KLUS Karol [pseudonyme dans la Résistance : Polak]

Par Jean-Sébastien Chorin

Né le 16 avril 1924 à Cieszyn (Pologne), de nationalité polonaise, mort au combat le 25 mai 1944 à Avenas (Rhône) ; mineur ; membre du maquis FTP de Collonge-en-Charollais (Saône-et-Loire).

Karol Klus (dit Charles Klus) était le fils de Pavel Klus (dit Paul Klus) et de Marie Polack. Polonais de nationalité, il arriva en France avant 1940. Il vécut avec sa famille à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) où il demeura dans le quartier de Rouverat. Il fut mineur aux houillères de Blanzy (Saône-et-Loire).
Karol Klus s’engagea dans la Résistance. Après les rafles qui frappèrent les résistants du bassin minier en mars-avril 1944, il rejoignit les maquis de la côte châlonnaise et fut affecté au maquis FTP du Camp des Loups à Collonge-en-Charollais (Saône-et-Loire).
Vers le 22 mai 1944, Karol Klus, alias Polack, partit en mission avec quatorze camarades, sous le commandement de Raymond Joureau. Ils récupérèrent du matériel à Belleville (Rhône) et l’entreposèrent dans un bois situé dans la partie sud-ouest de la commune d’Avenas (Rhône). Ils s’installèrent au milieu de ce bois, dans une ferme inhabitée, au lieu-dit la Ceppe. Pendant deux jours et demi, ils camouflèrent le matériel.
Le 25 mai 1944, vers 10 heures, des soldats allemands (100 à 250 selon les versions) arrivèrent à Avenas. Ils étaient accompagnés de quatre ou cinq civils, dont un jeune homme surnommé « Jambon » et une femme. Les témoins s’accordèrent à penser qu’il s’agissait de miliciens notamment parce qu’un allemand désigna l’un d’eux comme étant « Milice Françouse ». La police allemande était peut-être également impliquée puisque d’après le maire d’Avenas (qui n’était pas un témoin direct) les plaques des véhicules portaient les trois lettres POL. Cherchant les maquisards cachés à Avenas, les soldats allemands, cernèrent le village et fouillèrent certaines maisons.
Le matin du 25 mai 1944, cinq hommes de Raymond Joureau partirent en mission. Deux d’entre eux, André Menelet* et Pierre Laroche*, revinrent au camp dans une Hotchkiss verte. Ils réussirent à passer un premier barrage allemand, puis, vers 10h30, au niveau de la sortie sud du bourg d’Avenas, ils tombèrent sur un second barrage. Les Allemands ouvrirent le feu. Les deux pneus gauches et le radiateur de la Hotchkiss furent touchés. La voiture dérapa et tomba dans le fossé gauche. Les deux résistants tentèrent de s’enfuir et furent tués.
Au même moment, Karol Klus se trouvait dans les bois avec cinq camarades. Alertés par les détonations, les six résistants montèrent dans une voiture et se rendirent rapidement sur les lieux pour aider leurs camarades. Près de la sortie nord-ouest d’Avenas, ils furent pris pour cible par des soldats allemands postés dans un pré. Leur véhicule fut mitraillé. Karol Klus, Roger Chourrist, Max Roset et Louis Gauthier* sortirent de voiture et furent abattus. Le lendemain, les gendarmes retrouvèrent une centaine de douilles de fusil-mitrailleur et de mitraillette dans le pré où se trouvaient les militaires allemands.
Un second engagement eut lieu à 3 heures de l’après-midi. Les maquisards réussirent à passer trois barrages allemands sans subir de perte. Les combats prirent fin vers 17h30. Parmi les Allemands, un soldat fut tué et plusieurs blessés.
Avant leur départ vers 18 ou 19 heures, les militaires allemands et les miliciens dépouillèrent les maquisards qui avaient été abattus. Ils retournèrent et vidèrent leurs poches, et, manifestement, ils prirent leurs armes. Ils s’approprièrent les automobiles abandonnées par les résistants, notamment celle que Karol Klus et ses compagnons avaient utilisée pour venir secourir leurs camarades. Ils incendièrent la ferme dans laquelle les maquisards s’étaient installés.
Le 26 mai 1944, à 8h30, des gendarmes se rendirent sur les lieux. Ils découvrirent les quatre résistants tombés à 300 mètres environ de la sortie nord-ouest d’Avenas, « dans un chemin de terre à forte déclivité ». Nous savons aujourd’hui que le premier cadavre était celui de Louis Gauthier parce qu’il mesurait 1m92. Mais les autres ne pouvaient être identifiés puisque leurs effets personnels avaient été volés. Par conséquent il est très difficile d’affirmer lequel parmi les trois autres corps était celui de Karol Klus. Voici la description du deuxième corps : « 2ème, à 2 m plus haut, taille 1m68 environ, visage maigre et osseux, cheveux châtains clairs, une rafale de balles dans la nuque [...], une balle dans l’œil droit. Le visage est couvert de sang. [...]. Il est vêtu d’une veste en drap gris, une culotte armée kaki avec fermeture éclair aux jambes, une chemise kaki, chaussures brodequins et leggins à crochets noirs. [...]. Âgé de 20 à 22 ans. » Le troisième était probablement Karol Klus mais il n’y a pas de certitude : « 3ème, à 2 m plus haut, taille 1m68 environ, forte corpulence, blond, plusieurs balles au cou, une au front et une à l’œil gauche. Vêtu d’un blouson de cuir fauve, un pantalon de treillis bleu, une chemise kaki, chaussé de brodequins jaunes. [...] Une ceinture en cuir jaune de l’armée autour du ventre. La tête baigne dans une mare de sang. » Voici la description du dernier : « Le 4ème, à 5m plus haut, corpulence mince. Taille 1m68 environ, 20 à 25 ans, tout rasé, cheveux châtain clair, vêtu d’une veste de treillis bleu, un pantalon drap noir, chaussé de souliers brodequins jaunes, une chemise kaki, le tout sans marque. Une rafale de balles dans la tête. [...] ».
Le 26 mai, vers 12 heures, les cadavres furent déposés à l’église. Chaque corps fut placé dans un cercueil, et le 27 mai, à 20 heures, les six hommes furent inhumés au cimetière d’Avenas, dans une fosse commune. Aucun acte de décès ne fut dressé à l’époque, les victimes n’ayant pas été identifiées avant l’inhumation.
Au début du mois d’octobre 1944, Raymond Joureau se présenta à la mairie d’Avenas et communiqua l’identité des résistants morts le 25 mai. Les familles furent contactées et les corps des six victimes furent exhumées en 1945. Celui de Karol Klus fut enterré à Montceau-Les-Mines.
Karol Klus fut homologué FFI et reconnu Mort pour la France, tué au combat. Il apparaît sur le monument aux morts de Montceau-les-Mines sous le nom de Charles Klus.

Voir la monographie du lieu d’exécution

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209110, notice KLUS Karol [pseudonyme dans la Résistance : Polak] par Jean-Sébastien Chorin, version mise en ligne le 25 novembre 2018, dernière modification le 7 janvier 2020.

Par Jean-Sébastien Chorin

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3808W851.— SHD, Vincennes, inventaire de la sous-série GR16P.— Mémorial Genweb.— Mémoire des hommes.— Site Internet respol71.com. , photo— Site Internet Musée de la Résistance en ligne.

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