VASSERMANN Charles [pseudonyme dans la résistance : Dugommier]

Par Patrick Bec

Né le 6 octobre 1905 à Paris (ex Seine, Xe arr.), mort en action le 11 juin 1944 à Clavières (Cantal) ; voyageur de commerce ; résistant au sein des Forces françaises de l’Intérieur (FFI).

Les parents de Charles Vassermann étaient Isaac Vassermann et Rachel Vassremann née Grobglas. Isaac était maroquinier et la famille habitait faubourg du temple, à Paris.
Charles Vassermann exerçait la profession de voyageur de commerce. Il se maria le 8 avril 1937 avec Charlotte Chilman, à Paris (XI ° arr.). D’origine juive, il se réfugia peut-être en Auvergne après que son épouse Charlotte née Schilman, le 19 juillet 1913 à Paris ait été raflée sans doute début 1943. Elle fut internée à Drancy et déportée à Auschwitz le 13 février 1943.
Charles Vassermann avait 38 ans quand il rejoignit la 26e Compagnie FFI en Auvergne. Charles Vassermann devint Sergent sous le nom de guerre Dugommier. La 26e Compagnie participa aux combats de Clavières, le 11 juin 1944, dans le cadre de la bataille du Mont-Mouchet opposant une concentration de plusieurs milliers de résistants à l’appel des Mouvements Unis de la Résistance, aux troupes allemandes. Voici le récit que fait Eugène Martres de ces événements :
« En fin de matinée (10 - 11 heures) les troupes allemandes se présentaient à l’entrée du village de Clavières. Le bazooka tira et jeta au fossé la première voiture de reconnaissance blindée mais les servants du bazooka furent tués par la riposte ennemie. Dans Clavières un nouveau combat s’engagea jusqu’à 12 ou 13 heures, les maquisards faisant front au fusil mitrailleur et à la grenade. C’était un mélange de soldats chevronnés et d’adolescents inexpérimentés.
Il y avait les gendarmes de la brigade de Laroquebrou ; ils savaient se servir des armes. Ils protégèrent les jeunes, inexperts, ils les dégagèrent parfois à la grenade, ils les firent reculer à l’abri des murs et des haies. Vers 13 heures Clavières fut évacué. La 26e cie, déjà fortement éprouvée, prit position au nord-est du village et continua à tirer sans interruption jusqu’à 16 heures. »
C’est lors de ces combats que Charles Vassermann fut tué.
Son nom figure sur la stèle commémorative "A la mémoire des patriotes de la 26ème compagnie venus de Laroquebrou, tombés à Clavières le 11 juin 1944" avec 35 autres noms.
Il a été déclaré "Mort pour la France", homologué FFI. Il a été inhumé à Bagneux (Hauts-de-Seine).
Son dossier de résistant indique : Résistance organisée , MUR de février 1943 au 29 mai 1944 (responsable Monsieur Lalisse dit Larousse), 26ème Compagnie du Mont Mouchet du 30 mai 1944 au 11 juin 1944 (responsable Capitaine Ostertag). Nommé le 1er juin 1944 à Fridefont (Cantal) au grade de sergent-chef par le capitaine Ostertag. Les services de résistance de Charles Vassermann ont été reconnus au titre des FFI ainsi qu’il suit :
Grade de sergent, homologué sous le n°27330 après avis de la commission nationale d’homologation le 2 décembre 1947
Certificat d’appartenance n° 2299 délivré le 14 juin 1948

Il est orthographié par erreur Wissermann sur la base MémorialGenweb et sans doute sur une des stèles. Son dossier de résistant sous le nom de Vassermann a été rectifié car précédemment écrit Wasserman.

Son décès a été constaté par jugement du tribunal civil de Saint-Flour en date du 22 février 1945.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209694, notice VASSERMANN Charles [pseudonyme dans la résistance : Dugommier] par Patrick Bec, version mise en ligne le 19 décembre 2018, dernière modification le 24 février 2021.

Par Patrick Bec

SOURCES : AVCC, dossier Maurice Charles Wassermann : AC 21 P 165544 (non consulté) .— SHD Vincennes, dossier de résistant de Charles Vassermann : GR 16 P 586607 (notes Geneviève Launay) .— Favier, Lieux de mémoire et monuments du souvenir, Albédia, Aurillac 2007. — Eugène Martres, Le Cantal de 1939 à 1945 - Les troupes allemandes à travers le Massif Central, Cournon, De Borée 1993 .— Manuel Rispal, La Libération désirée, tome 2 Massif Central, éditions Authrefois 2016, p. 113 .— MémorialGenWeb .— État civil (AD 15 et Paris) et Clavières.

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