LAGARDÈRE Raymond

Par Mauricette Laprie

Né le 30 septembre 1925 à Sore (Landes), mort le 9 janvier 2021 à Langon (Gironde) ; gemmeur à Saint-Symphorien ; syndicaliste CGT et militant communiste de la Gironde ; résistant.

De parents et grands-parents militants communistes, gemmeur-cultivateur de profession, Raymond Lagardère poursuivit le même itinéraire à partir de 1938 dans les Landes de Gascogne.

Fils de Jean Paul Lagardère, métayer-gemmeur et de Jeanne Irène Filleau, cultivatrice, Raymond Lagardère se maria le 26 avril 1945 à Saint Symphorien (Gironde) avec Agnès Guilhemsans, cultivatrice, née le 29 décembre 1927 à Luxey (Landes), décédée le 20 janvier 2010 à Langon (Gironde). De leur union naquit Danielle le 21 août 1950.

Sa famille arriva en 1932 à la métairie de Lassus à Saint-Symphorien. Son père faisait entre 6 et 8 000 litres de résine par an. En juin 1937, à douze ans, il obtint le certificat d’études primaires, il commença alors à piquer les pins et à quatorze ans, il réalisa l’ensemble des tâches du métier de gemmeur. Pendant la guerre, il aida ses parents à la métairie familiale, puis embaucha dans diverses entreprises à la scierie Ducourneau, pour du bûcheronnage à Sore, à Villandraut et à Callen. De 1946 à 1950, il travailla dans une scierie au cubage et aux expéditions des bois débités, à la suite de la faillite de l’entreprise, il reprit son métier de résinier jusqu’en 1970 pour le même propriétaire. Il prit sa retraite en 1983 à l’âge de 58 ans.

Raymond Lagardère adhéra à la CGT en 1945, secrétaire du syndicat des gemmeurs de Saint-Symphorien, il intervint au 31e congrès de la Fédération des gemmeurs et métayers du Sud-Ouest à Salles (Gironde) les 21 et 22 décembre 1946. Membre du bureau du syndicat des gemmeurs du Sud-Ouest en 1950, Il fut élu à la commission exécutive du Comité fédéral des gemmeurs en 1955. Il représenta le syndicat des gemmeurs à la Commission exécutive de l’Union départementale CGT de la Gironde de 1959 à 1965, membre du bureau de 1973 à 1977. Secrétaire général adjoint de la Fédération des gemmeurs du Sud-Ouest en 1960, il devint demi-permanent secrétaire à l’organisation, puis secrétaire général de la Fédération des Gemmeurs et des Métayers en 1965 sur proposition de Charles Prat, il y resta jusqu’en 1990. Cette Fédération devint l’Union des syndicats des travailleurs forestiers, puis la Fédération Nationale des travailleurs de l’agriculture et de la forêt. En 1969, il fut délégué au 37e congrès confédéral de la CGT qui se tint à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) du 17 au 21 novembre. Il intervint dans la 3e séance du 17 novembre, et informa le congrès que son syndicat avait obtenu pour la première fois une convention collective dans la grève de mai-juin 1968. Celle-ci était réclamée par la profession depuis 1937. Il siégea au Conseil économique et social national de 1976 à 1980, représenta la CGT à la FSM (Fédération syndicale mondiale) en tant que vice-président de la commission forestière. Délégué titulaire de la Fédération CGT agro-alimentaire, il participa à la deuxième réunion technique tripartite pour l’industrie du bois (forêt) du BIT (bureau international du travail) à Genève du 25 avril au 8 mai 1973 et à la 3ème du 1er au 10 décembre 1981. Conseiller prud’hommes dans la section agriculture de Bordeaux de 1976 à 1989, Il fut ensuite élu administrateur salarié de la Mutualité Sociale Agricole de la Gironde de 1989 à 1999.

Son engagement politique commença d’abord à l’Union de la Jeunesse Républicaine puis aux Jeunesses Communistes. II adhéra au Parti communiste dans la clandestinité l’été 1943, diffusa l’Humanité clandestine. En mars 1944, il rejoignit le maquis de Lencouacq (Landes) et participa à la Libération d’Agen (Lot-et-Garonne) en août.
Il suivit la formation de l’école centrale du Parti en 1949, siégea au bureau fédéral des Landes de 1947 à 1954, puis au bureau fédéral régional de 1951 à 1960, membre du comité fédéral de la Gironde jusqu’en 1964, responsable de la section de Saint-Symphorien jusqu’en 1996.

Élu conseiller municipal de Saint-Symphorien de 1959 à 2001, il fut adjoint au maire de 1983 à 2001.

Président du Cercle ouvrier de Saint-Symphorien pendant 30 ans, l’hommage rendu le 25 juin 2011, fut l’occasion de discussions joyeusement accompagnées par la Compagnie Lubat.

Chevalier dans l’Ordre national du Mérite ; Croix du Combattant au titre de la Résistance ; Médaille du Combattant de moins de 20 ans ; Officier du Mérite Agricole remise de la médaille le 4 décembre 1984 ; Médaille d’or départementale et communale (42 ans de mandat municipal) ; Médaille de la Mutualité, de la Coopération et du Crédit.

Ses obsèques se sont déroulées lors d’une cérémonie laïque le mercredi 13 janvier 2021, à 14 h 30 au cimetière de Saint-Symphorien.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209699, notice LAGARDÈRE Raymond par Mauricette Laprie, version mise en ligne le 17 décembre 2018, dernière modification le 23 juin 2021.

Par Mauricette Laprie

SOURCES : Notes manuscrites de Raymond Lagardère. — Compte rendu in extinso du 37e congrès national de la CGT publié dans le supplément au n° 884 de Le Peuple, du 1er au 15 mai 1970. — "Le syndicalisme gemmeur en forêt de Gascogne", Aperçus d’Histoire sociale en Aquitaine, 2006, n° 80. — Raymond Lagardère, Gemèir de Gasconha. Film documentaire de Patrick Lavaud, 2011. — Sous les grands pins. Mon passé, mes espoirs de Raymond Lagardère. Espaces Marx Aquitaine, Institut d’histoire sociale en Aquitaine, 2011. — "Parcours de militants : Raymond Lagardère. Résistance en Haute-Lande", Aperçus d’Histoire sociale en Aquitaine, 2016, n° 119. — Notes de Gilles Pichavant.

rebonds ?
Les rebonds proposent trois biographies choisies aléatoirement en fonction de similarités thématiques (dictionnaires), chronologiques (périodes), géographiques (département) et socioprofessionnelles.
Version imprimable Signaler un complément