RABIN Lucien, Ange, François, Marie

Par Jean-Sébastien Chorin

Né le 26 février 1904 à Saint-Quay-Portrieux (Côte-d’Armor), massacré le 5 mai 1944 au siège de la Gestapo à Lyon (Rhône), 14 avenue Berthelot (VIIe arr.) ; rédacteur comptable ; agent de la police allemande à Lyon.

Lucien, Ange, François, Marie Rabin était le fils de Joseph, Marie Rabin, menuisier, et de Marie, Rose Rolland. Le 8 octobre 1924, il se maria à Étables-sur-Mer (Côte-d’Armor) avec Lucienne Philippe. Il eut deux enfants.
En 1944, il demeurait à Lyon (Rhône), 96 rue Pierre Corneille (IIIe arr.). Il exerçait la profession de rédacteur comptable.
Lucien Rabin était un indicateur de la police allemande de Lyon. Son supérieur hiérarchique était André Jacquin, alias Milneuf, responsable du Bureau de Renseignements du SD (bureau qui centralisait toutes les dénonciations), lui-même subordonné à Klaus Barbie (et à Karl Krull semble-t-il). D’après Gabriel Gallioud, Lucien Rabin était en principe un indicateur mais il tenait également de temps en temps le Bureau de Renseignements. Par ailleurs, d’après ce même témoin, Lucien Rabin fut l’auteur de l’arrestation d’un inspecteur de police nommé Micoulet.
Le 5 mai 1944, vers 11 heures, Lucien Rabin et Henri Coupat furent exécutés par pendaison au siège de la Gestapo, 14 avenue Berthelot (Lyon, VIIe arr.).
Informés vers 15 heures par les Allemands, des policiers français se rendirent sur les lieux. A leur arrivée, ils furent conduits dans une cellule située au sous-sol. Ils découvrirent les « deux corps pendus au tuyau du chauffage central, reposant à quinze centimètres environ du parquet, au moyen d’une double corde à nœud coulant ». Les Allemands leur communiquèrent l’identité des deux victimes et expliquèrent que ces deux indicateurs avaient été exécutés à titre d’exemple, en présence de tous leurs collègues informateurs, parce qu’ils avaient abusé de leurs fonctions de policiers allemands et avaient cambriolé et pillé un ou plusieurs appartements.
Les policiers français firent transporter les deux cadavres à l’institut médico-légal et, le lendemain, Lucienne Rabin reconnut officiellement le corps de son mari.
Le 8 mai 1944, « Conformément au désir exprimé par Monsieur le Kommandeur de la Police allemande », l’intendant au Maintien de l’ordre dû rédiger une note afin d’expliquer à nouveau aux services de police française la raison de l’exécution de Lucien Rabin et Henri Coupat, coupables « d’extorsion de fonds au préjudice de particuliers ».
Le 25 juin 1945, lors de son audition par la police judiciaire, l’ancien agent de la Gestapo Gabriel Gallioud déclara que Rabin avait été pendu pour « escroqueries aux faux policiers » sur ordre de Klaus Barbie.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209231, notice RABIN Lucien, Ange, François, Marie par Jean-Sébastien Chorin, version mise en ligne le 2 décembre 2018, dernière modification le 2 décembre 2018.

Par Jean-Sébastien Chorin

SOURCES : Arch. Dép. Rhône, 3808W980, 45W50, 394W240 (dossier Gabriel Gallioud, Rabin y est nommé Robin), 3335W22, 3335W18 (« fichier Montluc », fiche et dossier de Lucien Rabin sous le nom de Babin).— Arch. Mun. Lyon, acte de décès 499 (VIIe arr.).— État civil.

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