MAUDIER Camille, Léon

Par Joël Drogland

Né le 29 octobre 1892 à Carisey (Yonne), fusillé sommairement le 26 août 1944 à Dyé (Yonne) ; chauffeur de taxi ; résistant sédentaire (compagnie FTP Aillot).

Fils d’Armand Maudier et de Marie Courteaux, né à Carisey (Yonne), Camille Maudier fut appelé sous les drapeaux le 8 octobre 1913 au 60e R.A. de Troyes. Il participa à la Grande Guerre et fut renvoyé dans ses foyers le 28 août 1919. Il épousa Anna Adam le 24 décembre 1929 à Paris (XVIIe arr.). Chauffeur mécanicien, il résida par la suite à Paris (XVIIe arr.) où il était chauffeur de taxi. Quand le département de l’Yonne fut libéré, en août 1944, Camille Maudier, alors âgé de 51 ans, demeurait à Carisey.

Son entrée en résistance est officiellement datée de janvier 1943. René Millereau, l’un des responsables FTP du département de l’Yonne, reçut son engagement au sein des FTP en janvier 1944. À cette époque, il existait une demi-douzaine de groupes de résistants sédentaires dans les communes situées au sud de Flogny (Yonne). Au début du mois de mai 1943, Robert Loffroy, recruteur régional des FTP de l’Yonne, réunit ces groupes sur une base territoriale et forma ainsi la compagnie Aillot, dont le nom honore la mémoire de son ami Claude Aillot, résistant communiste tonnerrois fusillé comme otage en avril 1942. Le secteur était constitué des villages de Flogny, Percey, Villiers-Vineux, s’étendait vers le sud à Carisey, Dyé, Bernouil, et jusqu’à Lignères, dans l’Aube. Des chefs de section furent nommés dans chaque village, chacun à la tête d’un petit groupe d’hommes. Cette compagnie était largement fictive, ne comprenant pas plus de vingt francs-tireurs sans armes et se calquant sur la toile du Front national. La compagnie fut placée sous le commandement de Claude Simonnot et du capitaine de réserve Lucien Petitpain, un directeur d’école parisien. Néanmoins les hommes furent actifs et réalisèrent de multiples opérations jusqu’à la fin du mois d’août 1944. Après une rupture de la ligne téléphonique à Tronchoy, ce furent des sabotages à l’explosif sur les voies de la ligne Paris-Lyon, des arbres abattus sur la RN 5 ou des destructions de pylônes électriques. Dans ce contexte, Camille Maudier effectua diverses missions de récupération d’armes, de liaison et de sabotage dans le secteur Flogny-Ligny-le-Châtel.

Le 26 août 1944, une forte colonne allemande en retraite venant de Puisaye et ayant franchi l’Yonne à Appoigny, prit la route de Seignelay (où fut tué André Chamfroy). À Appoigny, deux FTP, Roger Bellair et Aimé Borel furent exécutés sommairement. Le convoi se dirigea vers Ligny-le-Châtel et Carisey afin de traverser l’Armançon, le canal de Bourgogne et la RN 5. Camille Maudier partit armé en direction de son rûcher situé sur la commune voisine de Dyé, pour observer le déplacement du convoi ennemi qu’il avait repéré. Il fut arrêté par des soldats allemands alors qu’il traversait le village de Dyé. Porteur d’une arme, il fut suspecté d’être un résistant, violemment interrogé et immédiatement fusillé.

Camille Maudier fut homologué caporal FFI le 25 février 1947. Son nom figure sur le monument aux morts de Carisey ainsi que sur le monument des déportés et fusillés de l’Yonne à Auxerre. Il obtint la mention « Mort pour la France », fut décoré de la Croix de guerre avec étoile d’argent et de bronze et cité à l’ordre de la division et du régiment : « Valeureux patriote de la Cie FTP Aillot de janvier 1943 à août 1944, renseigne les chefs de réseau du Tonnerrois sur les mouvements de l’ennemi. »

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209805, notice MAUDIER Camille, Léon par Joël Drogland, version mise en ligne le 20 décembre 2018, dernière modification le 20 décembre 2018.

Par Joël Drogland

SOURCES : Service historique de la Défense, GR 16 P 404665. — Robert Bailly, Si la Résistance m’était contée, Éd. ANACR-Yonne, 1990, p. 487. CDrom La Résistance dans l’Yonne, AERI-ARORY, 2004 (La compagnie FTP Aillot, notice de Frédéric Gand). — Mémorial GenWeb.

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