BONNARD Paul [pseudonyme dans la résistance : Tino]

Par Eric Panthou

Né le 3 novembre 1925 à Paris (XIVe arr.), exécuté sommairement le 20 juin 1944 à Luzillat (Puy-de-Dôme) ; résistant au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP) de la Loire.

Paul Bonnard est le fils de Renée Louise Bonnard. Il fut pupille de l’assistance publique. On ignore où il habitait sous l’Occupation. Il rejoignit la Résistance à une date inconnue.
Le maquis roannais FTP Paul Vaillant-Couturier venant du col de la Loge, s’était installé sur les contreforts ouest des Monts du Forez, sur la commune du Brugeron (Puy-de-Dôme).
Selon un rapport des services de renseignements de la Résistance, rédigés immédiatement après les faits, leur mort est consécutive à une expédition initiée par l’adjudant Bellus, commandant de la brigade de gendarmerie de Courpière (Puy-de-Dôme), à la recherche de réfractaires dans le secteur de Vollore-Ville. Le lieutenant Gramond, commandant de la section de Thiers a donc décidé l’opération le 22 janvier 1944 au matin, accompagné de 5 gendarmes ainsi que Bellus avec 3 de ses hommes. Ils firent une perquisition à Vollore-Ville qui ne donna rien. Bellus souhaita faire une seconde expédition dans une ferme isolée entre Le Brugeron et la Renaudie, accompagné du lieutenant et de ses 3 hommes, les gendarmes de Thiers ayant eu l’ordre de rentrer. Là, les gendarmes découvrirent d’importants stocks de cigarettes ainsi que de l’essence. Les deux gradés décidèrent de rentrer, ordonnant aux gendarmes de rester sur place en attendant un véhicule pour ramener leur prise. En repartant, les deux gradés rencontrèrent des réfractaires qui comprenant que leur cachette avaient été découverte tirèrent en l’air pour effrayer les gendarmes. Quelques centaines de mètres plus loin, les gradés trouvèrent une soixantaine de GMR de la Loire et leur dirent que des terroristes avaient tiré sur eux. Aussitôt les GMR se mirent en batterie et abattirent plusieurs réfractaires. Trois furent tués sur le coup et deux furent blessés. Le rapport affirme que ces deux hommes moururent de leurs blessures. Paul Bonnard->209087] fut emprisonné et exécuté sommairement plusieurs mois après. Le second blessé était un espagnol connu sous le nom de José. Selon l’enquête pour crimes de guerre, il fut déporté ensuite et on ignore son sort. Son nom ne figure pas sur la stèle en mémoire de ces événements au Brugeron.
Le commandant de la section de gendarmerie d’Ambert a fait conduire les blessés à l’hôpital de cette commune avant de les extraire pour les amener le 24 janvier à celui de Clermont-Ferrand. Le rapport se conclut en préconisant la neutralisation immédiate de l’adjudant Bellus qui avait agi par ambition.
Les victimes Gauthier Hermann, Jacques Pichot, Marcel Imms et Paul Bonnard.

Paul Bonnard fut emmené par les Gendarmes à l’Hôpital de Thiers (Puy-de-Dôme). Là après quelques jours, des hommes du SD, accompagnés de Miliciens emmènent Paul Bonnard à Vichy (Allier). Pour une raison inconnue, il fut retrouvé au bord de la route, à la sortie du village de Luzillat (Puy-de-Dôme), en direction de Maringues, au lieu-dit La Pointe, le 21 juin 1944. Certains parlent d’une évasion manquée de sa part. D’autres évoquent une exécution sommaire.

Dans un premier temps son identité ne fut pas établie, il est inscrit "inconnu, décédé le 20 juin 1944 sous le n° 17 du registre des décès. Par jugement du tribunal il fut identifié en 1948, et déclaré "Mort pour la France" en date du 2 juillet 1948.
Une stèle fut érigée sur le lieu même par la commune de Luzillat. Son nom figure également sur la stèle commémorative au Brugeron.
Il a été déclaré Mort pour la France.
Il n’a pas de dossier aux AVCC ni au SHD Vincennes.

Plusieurs versions existent sur l’origine de cette attaque. Dune part, celle du maquis FTP Vaillant-Couturier qui a toujours considéré avoir été la cible préméditée de l’attaque des GMR, et d’autre part, une version considérant que l’attaque était due aux recherches menées par différentes brigades de gendarmerie épaulées de miliciens et de nombreux GMR pour localiser un groupe de réfractaires qui dérobaient de l’équipement pour leur maquis (notamment sur le Chantier de la Jeunesse de Courpière).

Ce secteur du Brugeron/Renaudie/Chambonie rassemblait plusieurs maquis situés très proches les uns des autres. Si les résistants décédés lors de l’attaque semblent appartenir au maquis Vaillant-Couturier, il existe des éléments dans les archives de maquisards MUR évoquant également cette attaque des GMR : il semble qu’après l’attaque meurtrière aux Fanges, les GMR aient continué à ratisser le secteur et qu’ils aient mis en fuite d’autres maquis

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209087, notice BONNARD Paul [pseudonyme dans la résistance : Tino] par Eric Panthou, version mise en ligne le 24 novembre 2018, dernière modification le 27 novembre 2021.

Par Eric Panthou

SOURCES : ANACR de la Loire, Mémorial de la Résistance de la Loire, 1992. — Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 198. crimes de guerre au Brugeron .— MémorialGenweb . — http://maquisardsdefrance.jeun.fr/t6435-vollore-montagne-et-le-brugeron-63. — Rapport des services de renseignements de la Résistance sur les morts du Brugeron le 22 janvier 1944, 2 pages manuscrites (Archives ANACR 63). — Mail d’Augustin Jouve, le 18 août 2021 . — Source consultée en vain : Mémoire des Hommes.

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