En 1961, adhérente à la CGT, elle fut élue déléguée du personnel. Elle participait aussi aux réunions que l’ACO organisait pour les salariés de Sud-Aviation.

En 1962, avec les équipes féminines, Annick Coudret commença à réfléchir au projet de partir dans le Tiers-monde et de former une équipe en Afrique. Elle était influencée par l’encyclique Fidei donum, le don de la foi, publiée en 1957 et par la lecture du livre du Sénégalais Cheik Hamidou Kane, L’aventure ambiguë. Après avoir pensé au Mali ou au Sénégal, ce fut en Côte d’Ivoire qu’elle s’établit en octobre 1964 (avec Andrée Soulard puis Anne Chabannet à partir de mars 1965). Elle emménagea dans le quartier de Marcory d’Abidjan où se trouvait une équipe de prêtres de la Mission de France. Constatant la difficulté pour les Africains de trouver un emploi, elle abandonna l’idée de travailler en usine et créa un cours de secrétariat dont elle fut un des professeurs et la responsable. Elle dispensait des cours d’alphabétisation, de culture générale et de français aux femmes du quartier. Elle mit sur pied un comité de femmes afin d’adapter ce cours aux jeunes Africaines. Parallèlement, elle donnait des cours de catéchèse.

Annick Coudret, en retraite professionnelle en 1992, suivit l’année suivante la formation dispensée par l’Institut catholique de l’Afrique de l’Ouest.

En 2002, elle revint vivre en France, au sein de l’équipe de La Seyne-sur-Mer (Var) dans une cité HLM où elle fit de l’alphabétisation et prit part à la vie paroissiale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20818, notice COUDRET Annick, Marie, Michelle par Michèle Rault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 19 janvier 2010.

Par Michèle Rault

SOURCES : Arch. des Équipes d’Ivry, ANMT, Roubaix. — Témoignage d’Annick Coudret, 1997, 2007.

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