IMMS Marcel, Félix, Louis [pseudonyme dans la résistance : Lazare, Le Mataf, Robert ?]

Par Eric Panthou

Né le 30 mai 1924 à Saint-Étienne (Loire), exécuté sommairement le 22 janvier 1944 au Brugeron (Puy-de-Dôme) ; employé à la SNCF ; résistant au sein des Francs-tireurs et partisans (FTP) ; cadre du camp Wodli.

la stèle commémorative du Brugeron

Fils de René, Claudius, décolleteur, et de Marie Joséphine Faure (ou Fure), ménagère, Marcel Imms a été reconnu enfant légitime après le mariage de ses parents le 6 décembre 1924 à Saint-Étienne. La famille de son père faisait sans doute partie des réfugiés alsaciens de la guerre de 1870 ou de 1914 qui furent nombreux à s’installer en région stéphanoise.
Marcel Imms était célibataire, employé SNCF, domicilié à Saint-Étienne (Loire).
Il rejoignit la résistance en intégrant le 302e bataillon FTP de la Loire. Son nom de guerre était Lazare.

Le 24 avril 1943, 26 prisonniers politiques s’évadent de la prison du Puy-en-Velay (Haute-Loire). Seize parmi eux vont être repris dans les jours qui suivirent, mais c’est du regroupement de quelques uns des évadés et d’autres FTP que va naître le maquis du Wodli, avec une vingtaine d’hommes qui se rassemblent dans une ferme au Suc-d’Achon, à cinq kilomètres d’yssingeaux (Haute-Loire).

Selon Raymond Vacheron et Pierre Broué, Marcel Imms fit partie du triangle de direction de ce qui va devenir le camp Woldi. Alain Joubert était le commissaire technique, Henri Julien était le politique, et le responsable militaire était Marcel Imms, alias Le Mataf. C’est selon ces deux auteurs, Marcel Imms qui aurait baptisé la maquis du nom de Georges Woldi, membre du Comité central du PCF, assassiné le 2 avril 1943 à Strasbourg. Marius Biosca, dans l’ouvrage témoignage qu’il publia en 1947, se présente lui-même comme fondateur du maquis, sous le nom de commandant Robert, aux côtés de Joubert et Julien. Julien confirma cette dernière version.

Marcel Imms fut tué par des membres des GMR de Montbrison (Loire) sur la commune du Brugeron (Puy-de-Dôme), le 22 janvier 1944, à la lisière de la Loire avec ses deux camarades FTP Gauthier Hermann et Jacques Pichot. Selon l’enquête pour crimes de guerre, les trois hommes ont été tués sans sommation et alors qu’ils ne portaient pas d’armes.

Selon un rapport des services de renseignements de la Résistance, rédigés immédiatement après les faits, leur mort est consécutive à une expédition initiée par l’adjudant Bellus, commandant de la brigade de gendarmerie de Courpière (Puy-de-Dôme), à la recherche de réfractaires dans le secteur de Vollore-Ville. Le lieutenant Gramond, commandant de la section de Thiers a donc décidé l’opération le 22 janvier 1944 au matin, accompagné de 5 gendarmes ainsi que Bellus avec 3 de ses hommes. Ils firent une perquisition à Vollore-Ville qui ne donna rien. Bellus souhaita faire une seconde expédition dans une ferme isolée entre Le Brugeron et la Renaudie, accompagné du lieutenant et de ses 3 hommes, les gendarmes de Thiers ayant eu l’ordre de rentrer. Là, les gendarmes découvrirent d’importants stocks de cigarettes ainsi que de l’essence. Les deux gradés décidèrent de rentrer, ordonnant aux gendarmes de rester sur place en attendant un véhicule pour ramener leur prise. En repartant, les deux gradés rencontrèrent des réfractaires qui comprenant que leur cachette avaient été découverte tirèrent en l’air pour effrayer les gendarmes. Quelques centaines de mètres plus loin, les gradés trouvèrent une soixantaine de GMR de la Loire et leur dirent que des terroristes avaient tiré sur eux. Aussitôt les GMR se mirent en batterie et abattirent plusieurs réfractaires. Trois furent tués sur le coup et deux furent blessés. Le rapport affirme que ces deux hommes moururent de leurs blessures. Paul Bonnard->209087] fut emprisonné et exécuté sommairement plusieurs mois après. Le second blessé était un espagnol connu sous le nom de José. Selon l’enquête pour crimes de guerre, il fut déporté ensuite et on ignore son sort. Son nom ne figure pas sur la stèle en mémoire de ces événements au Brugeron.
Le commandant de la section de gendarmerie d’Ambert a fait conduire les blessés à l’hôpital de cette commune avant de les extraire pour les amener le 24 janvier à celui de Clermont-Ferrand. Le rapport se conclut en préconisant la neutralisation immédiate de l’adjudant Bellus qui avait agi par ambition.
Les victimes Gauthier Hermann, Jacques Pichot, Marcel Imms et Paul Bonnard.
Les corps des trois hommes tués sur place furent inhumés au Brugeron, celui d’Imms étant exhumé le 27 octobre 1944 et transféré au cimetière de Villeurbanne (Rhône).

Il a été homologué FFI, reconnu “Mort pour la France”.
Son nom figure sur la stèle commémorative du Brugeron (Puy-de-Dôme).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209658, notice IMMS Marcel, Félix, Louis [pseudonyme dans la résistance : Lazare, Le Mataf, Robert ?] par Eric Panthou, version mise en ligne le 16 décembre 2018, dernière modification le 18 avril 2021.

Par Eric Panthou

la stèle commémorative du Brugeron

Sources : AVCC, dossier de Marcel Imms : AC 21 P 57774 (nc). — SHD Vincennes, dossier de résistant de Marcel Imms : GR 16 P 301526 (nc). — Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 908 W 198. crimes de guerre au Brugeron. — Arch. dép. du Puy-de-Dôme, 107 Fi 512 et 513. Photographies concernant Marcel Imms (nc) .— “La mémoire des victimes de 1944 ravivée”, La Montagne, édition Thiers-Ambert, 10 juillet 2013 .— Historique du 2ème secteur FTP Loire R3 établi par Chalus (fonds Jeanne Chalus, fédération PCF 63). — Pierre Broué, Raymond Vacheron, Meurtres au maquis, Paris, Grasset, 1997. — Marius Biosca, Déporté politique 77 818 : De la résistance à Dachau, Nîmes : Impr. Richelieu, 1947, 97 p. — Rapport des services de renseignements de la résistance sur les morts du Brugeron, 2 pages manuscrites (Archives ANARC 63). — Mémoire des Hommes. — MémorialGenweb. — Geneanet. — État-civil Saint-Étienne.

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