ZAY Jean

Né le 6 août 1904 à Orléans (Loiret), assassiné par la Milice le 20 juin 1944 à Molles (Allier) ; député radical-socialiste, ministre de l’Éducation.

Fils d’un journaliste juif, Léon Zay, directeur du journal radical-socialiste "Le Progrès du Loiret" et d’une institutrice protestante, ’Alice Chartrain, Jean Zay grandit et étudia à Orléans. Il se maria à Madeleine avec qui il eut deux filles, Catherine et Hélène.
Brillant étudiant, il devint avocat en 1928 et s’intéressa très tôt à la politique. Élevé dans le protestantisme, il devient rapidement agnostique, entre dans la franc-maçonnerie et milite au parti radical-socialiste. Il fut élu député radical du Loiret en 1932 puis en 1936. A la suite de la victoire du front populaire aux législatives de 1936, Léon Blum fit appel à lui pour le ministère de l’Éducation nationale de des Beaux-Arts. . Son engagement contre les accords de Munich en 1938 lui valurent d’être accusé de bellicisme et accentua l’hostilité de certains à son égard. Enfin, la campagne incessante contre Zay, menée par l’extrême droite mais aussi par un journal comme La Croix, insistait sur son origine juive (alors que sa mère était une bonne protestante) et se nourrissait aussi du fait qu’il avait écrit un texte, à l’âge de 19 ans, jamais publié d’ailleurs mais révélé à la presse par un des ses anciens copains de lycée : La Drapeau, un texte très antimilitariste, anti patriote.

Jean Zay aida à la mise sur pied du Premier Festival de Cannes qui aurait dû ouvrir le 1er septembre 1939.
Jean Zay démissionna le 2 septembre 1939 pour rejoindre l’armée française. Il voulut gagner l’Afrique du Nord avec d’autres parlementaires mais leur bateau, le Massilia, fut bloqué au Port du Verdon à Casablanca (Maroc) et les parlementaires arrêtés le 15 août 1940 et rapatriés en France.
Le 4 octobre 1940, un tribunal militaire siégeant à Clermont-Ferrand condamna Jean Zay à la déportation à vie et à la dégradation militaire. Il fut transféré le 4 décembre 1940 à Marseille de décembre 1940 à février 1941 où il a terriblement souffert des conditions de détention. L’idée était de l’amener au bagne. Il tint un journal sur la vie de prison et ce qu’il apprend de l’actualité. Sa peine de déportation dans un bagne fut muée par le régime de Vichy en simple internement en métropole et, le 7 janvier 1941, il fut incarcéré au quartier spécial de la maison d’arrêt de Riom.
Le 20 juin 1944, trois miliciens arrachèrent Jean Zay à sa cellule, le mitraillèrent et jetèrent son corps dans un ravin du bois de Molles (Allier). Son corps ne fut identifié que trois ans plus tard.
Jean Zay fut inhumé dans le grand cimetière d’Orléans, du 15 mai 1948 à 2015, année de son transfert au Panthéon.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209590, notice ZAY Jean, version mise en ligne le 26 février 2020, dernière modification le 9 octobre 2020.

Jean Zay, Souvenirs et Solitude, Paris, Belin, 2010.
Jean Zay, Lettres de la drôle de Guerre (1939-1940), Paris, Belin, 2015.

SOURCES : Antoine Prost, Jean Zay. Le ministre assassiné, 1904-1944, Paris, Tallandier, 2015 .— Olivier Loubes, Jean Zay. L’inconnu de la République, Paris, Armand Colin, 2012 .— Roger Karoutchi, Olivier Babeau, Jean Zay : 1904-1944 Ministre de l’Instruction du Front populaire, Résistant, martyr, Paris, Ramsay, 2006 .— Gérard Boulanger, L’Affaire Jean Zay : La République assassinée, Paris, Calmann-Lévy, 2013 . — Page wikipedia. — Notes de Jean-Paul Salles.

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