GUILLEMAIN Eugène, Lucien, Gustave, dit « Gégène »

Par Robert Mencherini

Né le 15 mai 1923 à Aubervilliers (Seine, Seine Saint-Denis), tué au combat le 21 avril 1945, à Sospel (Alpes-Maritimes) ; garçon boucher ; résistant FTP.

Eugène Guillemain était le fils de Eugène Paul Ernest Guillemain et de son épouse Émilie Joséphine, née Henneguelle. Il se maria, le 8 février 1941, avec Adrienne Jeanne Autran, à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), où il exerçait le métier de garçon boucher.
En 1944, intégré dans le groupe FTPF d’Aix, il participa, dans la nuit du 5 au 6 juillet, à l’équipe chargée de saboter le pont ferroviaire de la ligne des Alpes, au lieu-dit Pont d’Anthoine. Les charges explosives posées sur les rails à 21 heures, n’explosèrent pas, comme prévu, vers 3 heures du matin. A 6 heures, Eugène Guillemain tenta de les désamorcer pour éviter que les ouvrières qui se rendaient au travail dans les usines proches ne soient blessées. Mais il fut lui-même grièvement brûlé par l’explosion d’une charge : les crayons détonateurs, d’origine britannique, étaient de neuf heures et non de six, ce qu’ignoraient les résistants : aucun d‘entre eux n’avait pu déchiffrer les notices rédigées en anglais. La voie ferrée fut endommagée, mais le trafic reprit dans la journée.
Eugène Guillemain – que la gendarmerie considéra d’abord comme un simple passant - fut transporté à l’hôpital d’Aix et mis sous surveillance policière dans la salle dite « des consignes ». Quelques jours plus tard, un commando FTP investit l’établissement et le fit évader. Caché dans une villa d’Aix, Eugène Guillemain fut pris en charge et soigné par le service médical clandestin. Rétabli, il participa aux combats de la Libération à Aix et à Notre-Dame-Limite à Marseille (Bouches-du-Rhône) et s’engagea ensuite dans l’armée de Libération. Affecté sur le front d’Italie, il fut frappé mortellement par une balle allemande en avril 1945.
Mort à Sospel, Eugène Guillemain fut inhumé, quelques mois plus tard, en novembre 1945, dans le cimetière d’Aix-en-Provence. Ses obsèques donnèrent lieu à une importante cérémonie, en présence de toutes les autorités et des organisations de Résistance. Un discours fut prononcé sur sa tombe par le responsable FTPF Jacques Amar et par le sous-préfet d’Aix-en-Provence. Le nom d’Eugène Guillemain fut porté sur la plaque commémorative « la ville d’Aix-en-Provence à ses morts et déportés de la Résistance », place des Martyrs de la Résistance et sur le monument « Aux héros de la Résistance. Aux morts de la Libération » érigé cimetière Saint-Pierre. Les anciens FTPF entretinrent sa mémoire et donnèrent son nom à un centre de vacances destiné aux enfants de victimes de la Résistance ouvert, en juillet 1945, à Saint-Antonin-sur-Bayon (Bouches-du-Rhône). En 1985, une plaque fut posée au pont d’Anthoine, « À la mémoire de deux combattants du rail, Louis Dudé*, membre de l’armée secrète, 1917-1944, Eugène Guillemain, officier FTP, 1923-1945. La ville d’Aix reconnaissante ».

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article208543, notice GUILLEMAIN Eugène, Lucien, Gustave, dit « Gégène » par Robert Mencherini, version mise en ligne le 9 novembre 2018, dernière modification le 9 novembre 2018.

Par Robert Mencherini

SOURCES : Arch. mun. Aix-en-Provence, 6H61, 6H74. — Arch. dep. des Bouches-du-Rhône, 76W130, rapport du commandant de la section de gendarmerie d’Aix, 7 juillet 1944. — Arch. ANACR Aix-en-Provence. — Rouge-Midi , 17 juillet 1945. — La Provence libérée , 17 novembre 1945. — Jean-Maurice Claverie, La Résistance, notre combat, Histoire des FTPF du pays d’Aix , Beaurecueil, Ed. Au seuil de la vie, 1991. — Jean-Claude Pouzet, La Résistance mosaïque , Marseille, Jeanne Laffitte, 1990. — Robert Mencherini, Résistance et Occupation, 1940-1944, Midi rouge, Ombres et lumières. Histoire politique et sociale de Marseille et des Bouches-du-Rhône, 1930 - 1950 , tome 3, Paris, Syllepse, 2011. — État civil.

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