COUSIN Raymond, Léon [pseudonyme Lemoine]

Par Alexandre Courban, Michel Thébault

Né le 22 février 1903 à Paris XIVe arr. (Seine), guillotiné après condamnation à mort le 25 août 1943 à Cologne (Allemagne) ; agent technique, conducteur de travaux à la Compagnie parisienne de distribution d’électricité (CPDE) à Paris ; résistant Armée des Volontaires.

Raymond Cousin était le fils de Lucien, Louis Cousin âgé de 27 ans employé et de Jeanne, Alice Conchon âgée de 24 ans giletière. Il se maria le 9 janvier 1926 à Paris XVIIIème arrondissement avec Augusta, Eugénie, Virginie Gueffier (née le 15 juin 1898 à Montrigaud, Drôme) employée de pharmacie. Il déclara alors la profession de dessinateur. Il fut père d’un enfant. Au début des années 40 il était agent technique, conducteur de travaux à la Compagnie parisienne de distribution d’électricité (CPDE) à Paris.
 
Il s’engagea dans l’Armée des Volontaires, un réseau de résistance créé à Paris début octobre 40 et dont l’activité consista d’abord en aide aux prisonniers évadés en leur fournissant de faux papiers et en les aidant à gagner la zone libre puis s’orienta vers le renseignement au profit du mouvement gaulliste à Londres. Cependant dans le courant de l’année 1941 à Paris et en province, l’Abwehr, le service de contre- espionnage allemand, réussit à pénétrer l’organisation. La plupart des principaux dirigeants parisiens de l’Armée des Volontaires furent arrêtés en janvier 1942. Agent technique à la CPDE, Raymond Cousin fut arrêté sur son lieu de travail le 10 février 1942. Son bureau comme son domicile furent perquisitionnés. Le 9 octobre 1942, 45 membres de l’Armée des Volontaires dont Raymond Cousin destinés à être jugés ensemble en Allemagne, furent déportés dans le même transport, le convoi N° I.56., parti de la gare de l’Est à destination du SS-Sonderlager Hinzert. Le 27 mai 1943 un premier groupe fut jugé par le 2e sénat du Volksgerichtshof siègeant à Trèves. Charles Domergue, André Lalanne-Picart, Philippe Bonny, Marcel Lepape, Raymond Cousin, Maxime Belleville et Raymond Deiss furent condamnés à mort. André Donnay fut condamné à 7 ans de réclusion et René Lhopital à 1 an de réclusion. Les condamnés à mort furent transférés à la prison de Rheinbach, puis les exécutions par guillotine eurent lieu à la prison de Cologne. Membre du service de renseignement de l’Armée des Volontaires, Raymond Cousin catholique non pratiquant était considéré comme gaulliste. En plus d’avoir fourni des informations aux Alliés, il fut accusé d’avoir distribué des journaux clandestins (vraisemblablement le journal du réseau Pantagruel), fabriqué des fausses pièces d’identités et saboté du matériel. Il fut guillotiné à la prison de Klingelpütz à Cologne le 25 août 1943 à 17 heures 15.
 
Il obtint la mention « Mort pour la France » et fut homologué Résistant au titre des F.F.C. (Forces Françaises Combattantes). Il obtint le statut Déporté – Interné – Résistant (DIR). Il reçut à titre posthume la Médaille de la Résistance par décret du 31 mars 1947. Son nom est inscrit sur une plaque commémorative apposée 7 tue Antoine Bourdelle dans le Xvème arrondissement de Paris.
Le Conseil central des œuvres sociales (CCOS) donna son nom au challenge de tennis organisé à partir de 1949.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20966, notice COUSIN Raymond, Léon [pseudonyme Lemoine] par Alexandre Courban, Michel Thébault, version mise en ligne le 25 octobre 2008, dernière modification le 9 mai 2022.

Par Alexandre Courban, Michel Thébault

SOURCES : SHD AVCC, Caen Cote AC 21 P 439 151 et SHD Vincennes GR 16 P 148392 (nc) — Arch. Dép. Paris (état civil). — Site internet de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation. — René Gaudy, Les porteurs d’énergie, Temps Actuels, 1982. — Afin que nul n’oublie..., CCAS, 1980, 32 p. — Mémoire des Hommes. — Mémorial genweb. — État civil.

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