DUMAS Marius, Alexandre

Par Michel Thébault

Né le 29 avril 1906 à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), exécuté sommairement le 26 août 1944 à Audes (Allier) ; chauffeur ; résistant AS de l’Allier.

stèle commémorative de Magnette
stèle commémorative de Magnette

Marius Dumas était le fils de Benoît Dumas et d’Eugénie Muron, domiciliés à Montferrand. Il s’était marié avec Adrienne Bayle. Ayant divorcé il se remaria avec Gisèle, Frédérique, Andrée Bertrand. En 1944 il était domicilié à Montluçon (Allier) où il exerçait la profession de chauffeur, au garage Cathelot, rue des Faucheroux. Il s’engagea dans la Résistance et rejoignit un maquis (sans doute le maquis AS de Chazemais) au nord de Montluçon.

Dans la nuit du 19 au 20 août 1944, les chefs de la Résistance montluçonnaise décidèrent de libérer la ville de Montluçon (Allier) et de mettre le siège devant la caserne Richemont où s’était rassemblée l’essentiel de la garnison allemande. Les combats durèrent jusqu’au 24 août lorsqu’un convoi allemand en repli depuis Limoges et appartenant au 19ème SS Polizei (qui avait refusé la reddition à Limoges) parvint un moment à desserrer l’étau et permettre à l’ensemble des forces allemandes d’évacuer la ville le soir même. Cependant le soir du 25 août 1944 arriva à proximité de Montluçon un important convoi de miliciens (près de 600 personnes, hommes, femmes et enfants avec tous leurs bagages). Ils avaient quitté Guéret dans la nuit du 24 au 25 août 1944 en même temps que les dernières troupes allemandes (dont la garnison de Guéret) et tentaient de rejoindre l’est de la France. Arrivés à proximité de Montluçon libérée, entre Lamaids et Quinssaines, ils furent bloqués par plusieurs compagnies de maquisards (dont la compagnie Michel) et durent au petit matin du 26 août contourner la ville, prenant vers 4 heures du matin, à l’ouest de Montluçon, la direction d’Huriel, La Chapelaude, Chazemais pour se diriger ensuite vers Moulins. Le convoi des miliciens, accompagné de troupes allemandes en retraite, multiplia les exactions et exécutions sommaires. Après François Passion exécuté à Huriel, Gustave Michel et Gaston Wagner à La Chapelaude, un nouveau massacre eut lieu sur la commune d’Audes, au lieu-dit Magnette.
Vers 12 heures 30, un détachement d’une soixantaine de soldats allemands venant d’Audes et qui avait probablement la mission de protéger les flancs de la colonne faisant route de La Chapelaude à Vallon en Sully par Chazemais s’installa entre le pont du canal et celui du Cher. Un véhicule du maquis AS de Chazemais dans lequel avait pris place Marius Dumas et trois camarades se présenta dans la ligne droite entre les deux ponts. Le véhicule fut immobilisé d’une rafale de fusil mitrailleur. Un seul maquisard parvint à s’échapper en traversant le Cher. Ses trois camarades, Marius Dumas, René Dubreuil, et Gustave Gillet, blessés, furent capturés et exécutés sommairement dans la cour de la maison voisine.

Il obtint la mention mort pour la France. Son nom figure sur la stèle commémorative au lieu-dit Magnette, sur la commune d’Audes.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209354, notice DUMAS Marius, Alexandre par Michel Thébault, version mise en ligne le 6 décembre 2018, dernière modification le 24 septembre 2020.

Par Michel Thébault

stèle commémorative de Magnette
stèle commémorative de Magnette

SOURCES : SHD Vincennes GR 16 P 199616 et SHD Caen AC 21 P 176569 (non consultés) — Résistance Allier n° 56 1er trimestre 2013, Roger Venuat A propos de Magnette — Alain Godignon La journée meurtrière du 26 août 1944 en région montluçonnaise, Revue Le Grimoire des Pays d’Huriel, 2018 — Journal La Montagne 29 août 2012, 31 août 2016 et 6 septembre 2018 — Mémoire des Hommes — Mémorial genweb.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément