CAZAMIAN Jeanne, Elisabeth

Par Alain Dalançon

Née le 25 janvier 1915 à Lyon (VIe arr.), morte le 9 mai 2009 à Paris (XIVe arr.) ; professeure agrégée de sciences physiques ; militante féministe et pédagogique, militante du SNES, membre de la CAPN.

Jeanne Cazamian
Jeanne Cazamian
Réunion familiale à St-Haon-le-Chatel à la fin des années 1920. Debout au centre entre son grand-père maternel et sa mère (assise à gauche) ; son père debout au fond, derrière sa jeune soeur à gauche de la photo.

Jeanne Cazamian était l’aîné des deux filles de Louis François Cazamian (1877-1965) et de Madeleine Clédat (1884-1979), mariés en 1908, qui firent de nombreux séjours au États-Unis et devinrent tous deux professeurs d’anglais à la Sorbonne. Elle avait une demi-sœur, Françoise, née d’un premier mariage de son père devenu veuf en 1904. Ce dernier, ancien normalien de la rue d’Ulm, qui avait soutenu sa thèse en 1903 sur Le roman social en Angleterre, devint titulaire de la chaire de littérature et civilisation anglaise de 1925 à 1945. Dreyfusard, puis ancien combattant de la Grande Guerre, il écrivit de nombreux ouvrages et fut signataire de la pétition des intellectuels républicains en faveur des républicains espagnols en décembre 1936. Mais son extrême pacifisme pendant la Seconde Guerre mondiale le rendit suspect à la Libération : il fut suspendu en 1944 et mis à la retraite d’office en 1945, mesure qui fut rapportée en 1955. Sa mère, Madeleine Cazamian, fille de de Léon Clédat, professeur à la Faculté des lettres de Lyon, spécialiste de littérature anglaise du 19e siècle, auteur en 1923 de Le Roman et les idées en Angleterre. L’Influence de la science 1860-1890, était une militante féministe, présidente de l’AFFDU (Association française des femmes diplômées de l’Université) et organisa, avec sa collègue madame Puech, un réseau d’aide aux réfugiés durant la guerre.

Jeanne Cazamian, étudiante à Bordeaux, fut reçue au concours de l’agrégation de sciences physiques en 1941 (8e/9), après sa demi-sœur aînée, Françoise Cazamian-Burgelin, reçue major à l’agrégation des lettres en 1930 et sa sœur cadette, Marguerite, reçue également major à la même agrégation en 1940.

Après avoir enseigné à Tours, elle exerça comme professeure agrégée au lycée d’Enghien puis au lycée Victor Duruy à Paris à partir des années 1950. Suivant la voie ouverte par sa mère, à la demande de l’AAUW (American Association of University of Women), elle effectua de nombreux voyages aux Etats-Unis pour étudier le système éducatif américain, en particulier l’enseignement des sciences. En 1946-1947, elle fit un séjour comme Foreign Tuition Scholar au Bryn Mawr College (Pennsylvanie) réservée aux femmes, puis à l’Université de Chicago, au Mills College, visita de nombreuses écoles et prépara une étude d’évaluation de l’enseignement des sciences aux E-U pour le compte du ministère de l’Éducation nationale. Elle estimait que le système éducatif français pourrait s’en inspirer, notamment la modernité des programmes, leur mise en rapport avec leur utilité concrète, permettant de susciter l’intérêt des élèves, en développant leur sens de l’initiative mais aussi l’encouragement à l’effort individuel et à la générosité sociale. Ce sont en tout cas les principes qu’elle mit en application dans son propre enseignement.

Membre du Syndicat national de l’enseignement secondaire, elle était élue titulaire à la commission paritaire nationale des agrégés de 1958 à 1965.

Elle fut inhumée à Saint-Haon-le-Châtel (Loire) où se situait une demeure familiale.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article208777, notice CAZAMIAN Jeanne, Elisabeth par Alain Dalançon, version mise en ligne le 11 novembre 2018, dernière modification le 6 août 2021.

Par Alain Dalançon

Jeanne Cazamian
Jeanne Cazamian
Réunion familiale à St-Haon-le-Chatel à la fin des années 1920. Debout au centre entre son grand-père maternel et sa mère (assise à gauche) ; son père debout au fond, derrière sa jeune soeur à gauche de la photo.

SOURCES : Arch. Nat., F17bis 35826/ 19840183/90. — Arch. IRHSES (CAP). — Renseignements fournis par la mairie de Saint-Haon-le-Chatel. — Les professeurs de la faculté des lettres de Paris. Dictionnaire biographique 1909-1939, publication de l’INRP, 1986, 2-2, p. 51-53. — Sylvie Chaperon, Le creux de la vague. Mouvements féminins et féministes 1945-1970, thèse, Institut universitaire européen, 1996. — Ruth W. Tryon, Investment in Creative Scholarship A History of the Fellowship Program of the American Association of University of Women 1890-1956, AAUW, 1957.

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