BOZI Stanislas [BOZI Laszlo dit]

Par Jean-Sébastien Chorin

Né le 28 août 1923 à Sarvar (Hongrie), de nationalité hongroise, mort au combat le 31 août 1944 à Pusignan (Isère, Rhône depuis 1967) ; gareur ; FTP-MOI et FFI du bataillon Henri-Barbusse, 1er régiment du Rhône.

Laszlo Bozi, dit Stanislas Bozi, était le fils de Janos (Jean) Bozi et de Terezia (Teresa, Thérèse) Domölki. Il était le benjamin d’une fratrie de cinq enfants. Les Bozi étaient hongrois, tous nés à Sarvar. Ils arrivèrent en France au début du mois de juin 1929. Ils s’installèrent à Vaulx-en-Velin (Rhône) où ils demeurèrent 90 Cité de la Soie (devenue ensuite Cité Tase). Le père, Jean Bozi, et les aînés, Thérèse, Jean et Marguerite, travaillèrent comme ouvriers dans l’usine SASE (Société de soie artificielle du sud-est) rebaptisée en 1935, Textile artificiel du Sud-Est (TASE). À partir de juin 1941, Stanislas Bozi intégra à son tour l’usine TASE comme manœuvre, puis gareur. Il resta à ce poste jusqu’au 15 mai 1944. Il demeura chez ses parents 90 Cité Tase.
Stanislas Bozi, alias Maurice Gret, s’engagea dans les Francs-tireurs et partisans de la Main d’œuvre immigrée (FTP-MOI).
Ses services sont homologués à partir du 1er janvier 1944.
Le 27 avril 1944, à Saint-Marcel-Bel-Accueil (Isère), il prit part à une action et fut arrêté. D’après une lettre émanant de la préfecture de l’Isère, il fut « Recruté par un camarade de travail pour participer avec trois autres comparses à un vol à main armé » et lors de « cette opération infructueuse », il tira « un coup de revolver en direction du fermier Bottu ». Il fut incarcéré le 17 mai 1944 à Bourgoin (aujourd’hui Bourgoin-Jallieu, Isère) puis transféré à la maison d’arrêt de Grenoble (Isère). Le 8 juillet 1944, il fut condamné par le tribunal spécial de Grenoble à un an de prison pour tentative de vol à main armée. Lors de l’audience, il apparut « comme devant appartenir à une organisation communiste. » Le 9 juillet 1944, il fut signalé à la maison d’arrêt de Grenoble, comme étranger détenu passible d’expulsion. Le surveillant-chef de la prison précisa que Stanislas Bozi était libérable le 27 mai 1945 et que son arrêté d’expulsion pouvait être notifié à l’adresse Vaulx-en-Velin cité Tase en cas de libération. Le 4 août, Stanislas Bozi fut transféré à la prison Saint-Paul (Lyon, Rhône).
Après le déclenchement de l’insurrection de Villeurbanne (Rhône), il fut libéré le 25 août 1944 par des hommes du bataillon Carmagnole. Il participa à l’insurrection et se replia le 26 août vers l’est avec ses camarades FTP-MOI et des combattants des Milices patriotiques. A Pont-de-Chéruy (Isère), son unité fusionna avec celle des maquisards d’Aiguebelette-la-Brigoire (Savoie) commandée par Baptiste Saroglia, pour constituer le bataillon Henri-Barbusse.
Le 31 août 1944, Stanislas Bozi fut tué lors du combat qui eut lieu à Pusignan (Isère, Rhône depuis 1967), entre le bataillon Henri-Barbusse et une unité de plusieurs centaines de soldats allemands.
Le 4 septembre, son corps fut transféré au stadium de Villeurbanne. Voici son signalement : cheveux châtains clairs, chemise bleue, veste en drap bleu, pantalon bleu à grands carreaux. Il fut identifié par sa sœur sous le numéro 9. Stanislas Bozi fut inhumé à la nécropole nationale de la Doua, carré A, rang 13, sépulture 68.
Il fut homologué FFI et obtint le titre d’interné résistant. Il fut reconnu « Mort pour la France », tué au combat. Son nom apparaît sur le monument aux morts de Vaulx-en-Velin, sur le monument de la Résistance à Pusignan, sur le monument commémoratif au Bataillon FTP-MOI Carmagnole-Liberté, place Sublet à Vénissieux (Métropole de Lyon) et sur la plaque commémorative située dans l’école Croizat (Vaulx-en-Velin, 79 Avenue Roger Salengro). Une rue de Vaulx-en-Velin porte le nom de Stanislas Bozi.
Le 11 octobre 1944, la préfecture du Rhône s’adressa au commissaire de police de Villeurbanne afin qu’il fasse porter la mention « Valable seulement pour l’agglomération lyonnaise » sur la carte d’identité de Stanislas Bozi, mesure prise suite à sa condamnation du 8 juillet. En réponse, le policier écrivit : d’après « des renseignements recueillis près de la famille du nommé Bozi Stanislas, 90 cité Gillet à Vaulx-en-Velin. Il résulte que le sus nommé aurait été tué par les Allemands à Pusignan (Isère) le 31 août 1944 ».

Notice en cours de rédaction.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209784, notice BOZI Stanislas [BOZI Laszlo dit] par Jean-Sébastien Chorin, version mise en ligne le 19 décembre 2018, dernière modification le 22 novembre 2021.

Par Jean-Sébastien Chorin

SOURCES : AVCC Caen, AC 21 P 32476 et AC 21 P 716519 (nc). — SHD Vincennes, GR 16 P 86801 (nc) ; GR 19 P 69/37 p. 22. — Arch. Dép. Rhône, 3460W4, 829W106, 6M739, 6M693, 3678W52.— Claude Collin, 24-26 août 1944, L’Insurrection de Villeurbanne a-t-elle eu lieu ?, 1994.— Amicale des anciens Francs-tireurs et partisans de la main d’œuvre immigrée, Région Rhône-Alpes, Carmagnole, Liberté, 1995.— Mémorial GenWeb.— Mémoire des hommes. — État civil.

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