DECHOMETS Samuel

Par J. Richard, C. Maillebouis

Né le 11 février 1886 au Bouchet, commune de Saint-Jeures (Haute-Loire), mort le 28 mars 1938 à Yssingeaux (Haute-Loire), membre de la communauté protestante darbyste, élu municipal, secrétaire d’une coopérative agricole.

Samuel Sylvain Dechomets est le plus jeune d’une famille de quatre enfants (trois sœurs). Ses parents Pierre Louis Dechomets, né en 1840, et Marie-Thérèse Ruel, née en 1842, sont agriculteurs au Bouchet.
Samuel Dechomets épouse le 24 novembre 1911 Marie-Zoé Maisonny née le 9 janvier 1883 au Fort. Ils eurent cinq enfants, deux décédant prématurément, deux devenant instituteurs et un dernier devenant employé SNCF.
Après son mariage, Samuel Dechomets s’installe à Béziers avec son beau-frère Elie Vayssette et vivent de la fabrication de glacières en bois. En 1914, devant partir au front, il ramène sa femme et ses deux filles (Alice et Lydie) sur la terre de ses ancêtres, chez un de ses oncles (Ruel) au Sapet sur la commune du Mazet-Saint-Voy à l’est du département de la Haute-Loire. A son retour des tranchées en 1919, il reprend une ferme au Bouchet, avant de s’établir définitivement au Sapet dans la ferme léguée par son oncle.
Samuel Dechomet était un homme très croyant et appartenait à une communauté protestante dénommée darbyste du nom d’un prédicateur anglais du XIXème siècle à l’origine de cette mouvance. La région du Mazet-Saint-Voy fut, et est toujours, un haut lieu original du darbysme français. D’ascendance très modeste, Samuel Dechomet n’a pas fait d’études particulières et est resté au niveau du certificat d’études. Cependant c’était un homme curieux, autodidacte, qui s’informait par de nombreuses lectures comme il est de tradition dans les milieux réformés. D’ailleurs, il a développé ce goût de l’écrit dans de nombreux poèmes que sa famille a gardés jusqu’aujourd’hui. Initiée lors de son séjour à Béziers, sa poétique prend toute sa dimension pendant la guerre de 14-18. L’absurdité de cette guerre et la croyance en son Dieu étaient les principaux moteurs de son inspiration. Ces écrits versifiés étaient alors envoyés à sa famille. Plus tard, certains de ces poèmes paraîtront dans des revues chrétiennes, en particulier dans le journal protestant « Rappel ».
Trivialement, les darbystes ont mauvaises réputations : sectaires, peu enclin à la vie publique, fermés au progrès, hermétiques à la politique, etc. L’existence même de Samuel Dechomets prouve combien cela est un raccourci absurde. Il était considéré comme un homme de gauche par la plupart de ses concitoyens et fut même élu conseiller municipal à la mairie du Mazet-Saint-Voy en 1935. Charitable, Samuel Dechomets était extrêmement soucieux du bien-être de ses voisins. Cela l’amena à travailler intensément avec un voisin « mécréant », Charles Barriol, à la constitution d’une innovante coopérative laitière villageoise qui avait pour vocation de fédérer tous les agriculteurs du Mazet-Saint-Voy et d’accroître leurs revenus. Il en fut le secrétaire et le vice-président dès sa création en 1931 jusqu’à sa mort accidentelle en 1938 survenue au retour d’une réunion de travail à Yssingeaux.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209096, notice DECHOMETS Samuel par J. Richard, C. Maillebouis, version mise en ligne le 25 novembre 2018, dernière modification le 25 novembre 2018.

Par J. Richard, C. Maillebouis

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