GROS Jean-Marie

Par André Balent

Né le 18 mai 1923 au Mas d’Azil (Ariège), mort le 17 novembre 1943 à Camarade (Ariège) ; cultivateur au hameau de Lavielle, commune de Camarade ; victime civile

Jean-Marie Gros (1923-1943)
Jean-Marie Gros (1923-1943)
Cliché : Archives départementales de l’Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla

Jean-Marie Gros vivait au hameau de Lavielle, dans la commune de Camarade. Son père, Barthélemy, né à Camarade le 16 juillet 1886, possédait une exploitation agricole sur laquelle travaillait son fils. Il tenait aussi une auberge, débit de boissons et exerçait également la profession de cordonnier. Alberto Fajardo Luís, un républicain espagnol, réfugié de la Retirada (février 1939) était employé par la famille comme valet de ferme. Sympathisant de la résistance et des maquisards (FTPF) cantonnés à Camarade dans la ferme abandonnée de Ponce, Barthélémy fut certainement trop naïf et bavard, compromettant la sécurité de maquisards eux aussi imprudents.

La veille du 17 novembre 1943, deux faux réfractaires vinrent à Camarade où ils demandèrent qu’on leur indiquât la localisation du maquis. Il s’agissait en fait d’un Allemand de la Sipo-SD et d’un Français de Saint-Girons (Ariège) membre des groupes d’action collaborationnistes « Justice sociale « et du PPF (Parti populaire français).

Le 17 novembre 1943, à quatre heures du matin, des Allemands occupèrent Camarade. Au hameau de Lavielle, ils arrêtèrent Camille Gros .Ils s’emparèrent de son fils Jean-Marie Gros et de son valet de ferme le jeune réfugié républicain espagnol Alberto Fajardo. Accompagnés de ces deux otages, ils investirent la ferme de Ponce. Ils y arrivèrent sans encombre car la sentinelle, Michel Grankowski qui s’était endormi sous ses couvertures, sur lesquelles étaient tombés 5 cm de neige pendant la nuit. Ce dernier, seul témoin survivant de la scène put réchapper du massacre qui allait suivre. Deux soldats entrèrent dans la grange, mitraillette au poing et tirèrent aussitôt . Le corps de Moïse Sigler fut le seul qui ne fut brûlé que sur le dos dans l’incendie qui suivit, provoqué par des tirs d’armes automatiques et surtout de grandes incendiaires qui enflammèrent rapidement la paille et les réserves de bois entreposées dans l’édifice. Les autres cadavres, entièrement consumés, se trouvaient au nombre de six dont cinq furent identifiés. André Chaubet, Alberto Fajardo Luís, Jean Géraud, Jean-Marie Gros, Roger Thévenin. Le sixième celui d’un inconnu fut confirmé par Gaston Escaich, secrétaire de mairie de Camarade qui procéda à l’inhumation des cadavres dans le cimetière communal du hameau de Lavielle, lieu où ils reposent toujours.

Jean-Marie Gros fut déclaré « mort pour la France ». Son père, Barthélemy Gros, arrêté par les Allemands pour complicité avec la Résistance fut déporté à Buchenwald d’où il revint très diminué. Il mourut 9 septembre 1948.

Son nom figure sur une stèle commémorant le souvenir des trois morts, de 1939 à 1945, originaires de Camarade (les deux autres furent tués pendant la bataille de France en mai-juin 1940). Une stèle a été érigée et une plaque apposée afin de perpétuer le massacre du 17 novembre 1943. Six noms y furent gravés. La victime inconnue n’y est pas mentionnée. Chaque année, une cérémonie est célébrée en mémoire des FTPF et des civils morts à Camarade.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article208194, notice GROS Jean-Marie par André Balent, version mise en ligne le 1er novembre 2018, dernière modification le 4 juillet 2019.

Par André Balent

Jean-Marie Gros (1923-1943)
Jean-Marie Gros (1923-1943)
Cliché : Archives départementales de l’Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla

SOURCES : Arch. dép. Ariège, 64 J 23, fonds Claude Delpla, dossier Sigler Moïse et fiches issues diverses. — Site camarade.arize-lèze.fr consulté le 29 octobre 2018. — Site histariège, consulté le 30 octobre 2018. — Site MemorialGenWeb consulté le 29 octobre 2018. — Le Petit journal, édition de l’Ariège, hebdomadaire, 15 novembre 2017.

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