PATOUX Andrée [ARMAND Andrée, Céline épouse]

Par Marie-Cécile Bouju

Née le 21 novembre 1908 à Hesdin (Pas-de-Calais), morte le 11 avril 1971, maître imprimeur, résistante.

Fille de ? Armand et de Clara Magnier, Andrée Patoux était propriétaire d’une imprimerie avec son mari à Hesdin (Pas-de-Calais) au 15 rue Daniel-Lereuil.
Pendant la Drôle de guerre, son mari a été fait prisonnier. André Patoux prit seul la direction de l’imprimerie.
Au début de l’occupation, Andrée Patoux aida des prisonniers français à s’échapper, avec la complicité d’Henri Collette, pharmacien à Hesdin, et Duthoit, camionneur lillois.
A partir de juin 1941, contactée par Marcel Fréville (qui avait été un client de l’imprimerie avant guerre), elle mit son imprimerie à la disposition du Front national de lutte pour la libération et l’indépendance de la France. Elle imprima en particulier L’Indépendance (entre 15 et 20 000 exemplaires) - Vincent Frère imprimait également le journal à Laventie. Avec Eschenbrenner, instituteur à Hesdin, Henri Masse, employé à la SNCF, et Georges Antoine, elle en assura aussi la diffusion (dans les boîtes aux lettres et transport par les trains) à Lens, Hénin-Liétard et Carvin. Elle fournit également du papier à duplicateur aux résistants actifs dans la région minière.
Le 12 mars 1942, Patoux fut arrêtée par les gendarmes à Hesdin, ainsi que ses camarades résistants. Elle fut détenue à Béthune, de mars à juin 1942, puis à Arras et Loos. A Arras, le tribunal militaire allemand la condamna à mort, peine commuée à dix ans de travaux forcés.
Le 10 octobre 1942, Patoux fut déportée, via Bruxelles, pour la prison d’Aix-la-Chapelle et celle d’Anrath (Haute-Silésie). De janvier 1944 à janvier 1945, elle fut détenue à Jauer, puis à Aicach (Bavière). Elle a notamment travaillé dans des kommando au service de l’industrie aéronautique allemande et pour des travaux de couture. Elle fut libérée par l’armée américaine le 29 avril 1945, et rapatriée le 22 mai.
L’Etat français lui reconnut le grade de sous-lieutenant. Andrée Patoux fut décorée de la croix de guerre et de la médaille de la résistance. Elle a été faite chevalier de la Légion d’honneur. Elle fut vice-présidente de l’Association départementale des déportés-internés, familles de déportés et fusillés.
Andrée Patoux était mère de deux enfants.
Une rue d’Hesdin porte son nom depuis 1972.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209870, notice PATOUX Andrée [ARMAND Andrée, Céline épouse] par Marie-Cécile Bouju, version mise en ligne le 23 décembre 2018, dernière modification le 19 mai 2020.

Par Marie-Cécile Bouju

SOURCE : SHD GR 16 P 17035 ; - Paul Chauvet. La Résistance chez les fils de Gutenberg dans la Deuxième Guerre mondiale. Paris : à compte d’auteur, 1979 ; p. 340 ; - Philippe Lambert. « André Patoux, une femme de caractère dans la Résistance ». La Voix du Nord, 25 juin 2018 ; - Fondation pour la mémoire de la déportation. Livre-Mémorial [en ligne] : - Notice biographique, Résistance, résistantes et résistants dans le Pas-de-Calais (1940-1945), sd [en ligne]. - Bernard Grelle. "l’Indépendance journal clandestin du Pas-de-Calais", L’Abeille journal de la société des Amis de Panckoucke, n°18, septembre 2011, p. 11-13 [en ligne].

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