Le-Trou-de-Chirac (Aube), lieu-dit de la commune de Montgueux, février-juin 1944

Par Dominique Tantin

Dans ce lieu d’exécution situé sur la commune de Montgueux (Aube), dix-neuf résistants furent passés par les armes par les Allemands les 10 février, 30 mai et 8 juin 1944. A proximité, sur la même commune, se trouve un autre terrain d’exécution au lieu-dit Montchaud où il y eut quatorze exécutions entre 1940 et 1942.

Le 10 février 1944, les Allemands fusillèrent trois résistants, Georges Lamarre et les deux frères Robert et Roger Stab, ex-FTP.
Les 30 mai et 8 juin, ils fusillèrent des résistants capturés lors de l’attaque allemande du maquis du Vignot le 7 mars et les jours suivants ainsi que, le 8 juin, des résistants arrêtés dans d’autres circonstances.
Dans sa biographie de Pierre Chalant, Joël Drogland écrit à propos de ce maquis du Vignot : [Il] s’était implanté dans les bois du Vignot, sur la commune de Saint-Maurice-aux-Riches-Hommes (Yonne), à la fin de 1943. Tous étaient originaires de l’Aube mais le maquis se trouvait sur le territoire du département de l’Yonne. Le maquis s’implanta près d’une route, avec de simples branchages pour abriter les hommes. Durant l’hiver, Olivier Ancel et Camille Guérin, responsables FTP nogentais, décidèrent de le déplacer dans une cabane de chasse, dans les bois du Vignot. Composé de jeunes réfractaires [au STO] peu expérimentés et insuffisamment encadrés, il s’agissait davantage d’un groupe d’hommes qui se cachaient dans les bois que d’un véritable maquis. Fin février 1944, les effectifs atteignaient une trentaine d’hommes. Le témoignage de Maurice Renaudat, résistant sédentaire dont le domicile proche servait de base logistique au maquis, permet de comprendre qu’ils aient été repérés et dénoncés : « Pratiquement tous les soirs, quatre ou cinq gars du maquis passaient à la maison prendre du ravitaillement, grignoter quelque chose et, sans doute, trouver un peu de chaleur humaine. Tous étaient issus d’un milieu modeste et n’avaient pas dépassé le niveau du certificat d’études (…).On riait comme des fous quand ils parlaient de leurs coups de mains sur les bureaux de tabac, les recettes buralistes ou les bureaux de poste. Ils connaissaient aussi les fermiers plus ou moins collaborateurs : là ils se faisaient un malin plaisir de chaparder des poules et des lapins ou des sacs à grains pour s’en faire des couvertures (...) Ils se ressemblaient tous, inconscients et extrêmement gais. Avaient-ils seulement conscience de faire la guerre ? ».
Mais à l’aube du 7 mars, ils furent surpris par un détachement allemand qui captura une partie des maquisards en fuite dans les bois Saint-Maurice et de Trancault. Pierre Chalant, blessé et en fuite, fut capturé peu de temps après. Ils furent incarcérés à Troyes.
Pierre Chalant fut condamné à mort le premier par le tribunal militaire de Troyes (FK 533) et fusillé le 30 mai. Ses camarades et d’autres résistants furent condamnés à mort le 31 mai par le tribunal et fusillés le 8 juin. Conduits en camion au Trou-de-Chirac, ils furent passés par les armes cinq par cinq entre 6h25 et 6h58.
Leurs noms et ceux des autres victimes sont inscrits sur une stèle érigée sur le lieu du supplice.
ALBA Jean
BRUNI Dominique
CABOT Henri, Pierre, Louis
CAILLOT Alfred, Victor
CHALANT Pierre,
CONSTANT Lucien
FAVIER Bernard
FOURNET Fernand
LAMARRE Georges
LANGE Maurice
LECLERC Marceau
LOBET Alfred
MARBACH Jacques
POILVÉ Marcel
RATO Antonio
ROMANENS Fernand
SIMONNEAU Jean-Jacques
STAB Robert
STAB Roger

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209173, notice Le-Trou-de-Chirac (Aube), lieu-dit de la commune de Montgueux, février-juin 1944 par Dominique Tantin, version mise en ligne le 29 novembre 2018, dernière modification le 12 mars 2020.

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