BARON Pierre, Romain

Par Jean Reynaud

Né le 16 juin 1911 à Paris (VIIe), mort le 8 mai 1991 au Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) ; professeur ; militant syndical (SNET) ; maire de Mauléon-Barousse et conseiller général socialiste dans les Hautes-Pyrénées.

Sa famille s’était installée au début du siècle à Paris où son père était chef de bureau d’une compagnie d’assurances. Elle quitta Paris en juillet 1914 pour rejoindre Mauléon-Barousse (Hautes-Pyrénées) d’où elle était originaire. Pierre Baron fréquenta l’école primaire communale puis le cours supérieur avant d’aller à Toulouse à l’école primaire supérieure Berthelot pour être reçu à l’école normale d’instituteurs (1928-1931). Il occupa ensuite divers postes d’instituteur dans les Hautes-Pyrénées (Bezins-Garraux, Saint-Béat, Saint-Bertrand de Comminges) avant de partir accomplir son service militaire à Bordeaux (octobre 1932-octobre 1933) dans l’Infanterie comme infirmier militaire de première classe car il refusa de suivre le peloton d’élève-officier.

Pierre Baron se maria le 8 août 1935 à Mauléon-Barousse avec une secrétaire, future professeur de couture dans un centre d’apprentissage puis un collège d’enseignement technique de Marseille. Ils eurent une fille. Il réussit le concours d’entrée à l’École normale Supérieure de l’enseignement technique (1935-1937, section EF) après y avoir été auditeur libre en 1934.

En 1937, Pierre Baron devint professeur de Lettres-Histoire-Géographie à Marseille à l’École pratique de commerce et d’industrie, rue du Rempart, future École nationale professionnelle puis, en 1959, lycée technique du Rempart. Mobilisé en septembre 1939, fait prisonnier le 23 juin 1940 près de Domrémy, il resta en captivité en Saxe près de Dresde (stalag IV-B de Mahlberg, camp de travail de Mockrehna, Lazarett de Kœnigswartha). Rapatrié sanitaire en mars 1943, il reprit son poste en juin 1943 qu’il occupa jusqu’à sa retraite en 1971, enseignant surtout la philosophie, après avoir été professeur dans la classe préparatoire aux Arts et Métiers. Conseiller pédagogique, responsable de la bibliothèque et du Bureau universitaire des statistiques, il était le délégué de l’UNESCO.

Dans l’immédiat après-guerre, Baron participa à la relance du Syndicat national de l’enseignement technique avec des anciens élèves de l’ENSET René Auriault (B, 1931-1933), Flory Ouvrier (B, 1931-1933), Raymond Vedel (A1, 1932-1934) et Eugène Moussion, Chapuis.

En 1949, Pierre Baron fut désigné comme secrétaire régional du SNET. Il le resta sur des bases de tendance « Unité pour une action syndicale efficace-Bouches du Rhône » jusqu’en 1961. Cette année-là, aux élections pour le renouvellement, les autonomes l’emportèrent d’une voix et Padoue Beretti lui succéda. En 1964, la création de l’Académie de Nice amena une situation transitoire, Elie Roubaudy* devenant secrétaire du S3 de l’académie de Nice et Jean Reynaud, secrétaire de l’académie d’Aix, Baron ayant refusé cette responsabilité en raison de son mauvais état de santé. En décembre 1966, il figurait en dixième position sur la liste Unité et Action (Reynaud-Joseph Dunand-Georges Cheylan) qui conquit le S3 du nouveau SNES classique-moderne-technique, jusqu’alors acquis à la tendance autonome.

De 1948 jusqu’en 1965, Pierre Baron siégeait à la commission paritaire académique des professeurs de l’enseignement technique. Militant dans la section des Bouches-du-Rhône de la Fédération de l’Éducation nationale, il avait établi, avec Paul Chavanne), une petite brochure pour la « journée de la paix du 31 janvier 1949 », qui fut envoyée à tous les établissements. Il participa à de nombreux congrès nationaux du SNET et de la FEN. Notamment, il fit en 1953 le compte rendu du congrès national de la FEN, dans les « pages FEN » du bulletin du syndicat unique des instituteurs des Bouches du Rhône.

Après sa retraite, Pierre Baron fut élu maire (1971-1991) de Mauléon-Barousse, sa commune d’origine qui ne comptait plus que 150 habitants, et siégea comme membre du parti socialiste au Conseil général (1973-1979). Il mena une politique de forts investissements pour redynamiser l’économie rurale en déclin (centrale électrique en 1983, centre de commerce rural, Association d’aide à domicile en milieu rural, développement de la protection de l’environnement et du tourisme). En outre, comme président du SIVOM, il organisa le ramassage scolaire.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209522, notice BARON Pierre, Romain par Jean Reynaud, version mise en ligne le 12 décembre 2018, dernière modification le 12 décembre 2018.

Par Jean Reynaud

SOURCES : Arch. Nat., F17/30211/B. — Archives SNET, SNES, FEN des Bouches-du-Rhône. — Le Travailleur de l’enseignement technique. — Renseignements fournis par la fille de l’intéressé. — Notes d’Alain Dalançon et de Jacques Girault.

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