DESCHAMPT Max, Louis

Par Gilbert Fournier

Né le 3 janvier 1940 à Villefranche-sur-Saône (Rhône), mort le 19 août 2021 à Paray-le-Monial (Saône-et-Loire) ; enseignant spécialisé pour enfants inadaptés dans une classe spécifique au Creusot (Saône-et-Loire) ; dirigeant et ensuite directeur de la section d’éducation spécialisée (SEGPA) au Creusot ; militant du SNI-FEN tendance unité et action ; délégué du secteur du Creusot dans le conseil syndical du SNI de Saône-et-Loire ; militant aux jeunesses communistes à Mâcon et au PCF à Mâcon et au Creusot ; adjoint au maire du Creusot (liste d’union de la gauche) de 1977 à 2008 ; élu à la communauté urbaine du Creusot/Montchanin de 1977 à 2008 ; élu au conseil régional de bourgogne sur une liste PCF en 1986.

Deuxième d’une fratrie de deux garçons. Son frère est décédé en 1956.Son père Claude Marius Deschampt travailla dès l’âge de douze ans comme apprenti coquetier, ensuite ouvrier, puis comme chauffeur de Poids-lourds dans les Travaux Publiques et le bâtiment pendant trente ans et ensuite employé dans un garage. Il était sympathisant communiste. Sa mère Ida Eleonora Uliana née en Italie immigra en France à l’âge de dix-huit ans. Elle fut successivement employée de maison et agent hospitalier. Elle était catholique pratiquante, très sensible aux injustices sociales. Pendant la dernière guerre, ils cachèrent des jeunes réfractaires au STO et rejoignirent la résistance à Rillieux dans le Rhône.
Après le certificat d’étudesà Vaulx-en-Velin, et sa scolarité primaire au Creusot, Max entra au cours complémentaire Sud garçons au Creusot en 1950 et obtient son BEPC en 1954. Après une 3e spéciale, il réussi le concours d’entrée à l’École Normale d’Instituteurs de Mâcon en 1955. De 1955 à 1959, il obtint le baccalauréat et suivit la formation professionnelle à l’École Normale. Il décrocha le Certificat de fin d’études normales en juin 1959. Il fut affecté en septembre 1959 à l’école du Sud garçon au Creusot jusqu’à son départ au service militaire qu’il effectua Hyères de septembre 1961 au 28 février 1963, au 405e Régiment d’Artillerie Antiaérienne.
De retour au Creusot, il occupa successivement plusieurs postes ; à l’école du Centre garçons (4 mois) puis deux ans à l’école garçons rue Victor Hugo et de 1965 à 1967 à l’école de la Charmille. Au cours des années 1967-1968, il prépara le Certificat d’Aptitude à l’Enseignement Inadapté (CAEI) au Centre de Formation implanté dans l’Ecole Normale de la Croix-Rousse à Lyon. En septembre 1968, il fut nommé à l’école de la Charmille au Creusot, classe spécialisée créée, pour enfants déficients intellectuels légers et moyens. En 1972, il prit la direction de la Section d’éducation Spécialisée du Collège Croix-Menée, qui devint SEGPA dans les années 1980. Au cours des années 1975-1976, il effectua une formation par laquelle il obtint le diplôme de Directeur d’établissement Spécialisé au Centre National d’ Enfance Inadaptée de Suresnes (Hauts-de-Seine). Il retourna au Creusot à la SEGPA en septembre 1976 jusqu’à sa retraite en 1996.
Syndicalement, après la scission syndicale de la CGT, création de la CGT-FO, la grande majorité des enseignants, du primaire au supérieur, avait fait le choix de rester dans la Fédération de l’Éducation Nationale (FEN). Il adhéra donc au Syndicat National des Instituteurs (SNI). Le SNI et la FEN étaient organisés en « tendances ». Il rallia donc naturellement la tendance « Unité et Action » qui représentait alors 35 % des instituteurs, baptisée aussi « pro-cégétistes ».
En 1958, il intégra le conseil syndical du SNI de Saône-et-Loire comme délégué des normaliens. Il y revint après son service militaire et y resta jusqu’en 1977. Il fut délégué du secteur régional du Creusot de 1959 à1977.
Il adhéra à la FSU en 1990.
Politiquement, il rejoignit les Jeunesses Communistes en 1956 à l’École Normale de Mâcon, sur la base de « la Paix en Algérie », il participa à des manifestations, distributions de tracts contre cette guerre qui ne disait pas son nom.
Il adhéra au PCF, section de Mâcon en octobre 1958, dès son entrée en formation professionnelle. C’est Henri Desvaux, grande figure, président départemental de l’ARAC, enseignant estimé qui l’accueillit. Il milita ensuite au Creusot, avec des ouvriers de l’usine Schneider et des enseignants.

Max Deschampt, membre du Comité de Section du Creusot de 1961 à 1968 et après la mise en place des sections d’entreprises (décision nationale), fut secrétaire de la section ville de 1970 à 1975.
Il fut candidat aux élections municipales de 1965, sur une liste d’Union de la Gauche, conduite par Rémy Boutavant (ancien député communiste de 1946 à 1958) avec des militants comme Gaston Demaizière, socialiste, Paul Dalliance, PSU, Georges Crolla, directeur de l’Ecole de la Charmille qui adhéra au PS après la campagne de François Mitterrand, Georges Malicrot, inspecteur des Postes non encarté. Cette liste obtint 44,06%, 6069 voix contre 7705 à la liste du Maire, UNR, Jean Garnier.
Aux municipales de 1971, il conduisit au Creusot une liste resserrée autour du PCF qui obtint 37,5% des voix.
Il fut candidat aux cantonales de 1970, contre Henri Lacagne, maire UNR du Creusot et Henri Pretet, adjoint de droite. Il ne fut pas élu au 2e tour avec 35,47 % des voix.

Aux municipales de1977, Max Deschampt il fut élu sur la liste d’Union de la gauche, conduite par Camille Dufour, devint adjoint aux Affaires Scolaires et entra à la Communauté Urbaine Le Creusot Montceau (CUCM), parmi les quinze représentants du Creusot.

Aux municipales de 1983 il fut réélu sur la liste d’Union de la gauche, conduite par Camille Dufour. Il resta adjoint aux Affaires Scolaires et élu à la CUCM. 
Fin 1983, il remplaça André Faivre, comme représentant de la CUCM à la Région Bourgogne, alors Établissement Public Régional. Il y restera jusqu’en 1986 où l’EPR deviendra collectivité de plein droit.

Réélu aux municipales de 1989 encore sur la liste conduite par Camille Dufour, il poursuivit les mêmes fonctions : adjoint aux Affaires Scolaires et élu à la CUCM.

Aux municipales de 1995 il fut élu dans le nouveau conseil municipal, sur la liste conduite par André Billardon, nouveau maire et resta adjoint en charge des écoles, et élu à la CUCM.

Aux municipales de 2001 il fut réélu sur la liste d’André Billardon, toujours adjoint aux Affaires Scolaires.
Il fut élu à la CUCM : vice-président chargé du site universitaire : antenne de la Faculté (Centre Condorcet) et de l’Institut Universitaire de Technologie.
Il quitta toutes ces fonctions en 2008 et fut nommé maire adjoint honoraire.
Avec Bernard Loiseau qui fut premier adjoint de 1977 à1995, ils otravaillèrent à la création d’une des premières « Missions Locales » (préfiguration en 1982, création en 1983).
Préparation avec le professeur Bertrand Schwartz, qui avait rédigé un rapport pour Pierre Mauroy, Premier Ministre, sur la nécessité d’une prise en charge globale des jeunes : formation, logement, santé… Cela fut pour lui un moment passionnant.
En 1983, il fut élu à l’tablissement Public Régional, à Dijon, pour représenter la Communauté Urbaine Le Creusot Montceau.

Aux élections régionales de 1986 (premières élections des Conseils Régionaux au suffrage universel) il conduisit la liste du PCF qui obtînt 9,9 % des suffrages et 2 élus pour la Saône-et-Loire.
Aux élections régionales de 1992, Max Deschampt refusa d’être candidat pour deux raisons : une raison de principe (refus du cumul des mandats). Il n’a jamais voulu être permanent. Il voulait rester au contact du monde du travail ; l’aspect social de sa profession l’a passionné et il pensa lui avoir beaucoup donné (insertion sociale et professionnelle de ses élèves).

Il milita également au Mouvement de la Paix de 1960 à 1980. Organisation de soirées : films, soutien au peuple du Vietnam, grandes manifestations à Sceaux en 1964, Halle de Pantin, 1980.
Il conduisit une délégation de Saône-et-Loire (14 personnes) en 1973 à Genève, dans le cadre de la Conférence d’Helsinki sur la paix et la sécurité internationale auprès des délégations française, américaine, allemande, soviétique.
Il redynamisa le Comité de Jumelage du Creusot avec les villes minières de BOR et Majdanpek (ex Yougoslavie), il en fut président délégué par Camille Dufour. Il organisa de multiples échanges de 1978 à 1992 : scolaires (collégiens, lycéens, étudiants de l’IUT), sportifs, culturels (avec l’ARC, le Photo-Club, les CE de Creusot-Loire et de Serbie) : vacances. En 1989, avec Bernard Loiseau, ils élargirent le comité de jumelage avec l’entrée de Blieskastel, Allemagne (en Sarre).
De 1995 à 2005,il participa à l’organisation de projets européens pour les jeunes, en partenariat avec la Fédération des Œuvres Laïques, la Ville du Creusot et le réseau créé : villes, associations de pays d’Europe : de Copenhague (Danemark), ou de Malmö (Suède) à Almería en Andalousie, avec les villes jumelles de Serbie et d’Allemagne, le département de français de l’Université de Pecs (Hongrie), les coopératives sociales de Brescia (Italie), la ville de Vila do Conde (Portugal), et les associations italiennes et portugaises du Creusot.
A partir de 2008, il milita à l’Union des Familles Laïques (UFAL) de Saône-et-Loire. Il présida l’association Pays Minier-Charolais qui œuvrait pour la laïcité, et l’éducation Populaire. Avec des militants politiques, syndicaux, encartés ou non, et la mutuelle Muta-Retraite(UNAM). Il participa au Creusot en 2010 à la création de « l’Université Solidaire et Populaire » qui donna des conférences sur des sujets économiques, sociaux, politiques.
Max Deschampt s’était marié le 8 avril 1963 avec Bernadette Guiollot à Montchanin. Fille d’un cheminot militant CGT de Montchanin. Elle avait un frères et deux sœurs. Elle fut obligée de quitter l’école en classe de 4e pour aider sa mère après le décès de son père Elle travailla à l’usine Garnier Luneau à Montchanin. Après avoir passé son BEPC par correspondance, 4e et 3e, elle fut monitrice d’Éducation Physique et Sportive à Montchanin et Écuisse. Elle fut également déléguée de la caisse de retraite complémentaire de Creusot-Loire l’ICIRS pendant 30 ans, militante à la FCPE, à la CGT et au mouvement de la Paix.
Le couple eut trois enfants Serge en 1964, Odile en 1966, Stéphane en 1969.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209468, notice DESCHAMPT Max, Louis par Gilbert Fournier, version mise en ligne le 10 décembre 2018, dernière modification le 8 juin 2022.

Par Gilbert Fournier

SOURCES : Notes et archives personnelles de Max Deschampt, rencontres avec l’intéressé les 9 février, 16 juin et 20octobre 2016.

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