MANEVAL Léon, Jules

Par L. Maneval, C. Maillebouis

Né le 14 janvier 1923 à Araules (Haute-Loire), mort le 23 juin 2019 à Saint-Genest-Malifaux (Loire) ; instituteur ; militant engagé pour la diffusion des connaissances techniques, économiques et sociales nécessaires aux agriculteurs.

Léon Maleval naquit dans un petit village de moyenne montagne, sur le plateau volcanique du mont Mézenc, à une trentaine de kilomètres à l’est du Puy-en-Velay, canton d’Yssingeaux. Il était le deuxième d’une fratrie de quatre enfants dont le père avait repris la boulangerie du grand-père à son retour des Dardanelles en 1919. Léon Maneval fréquenta l’école publique de son village jusqu’en 1935, où il obtint le certificat d’études primaires élémentaires. Il suivit ensuite le cours complémentaire public d’Yssingeaux qui l’amena au brevet élémentaire en 1939, puis l’année suivante, au concours d’entrée à l’Ecole normale du Puy-en-Velay. Le gouvernement de Vichy ayant supprimé les écoles normales, Léon Maneval poursuivit ses études au lycée Charles et Adrien Dupuy où il obtint le baccalauréat en 1943. Durant l’année scolaire suivante, il fit deux stages de formation : le premier dans les écoles publiques de Chassagnes et d’Yssingeaux, le second à l’École d’agriculture de Brioude.

Nommé instituteur en 1944, sa carrière professionnelle se déroula à l’est du département, principalement autour de la zone protestante du Mazet-Saint-Voy dont sa famille paternelle était originaire : Saint-Pal-en-Chalençon, Freycenet-la-Cuche, Les Vastres, Saint-Jeures, Queyrières puis instituteur itinérant agricole au Chambon-sur-Lignon de 1957 à 1975, avant de devenir instituteur adjoint à l’école publique du Chambon-sur-Lignon jusqu’en 1979.

En poste à Queyrières, il exerce les fonctions de secrétaire de mairie, et commença à s’intéresser à la formation du monde agricole. Il fut alors amené à créer un cours post scolaire agricole (CPSA) pour renforcer l’instruction des adolescents paysans de la commune. Mais c’est vraiment en 1957, avec sa nomination en tant qu’instituteur itinérant agricole, qu’il s’immergea totalement dans ce milieu. Chargé de l’enseignement de jeunes ruraux âgés de 14 à 18 ans qui se destinaient pour la plupart à la reprise de l’exploitation familiale, il exerça en alternance sur quatre communes limitrophes (Le Chambon-sur-Lignon, Le Mazet-Saint-Voy, Freycenet à Saint-Jeures et Tence) auprès d’une population très défavorisée. Pour étendre son action et atteindre les aînés, il créa en 1959 un « Centre d’information et de vulgarisation agricoles et ménagers » (CIVAM). Le but de cette association loi 1901, apolitique, était la diffusion des connaissances techniques, économiques et sociales nécessaires aux agriculteurs pour améliorer leur productivité et donc leur niveau de vie. Son objectif ultime était l’émancipation civique, intellectuelle et sociale de l’ensemble de la population agricole de sa zone d’influence. L’aire d’action du CIVAM fut d’abord limitée aux deux communes du Chambon-sur-Lignon et du Mazet-Saint-Voy. Par la suite son implantation s’étendit rapidement aux communes voisines et coïncida avec ce qui est convenu d’appeler « le Plateau protestant » autour du Mazet-Saint-Voy. Léon Maneval assura pendant 35 années son fonctionnement en liaison avec les membres du bureau (dont Lévy Jouve, agriculteur au Cher, Chambon-sur-Lignon, président du CIVAM depuis sa création jusqu’à sa retraite en 1981), en organisant des réunions d’information, des stages de formation, des voyages d’études, des champs d’expérimentations végétales, l’achat en commun de matériels agricoles, etc. Le nombre d’adhérents cotisants s’éleva régulièrement et culmina à 180 à la fin des années soixante. Ce CIVAM fut alors la plus grosse structure au sein de l’union départementale 43 des CIVAM dont l’animateur était depuis l’origine Raymond Déchiron. Ce dynamisme exemplaire amena même la création d’une section féminine entre 1960 et 1980.

Cette forte implication dans le monde agricole entraîna Léon Maneval à assurer divers postes de responsabilité dans des structures locales touchant de près ce milieu. Il fut commissaire aux comptes de la Coopérative d’achat et d’approvisionnement du Chambon-sur-Lignon, secrétaire de la Caisse locale d’Assurances mutuelles agricoles du Mazet-Saint-Voy, administrateur à la Caisse locale du Crédit agricole de Tence, et à la Maison de retraite des Genêts du Chambon-sur-Lignon.

Arrivé à l’âge de la retraite, Léon Maneval poursuivit son travail d’enseignant en écrivant quelques articles dans le journal communal du Mazet-Saint-Voy et surtout en rédigeant deux ouvrages qui, par leurs richesses, trouvèrent localement un fort succès lors de leurs parutions.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209093, notice MANEVAL Léon, Jules par L. Maneval, C. Maillebouis, version mise en ligne le 25 novembre 2018, dernière modification le 29 avril 2021.

Par L. Maneval, C. Maillebouis

Léon Maneval, La vie des paysans avant 1940 sur le Plateau protestant de la Haute-Loire, 1992, SHM, Chambon-sur-Lignon.
Léon Maneva,Les métiers et les occupations d’autrefois en Velay oriental, 1996, SHM, Chambon-sur-Lignon.

Sources familiales.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément