GILLET Gustave, Louis

Par Michel Thébault

Né le 20 février 1899 à Villevêque (Maine-et-Loire), exécuté sommairement le 26 août 1944 à Audes (Allier) ; entrepreneur de transports ; résistant AS de l’Allier.

stèle commémorative de Magnette
stèle commémorative de Magnette

Gustave Gillet était le fils de Louis Constant Gillet cultivateur et de Marie Louise Malpeau domestique de ferme. Engagé volontaire pour quatre ans à la mairie d’Angers au début 1918, il fut incorporé le 19 février 1918 au 49ème Régiment d’Artillerie. Il fit toute la fin de la campagne de 1918 au sein de plusieurs régiments d’artillerie, puis, affecté à l’armée du Rhin, participa à l’occupation de l’Allemagne jusqu’en septembre 1921. Il fut démobilisé le 19 novembre 1921. Devenu après la guerre chauffeur d’autos il s’installa en région parisienne au début des années 30 devenant entrepreneur de transports. Il s’était marié avec Alphonsine, Célina, Léonie Robart, et résida successivement à Montrouge, puis à Ivry-sur-Seine et enfin en 1939 à Vitry-sur-Seine (aujourd’hui Val-de-Marne), 92 boulevard Lamouroux. Rappelé sous les drapeaux en septembre 1939, il fut affecté spécial au service des pneumatiques, rue Camille Desmoulins à Issy-les-Moulineaux. Présent en 1944 dans le département de l’Allier, il s’engagea le 8 juin 1944 dans la résistance, rejoignant près de Montluçon (Allier) le maquis de Saint-Genest rattaché au maquis AS de Chazemais. Il fut rapidement affecté à l’État-major départemental de l’AS, avec le grade d’adjudant FFI.

Dans la nuit du 19 au 20 août 1944, les chefs de la Résistance montluçonnaise décidèrent de libérer la ville de Montluçon (Allier) et de mettre le siège devant la caserne Richemont où s’était rassemblée l’essentiel de la garnison allemande. Les combats durèrent jusqu’au 24 août lorsqu’un convoi allemand en repli depuis Limoges et appartenant au 19ème SS Polizei (qui avait refusé la reddition à Limoges) parvint un moment à desserrer l’étau et permettre à l’ensemble des forces allemandes d’évacuer la ville le soir même. Cependant le soir du 25 août 1944 arriva à proximité de Montluçon un important convoi de miliciens (près de 600 personnes, hommes, femmes et enfants avec tous leurs bagages). Ils avaient quitté Guéret dans la nuit du 24 au 25 août 1944 en même temps que les dernières troupes allemandes (dont la garnison de Guéret) et tentaient de rejoindre l’est de la France. Arrivés à proximité de Montluçon libérée, entre Lamaids et Quinssaines, ils furent bloqués par plusieurs compagnies de maquisards (dont la compagnie Michel) et durent au petit matin du 26 août contourner la ville, prenant vers 4 heures du matin, à l’ouest de Montluçon, la direction d’Huriel, La Chapelaude, Chazemais pour se diriger ensuite vers Moulins. Le convoi des miliciens, accompagné de troupes allemandes en retraite, multiplia les exactions et exécutions sommaires. Après François Passion exécuté à Huriel, Gustave Michel et Gaston Wagner à La Chapelaude, un nouveau massacre eut lieu sur la commune d’Audes, au lieu-dit Magnette.
Vers 12 heures 30, un détachement d’une soixantaine de soldats allemands venant d’Audes et qui avait probablement la mission de protéger les flancs de la colonne faisant route de La Chapelaude à Vallon en Sully par Chazemais s’installa entre le pont du canal et celui du Cher. Un véhicule du maquis AS de Chazemais dans lequel avait pris place Gustave Gillet et trois camarades se présenta dans la ligne droite entre les deux ponts. Le véhicule fut immobilisé d’une rafale de fusil mitrailleur. Un seul maquisard parvint à s’échapper en traversant le Cher. Ses trois camarades, Gustave Gillet, Marius Dumas et René Dubreuil, blessés, furent capturés et exécutés sommairement dans la cour de la maison voisine.

Il obtint la mention mort pour la France, homologué FFI à compter du 23 mai 1944, nommé adjudant à compter du 27 juillet. Son nom figure sur la stèle commémorative au lieu-dit Magnette, sur la commune d’Audes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209349, notice GILLET Gustave, Louis par Michel Thébault, version mise en ligne le 6 décembre 2018, dernière modification le 14 juillet 2021.

Par Michel Thébault

stèle commémorative de Magnette
stèle commémorative de Magnette

SOURCES : SHD Vincennes GR 16 P 255730 et SHD Caen AC 21 P 192992 — Résistance Allier n° 56 1er trimestre 2013, Roger Venuat A propos de Magnette — Alain Godignon, "La journée meurtrière du 26 août 1944 en région montluçonnaise", Le Grimoire des Pays d’Huriel, 2018 — La Montagne, 29 août 2012, 31 août 2016 et 6 septembre 2018 — Mémoire des Hommes. — Mémorial genweb. Arch. Dép. Maine-et-Loire (État civil, registre matricule)

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