DARIS Gaston

Par André Balent

Né le 21 septembre 1925 à Rodez (Aveyron), mort, exécuté sommairement le 18 août 1944 à Carmaux (Tarn) (d’après l’état civil, le 17 août 1944 au Garric, Tarn, d’après la stèle commémorative de cette commune) ; résistant du maquis Antoine des groupes Veny de l’AS (Armée secrète) de l’Aveyron

Gaston Daris, né à Rodez vivait à Montjaux (Aveyron), commune du sud du département, sur la rive droite du Tarn, sur les flancs du massif du Lévézou.
Sans doute réfractaire au STO, Gaston Daris intégra le « maquis Antoine » (du nom d’Antoine Pech, boucher carmausin qui en fut le créateur et le chef). Ce maquis fut implanté dans l’Aveyron, à Cabanès, près de Naucelle, sur le Ségala, vaste plateau schisteux entaillé par les gorges du Viaur, à la limite du Ségala tarnais et du bassin de Carmaux. Il était rattaché aux groupes Veny (pseudonyme du colonel Jean Vincent) dont le développement était impulsé depuis le Lot où il avait été parachuté depuis Londres en 1943, par leur créateur lié au Parti socialiste clandestin et soutenu par l’OSS (Special Operations Executive) britannique. Depuis le hameau de Villelongue, dans la commune de Cabanès (Aveyron), le maquis Antoine multiplia les actions de sabotage et de harcèlement des forces allemandes dans l’Aveyron et le Carmausin voisin. Gaston Daris appartenait à un groupe de maquisards parmi lesquels Michel Piany, Jacques Troussel, un homme connu comme le « Légionnaire » et Jacques Bories qui le commandait.
Du 16 au 18 août 1944, le maquis Antoine participa à la bataille de Carmaux aux côtés de treize autres maquis du Tarn et de l’Aveyron : AS, parmi lesquels plusieurs « groupes Veny » du Tarn, en plus du maquis Antoine), FTPF, FTPF-MOI, AGE (Agrupación de guerrilleros españoles), ORA. Sur un « front » de huit kilomètres, les maquisards avaient réussi à rassembler 2000 hommes environ qui affrontèrent 2500 hommes (Allemands et prétendus « Mongols » de l’Ost Legion. Le maquis Antoine fut engagé au nord de la ville au Garric, sur la route d’Albi (côte Sainte-Cécile de l’ancienne RN 88). Les Allemands afin de briser l’encerclement des FFI, lancèrent plusieurs violentes attaques dans ce secteur. Le 17 juillet, une dizaine d’hommes du maquis Antoine commandés par Jacques Bories tenaient une position stratégique au carrefour du Garric sur l’ex-RN 88. Les tirs de leurs mitrailleuses, dont une particulièrement efficace servie par Jacques Troussel provoquèrent des pertes chez les Allemands (13 d’entre eux furent enterrés au cimetière Sainte-Cécile). Ces derniers, en particulier des éléments de l’Ost Legion, contre-attaquèrent et prirent à revers par le nord-est les maquisards commandés par Jacques Bories. Ce dernier n’ayant pas donné l’ordre du repli, les hommes de son groupe, parmi lesquels Daris, furent encerclés ou sur le point de l’être. Après un court combat au corps à corps, quatre d’entre eux s’échappèrent de la nasse. Des six autres, seul Martinez qui parvint à se cacher échappa au massacre. Les autres ( Michel Piany, Jacques Bories, Jacques Troussel et le « Légionnaire ») furent abattus, alors qu’ils avaient leurs mains levées, par une rafale de mitraillette tirée par un soldat de l’Ost Legion. D’après Camille Pech, fils d’Antoine Pech commandant du maquis éponyme, ces cinq furent les seuls de son groupe qui périrent lors de la bataille de Carmaux.
Le décès de Gaston Daris et de ses quatre camarades eut lieu sur le territoire de la commune du Garric le 17 août 1944 en début d’après-midi. Mais il est enregistré sur l’état civil de Carmaux avec la date du 18 août 1944. Le nom de Gaston Daris figure sur la stèle du Garric, sur le monument aux morts de Carmaux (comme « Gaston mort au maquis »), sur le monument aux morts de Montjaux (Aveyron) et sur le monument de Sainte-Radegonde (Aveyron) érigé à la mémoire des victimes rouergates de la Seconde Guerre mondiale, résistants morts au combat, exécutés sommaires ou fusillés ; civils massacrés).

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209804, notice DARIS Gaston par André Balent, version mise en ligne le 20 décembre 2018, dernière modification le 16 janvier 2019.

Par André Balent

SOURCES : Gérard Bouladou, Les maquis du Massif Central méridional 1943-1944. Ardèche, Aude, Aveyron, Gard, Hérault, Lozère, Tarn, Nîmes, Lacour Rediviva, 2006, 617 p. [pp. 441-448], monographie du maquis Antoine. — Henri Moizet, « Le maquis Antoine. Un maquis Veny », site L’Aveyron et la Résistance consulté le 16 décembre 2018. — Site norbertdelpon/la-liberation-du-tarn consulté le 16 décembre 2018. — Site MemorialGenWeb, consulté le 12 décembre 2018. — Site Mémoire des hommes consulté le 20 décembre 2018.

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