COUSSAUD Paul, Pierre [Dictionnaire Algérie]

Par Amar Benamouche, René Gallissot

Né le 21 janvier 1909 à Agris (Charente), mort le 3 septembre 1983 à Saint-Michel (Charente) ; instituteur ; syndicaliste et militant communiste d’Algérie.

Fils d’un charron, Paul Coussaud (écrit aussi parfois Cousseaud) fut élève de l’École normale d’instituteurs d’Angoulême (Charente) de 1925 à 1928. Après son service militaire à Biskra (Algérie), il exerça comme instituteur successivement à Touggourt, puis dans les Aurès, à Menaâ où il dirigea l’école indigène. En raison de ses activités politiques et syndicales, il fut muté à Batna. Instituteur dans cette ville, chargé des fonctions d’inspection des écoles indigènes de 1933 à 1940, il parcourait les Aurès et propageait les idées du Parti communiste auquel il avait adhéré à la fin des années 1920.
Paul Coussaud était membre depuis la fin des années 1920 de la Ligue contre l’oppression coloniale et l’impérialisme. Il participa, en 1932, au congrès d’Amsterdam qui lança le mouvement antifasciste pour la paix, futur Mouvement Amsterdam-Pleyel. Il militait également du Syndicat national des instituteurs dont il fut en 1936 secrétaire adjoint de la section de Constantine. Il créa la première Union locale CGT à Batna.
La région communiste d’Algérie donna naissance en 1936 au Parti communiste algérien. En 1937, il fut son candidat au Conseil général. Selon un rapport de police de 1939, il « dirigeait » à cette date la cellule communiste de Batna et se trouvait en liaison avec les Oulémas (associations religieuses qui se réclament du nationalisme musulman) et maintenait le contact avec la cellule communiste de Menaâ, dans l’Aurès. Selon les témoignages oraux recueillis par Omar Carlier en 1980, il favorisa l’arabisation tant des Jeunesses communistes que du PCA.
Relevé de ses fonctions au 1er février 1940 parce qu’il resta attaché au PCA interdit, puis révoqué par le gouvernement de Vichy, Paul Coussaud fit de la Résistance, ce qui lui valut, après la guerre, d’être décoré de la Croix de la Résistance. Réintégré dans l’enseignement en 1948, instituteur dans un quartier du haut d’Alger à Birmandreis, il devint membre du bureau du SNI à Alger. Il appartint à la même cellule communiste que Gilberte Salem, femme d’Henri Alleg. Il était aussi secrétaire pour Alger des Combattants de la paix, puis du Mouvement de la paix. Dans la guerre de libération, ces communistes du grand Alger prirent une grande part à l’action clandestine du PCA interdit ; Paul Coussaud semble avoir échappé à la vague d’arrestations de 1957.
Coussaud se maria en mai 1930 en Algérie. Sa femme décéda le 27 mars 1943 au cours d’un bombardement à Philippeville et son fils âgé de treize ans, tué quatre mois plus tard, à Oran. Il se remaria en octobre 1946 à Birmandreis.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article20971, notice COUSSAUD Paul, Pierre [Dictionnaire Algérie] par Amar Benamouche, René Gallissot, version mise en ligne le 19 février 2014, dernière modification le 17 décembre 2016.

Par Amar Benamouche, René Gallissot

SOURCES : Arch. d’Outre-Mer, 9 H 49. — Arch. André Marty, I XIX. — DBMO Maghreb. — Henri Alleg, Mémoire algérienne : souvenirs de luttes et d’espérance, Le grand livre du mois, Paris, Stock, 2005. — Notes de Louis-Pierre Montoy et de Jacques Girault. — Enquête orale d’Omar Carlier dans l’Aurès (années 1980).

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