COUIC Alfred

Par René Crozet, Jacques Girault, André Robert

Né le 11 janvier 1911 à Ploaré (Finistère), mort le 15 novembre 1986 à Pont-l’Abbé (Finistère) ; instituteur ; syndicaliste et militant mutualiste du Finistère, membre de la commission administrative nationale de la FEN (1952-1955 et 1961-1962).

Fils d’une ménagère devenue ouvrière d’usine de conserve puis brodeuse, très croyante, et d’un soudeur dans une usine de conserves devenu tourneur sur bois à la suite de la mise en service de machines à souder et d’une, Alfred Couic reçut une éducation catholique. Élève de l’école primaire supérieure de Douarnenez, il entra à l’École normale d’instituteurs de Quimper en 1928. Il participa à la création d’un groupe de l’Union générale des étudiants pour l’enseignement affilié à l’Union fédérale des étudiants fortement influencée par le Parti communiste, l’Internationale des travailleurs de l’Enseignement et le syndicat de la Fédération unitaire de l’enseignement. Ce groupe dirigea la protestation des élèves contre les sanctions prises contre les élèves s’opposant à la préparation militaire. Major de sa promotion, il prit une part active dans la grève des cours lors de « l’affaire des Normaliens de Quimper ». Avec ses camarades et avec la direction de la section départementale du Syndicat, il s’opposait à la politisation de la grève que préconisaient l’ITE et son représentant Georges Cogniot. Il fut exclu avec cinq autres élèves en juin 1929. Au congrès de la FUE, à Besançon en 1929 où il était auditeur, témoins des affrontements internes, il intervint pour défendre le syndicat du Finistère accusé par Cogniot de trahison.
Dès octobre 1930, réemployé grâce à l’action des syndicats d’instituteurs, titulaire de la seule première partie du brevet supérieur, Couic devint instituteur intérimaire à Plogoff. Il obtint en 1931 le Certificat d’aptitude pédagogique et fut nommé instituteur stagiaire à Plogonnec puis à Plonéour-Lanvern (Créach-Ru). Il employait certaines techniques pédagogiques de l’École moderne (Freinet) et adhéra au mouvement dans les années 1950. Bien qu’ayant rompu avec la religion depuis son entrée à l’École normale, il épousa religieusement une institutrice, militante syndicaliste, Angèle, Euphrasie Dilosquer en août 1933 à Loctudy (Finistère). Leurs deux enfants ne reçurent aucun sacrement.
Mobilisé en 1939, Alfred Couic, fait prisonnier en mai 1940, revint en France en mai 1945. Nommé instituteur à Tréméoc puis, dix ans plus tard, à Pont-l’Abbé, il y resta jusqu’à sa retraite en 1966.
Membre du syndicat de la FUE depuis 1929, délégué du canton de Douarnenez en 1931, hostile aux Groupes de jeunes (comme le syndicat du Finistère), Couic participa activement à la fusion en 1932 des deux sections syndicales CGTU et CGT en 1932. Membre du nouveau conseil syndical du Syndicat de l’enseignement laïque en octobre 1933, du bureau en 1935, secrétaire corporatif en 1935, secrétaire de la commission des jeunes, il devint le secrétaire de la section départementale du Syndicat national des instituteurs en octobre 1937 et le demeura jusqu’en septembre 1939. Il participa à toutes les actions laïques et syndicales de la période, notamment à la grève du 30 novembre 1938, particulièrement importante chez les instituteurs du département. Électeur socialiste ou radical-socialiste, membre des « Amis de Syndicats », il en partageait pleinement l’aspiration à l’indépendance du syndicalisme visant les militants communistes. Partisan de la lutte pour la paix, il affirma son accord avec les orientations de la direction du SNI à partir de 1938. Il siégea en tant que secrétaire syndical au comité consultatif. Il participa au bureau départemental de la Fédération générale de l’enseignement (1938-1939).
Élu au conseil syndical de la section départementale du SNI en 1950, secrétaire général de janvier 1952 à l’été 1956, Couic retrouva ce poste de 1959 à 1962. Lors de la réunion du conseil national du SNI, le 19 mars 1951, il intervint sur la question de la nationalisation de l’enseignement. Selon lui, il fallait éviter que l’Église obtienne la nationalisation pluraliste et il fallait revendiquer l’intégration scolaire. Il fut candidat candidat au bureau national du SNI sur la liste « autonome », le 10 décembre 1961. Il quitta le conseil syndical en 1966 lors de sa retraite. Il représenta ses collègues au conseil départemental de l’Enseignement primaire, à la commission administrative paritaire départementale, au comité technique paritaire, à la commission de réforme, à celle des constructions scolaires, au comité académique Dans la section départementale de la Fédération de l’éducation nationale, membre du bureau (1951-1966), secrétaire général (1962-1963), il accéda à des responsabilités nationales : membre de la commission administrative (suppléant 1952-1955, titulaire 1961-1962) pour le courant « autonome », il participa à sa commission laïque à partir de 1953. Il avait pris part à de nombreuses réunions nationales, notamment aux congrès successifs du SNI et de la FEN.
Couic représenta le SNI au Comité départemental d’action laïque et anima le comité de coordination des organisations laïques du Finistère. La lutte contre la loi Debré fut menée sous son impulsion dans le département. Vice-président de la Fédération des œuvres laïques du Finistère de 1962 à 1965, militant actif de la Fédération des conseils de parents d’élèves, il assura la rédaction du journal La Famille et l’École du Finistère.
Couic fut aussi un militant mutualiste. Dès la création de la section départementale de la Mutuelle générale de l’éducation nationale en 1947, il fut élu à la commission administrative départementale en 1953. Il en devint le vice-président en 1956 puis le président de 1961 à 1977. Il quitta la commission administrative en 1979.
Couic devint administrateur national de la MGEN en 1965 et le resta jusqu’en 1975, participant aux commissions suivantes : Orphelinat, sections départementales, statuts. Grâce à son action, fut acheté le domaine de Riec-sur-Belon.
Couic fut aussi administrateur de l’Union mutualiste du Finistère, trésorier départemental de l’association départementale de la Mutuelle assurances automobiles des instituteurs de France, future MAIF, de 1945 à 1950. Délégué départemental de l’Éducation Nationale de 1966 à 1982, administrateur de l’Union départementale des délégués cantonaux de l’Éducation nationale à partir de 1967, il fut le secrétaire départemental de la Fédération générale des retraités.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20837, notice COUIC Alfred par René Crozet, Jacques Girault, André Robert, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 25 octobre 2008.

Par René Crozet, Jacques Girault, André Robert

SOURCES : Arch. Nat., F7/13749. — Arch. FEN (L. Frajerman). — Documentation MGEN. — Presse syndicale. — Notice DBMOF, par G.-M. Thomas. — Renseignements fournis par l’intéressé. — Notes de Loïc Le Bars.

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