DAVENET-GIRARD Corinne, Suzanne, Louise née GIRARD

Par Jacques Defortescu

Née le 13 septembre 1955 à Rouen (Seine-Inférieure /Seine-Maritime) ; secrétaire générale de l’Union locale CGT de Dieppe ; militante syndicale et politique.

Corinne DAVENET-GIRARD en octobre 2017
cliché J.Defortescu

En 1964, le père de Corinne Girard était dessinateur-métreur , puis conducteur de travaux chez « Valette », petite entreprise du bâtiment à Radepont dans l’Eure, et était syndiqué à la CGT. Prenant des cours du soir, Roland Girard devint ingénieur chez Bouygues à Rouen (Seine-Inférieure /Seine-Maritime). Les parents de Corinne Girard quittèrent le pavillon de Radepont et déménagèrent alors à La Neuville Chant d’Oisel, dans la maison conçu et construite pendant trois ans par Roland Girard.
Dernière et plus grande commune du plateau Est de Rouen, La Neuville-Chant-d‘Oisel était mitoyenne avec les communes de Boos, Montmain et Mesnil-Raoul en Seine-Maritime, et de Bourg-Beaudouin, Radepont, Pont-Saint-Pierre, Romilly-sur-Andelle et Pîtres dans l’Eure.
Pendant cette construction, toute la famille habitait Darnétal dans la banlieue de Rouen.
Denise Girard, née Lemery, travaillait comme mécanographe à la caisse vieillesse de Rouen.
Son père avait la responsabilité de la section des « Auberges de Jeunesse » de Rouen. Dans le début des années 1950,il participa à la rénovation de l’auberge de Jeunesse de Flipou dans l’Eure qui fut Inaugurée en présence de Roland Leroy et Pierre Largesse.
Il participait également à la rédaction d’un petit journal Révolte édité par une équipe de militants de la Fédération Nationale des Auberges de Jeunesse et du mouvement ajiste wallon. Le mouvement ajiste était constitué de ceux qui fréquentaient et animaient les auberges de jeunesse, et wallon par ce que lié à la province de Wallonie en Belgique. la mère de Corinne Girard née à Bacqueville-en-Caux,( Seine-Inférieure /Seine-Maritime) était d’une famille protestante. Elle fréquentait les Auberges de Jeunesse avec des amis. Elle y rencontra Roland Girard. Celui-ci se plaisait à dire : « nous ne croyons pas en dieu, nous croyons en l’homme ».
Corinne Girard était l’ainée de cinq enfants : deux filles, Fanny et Laurence et deux frères Sylvain et François.
A Radepont, la famille avait sympathisé avec un immigré espagnol et communiste. Les parents s’étant abonnés au journal L’Humanité, ils votaient communiste.
En 1975, à 48 ans, Roland Girard décéda d’un cancer, laissant son épouse avec encore deux enfants à élever, le dernier ayant 4 ans et demi.
Avec une autre camarade, Denise Girard se présenta alors sur la liste communiste aux élections municipales de 1982, de La Neuville-chant-d’Oisel. Elle ne fut pas élue, mais c’était la première fois qu’une femme communiste se présentait dans cette commune d’Ymare.
Auparavant, cette dernière avait milité à l’Union des Femmes Française (UFF) et fréquentait « les amis de la nature ».
Roland Girard fréquentait assidûment la « Fête de l’avenir de Seine-Maritime » à Rouen. Il y emmenait régulièrement sa fille Corinne.
Après une École primaire à Radepont et au Collège à Darnétal, puis à Bonsecours. Corinne Girard entra au Lycée Blaise Pascal à Rouen où elle passa le bac F4 : Bâtiment /génie civil. (seule fille dans la classe) N’ayant pas obtenu son baccalauréat, ayant eu un accident grave ( percutée par une moto en traversant la rue pendant sa scolarité) , elle passa l’examen seule plusieurs semaines après.
En 1973, à dix-huit ans, Corinne Girard remis son adhésion à la Jeunesse communiste de France (JCF) à Alain Bascoulergue, au siège de la Fédération du PCF de Seine-Maritime place de l’Hôtel de ville à Rouen. Corinne Girard, lycéenne au Lycée Blaise Pascal à Rouen fut alors chargée de remettre les cartes de la JCF à tous les jeunes qui avaient remplis un bulletin d’adhésion lors des fêtes de l’Avenir de Seine-Maritime à Petit-Quevilly près de Rouen.
Après avoir parcouru les rues de Rouen et de ses alentours en mobylette, Corinne Girard retourna très en colère à la fédération du PCF, constatant qu’elle avait passé une journée entière à tenter de remettre des cartes, alors que la plupart des adresses étaient erronées. Du coup, devant ce qu’elle considéra alors comme un manque d’organisation de la JC, elle décida d’adhérer au PCF.
Jean Malvasio était alors secrétaire de la fédération du PCF de Seine-Maritime. Il invita Corinne Girard à participer aux formations du PCF.
Lors d’une formation (Michel Barrière intervenait), un de ses camarade lui dit qu’elle était une pure, donc naïve. Elle reçue alors cette remarque comme une insulte. Elle failli alors quitter le PCF.
Corinne Girard était une femme de tête, et ne s’en laissait pas conter.
A la cellule d’ Ymare, elle fréquentait le secrétaire de Cellule, Régis Girraud avec toute une bande de jeunes d’ Ymare et de Quédreville-la-poterie, petite commune d’un millier d’habitants, voisine d’Ymare.
Régis Girraud était doué pour l’écriture, il écrivait de temps à autre dans le journal l’Humanité. Après le décès de Roland Girard, sa mère proposa à Corinne et Régis de leur louer une petite maison. C’est ainsi qu’ils s’installèrent dans une petite longère dont le terrain côtoyait la propriété de Jacques Anquetil.
Régis, qui utilisait la "deux chevaux" de Corinne pour se rendre au travail à Pont-Saint-Pierre, dans l’Eure, fut licencié car, sur le coffre de la "deux chevaux", il y avait l’affiche de la fête de l’Humanité, ce que bien sûr sa direction ne supportait pas. Le 2 janvier 1978, il se suicida par pendaison dans leur maison commune. Deux jours après un courrier arriva confirmant que Régir avait été reçu au concours de la poste.
Corinne Girard écrivit au journal l’Humanité pour raconter sa révolte, sa colère. Des journalistes vinrent alors chez elle. Cette lettre parue dans le journal l’Humanité dimanche, en retour elle reçut de nombreux courriers de soutien, de solidarité, d’encouragement, confortant son engagement politique.
Corinne Girard fut recrutée à la Direction Départementale de l’ Équipement (ex : ponts et chaussée depuis 1970) au service T 32 "études et grands travaux", en qualité de dessinateur de petites études non titulaire en juillet 1974.
Dés son embauche elle chercha à se syndiquer à la CGT sur les conseils de son père.
L’année suivante elle rentra au conseil syndical de la section CGT PTAS 76 (personnel Technique Administratif et de Service) Elle y côtoya des militants comme Robert Privat et Georges Jonquay.
Corinne Girard fut élue à la commission exécutive CGT de l’Union Départementale de Seine-Maritime en 1979.
Tout en étant membre de la commission exécutive CGT de l’Union Départementale de Seine-Maritime, Corinne Girard était membre du bureau de la section CGT PTAS 76.
Raymond Persil, secrétaire de la section, proposa à Pierre Leblic, un militant cadre arrivé bien après elle à la section, de le remplacer.
La section CGT PTAS 76 avec ses plus de 160 syndiqués, était alors une des plus grosse section, de France.
Ce n’est qu’après que ce camarade ait pris des responsabilités à l’Union Départementale CGT 76, qu’il lui proposa alors en 1985, d’être secrétaire de la section CGT PTAS 76.
Celle-ci rentra en conflit avec le syndicat national, la section de Seine-Maritime s’en tenant aux positions confédérales.
Travaillant à agir avec l’ensemble des syndicats et sections CGT de la Cité administrative de Rouen -issus de différentes fédérations nationales- où plus de 1500 agents de la fonction publique étaient employés, elle obtint des résultats intéressants comme par exemple la défense du personnel de ménage, et la reconnaissance des droits comme celui de pouvoir voter aux prudhommes notamment.
De 1988 à juin 2002, elle devint secrétaire de l’Union départementale CGT de Seine-Maritime à temps plein, sur "décharges d’activité de service", chargée des questions d’organisation.
À ce titre elle fut responsable de deux campagnes pour les élections prud’homales en 1997 et en 2002. Elle participa à de nombreux collectifs confédéraux, notamment dans le cadre du 46e congrès confédéral de 1999.
Elle représenta la CGT à l’UNEDIC (Nicole Notat Secrétaire nationale de la CFDT en était à l’époque présidente) pendant trois années.
Pendant cette période elle devint également formatrice dans la CGT. (1er et deuxième niveau).
Elle anima, la mise en place de modules, avec Daniel Plet dans le centre de formation de la CGT, (Benoit Frachon à Courcelle-sur-Yvette -Essonne) sur la Qualité de vie syndicale, pour les fédérations CGT de la construction et de la Fédération de l’Éducation, la Recherche et la Culture (FERC).
A l’initiative de Nicole Defortescu elle intervint à plusieurs reprises sur la formation de formateur dans l’Eure .
Parallèlement, elle assuma la responsabilité d’un collectif logement et d’un collectif des privés d’emploi pour l’UD Cgt 76.
En 2000, elle fut chargée de mettre en place l’outil CoGiTiel (Système informatique confédéral, destiné à collecter les cotisations syndicales) sur le département de Seine- Maritime, elle intégra le collectif confédéral sur le Cogitiel.
En 2002, suite à une crise au sein de l’Union départementale CGT 76, lors du congrès elle ne renouvela pas sa présence au bureau de l’UD Cgt 76, et devint dans la foulée membre du bureau de l’UL CGT de Rouen responsable des questions de formation.
Lors du congrès de l’Union locale Cgt de Dieppe et sa région des 7 et 8 mai 2004, elle fut élue secrétaire générale de l’UL, tout en continuant à assumer certaines responsabilités à l’UD Cgt 76 où elle était toujours membre de la Commission exécutive. Elle siégea au conseil départemental de l’habitat ou elle représentait la CGT
Devenue déléguée régionale de la mutuelle d’assurance Macif val de seine Picardie, en 2002, elle en devint déléguée Nationale et coordinatrice régionale pour la CGT en 2006, tout en cumulant avec ses responsabilités de secrétaire générale de l’Union locale Cgt de Dieppe.
Comme Secrétaire générale de l’Union Locale Cgt de Dieppe, elle s’attacha, avec Lucien Lecanu, à fédérer tous les syndicats implantés sur et autour du port. Ceux-là même qui constituaient l’activité portuaire, comme les marins, les dockers, les portuaires.
L’Union locale CGT de Dieppe mis en place un "livre Blanc" qui a ensuite été repris et développé par la nouvelle équipe municipale dirigée par le maire Sébastien Jumel.
En 2006, à l’occasion de l’anniversaire du Front populaire et des grèves de 1936, en partenariat avec l’Institut d’Histoire Sociale Cgt de Seine -Maritime, et du « Théâtre de la bataille », une cinquantaine de syndiqués CGT s’impliquèrent dans des scènes de théâtre, jouées en déambulant dans les rues de Dieppe, sur une petite scène tirée par un cheval.
En novembre 2009, Corinne Girard décide de réintégrer les services de la Direction Départementale des Territoires et de la Mer.
Ne pouvant postuler sur un poste de dessinatrice (pas de poste ouvert), elle se trouva dans l’obligation de passer le concours de Technicienne supérieure de l’Équipement.
Après 28 ans passés dans l’activité syndicale CGT interprofessionnelle, Corinne Girard rentra en formation de remise à niveau.(aucun déroulement de carrière ne lui a été attribué durant toutes ces années).
Elle réussi le concours avec prise d’effet au 1er janvier 2005
Mais la réintégration ne se fit pas, et fut reportée en 2009, suite à la sollicitation de la Direction de l’UD CGT 76 pour prendre la responsabilité de l’UL de Dieppe.
Puis elle occupa alors un poste à la DDTM à Rouen, durant 2 ans.
Corinne Girard se rendit alors dans les petites communes sur le territoire de Seine maritime, pour aider les maires de ces communes à mettre en place les documents d’urbanisme, comme la carte communale, ou les Plan locaux d’urbanisme (PLU).
Dès 2010, elle avait réintégré la section CGT PTAS 76, élue membre du Comité technique et du Comité d’Hygiène et Sécurité et Conditions de Travail .
En 2012, elle obtint une mutation à la DDTM de Dieppe et devint Technicienne Supérieur Principale jusqu’en 2016 ou elle partit en retraite.
Passionnée par le théâtre depuis les années 1990, Corinne Girard intégra la troupe du "Théâtre de la Bataille" à Arques La Bataille (Seine-Maritime) près de Dieppe.
En 2002, elle joua le rôle de Nicole dans "le Bourgeois Gentil homme", elle joua également dans des farces du moyen age et participa aux lectures théâtralisées, proposées par l’IHS Cgt de Seine-Maritime comme « Pour Saluer Jaurès » ou « Voyage en Terres d’Espoirs » en 2017 et 2018.
En 2013, elle créa dans sa commune l’association " Tranche de Vie Arquaise" avec l’IHS CGT 76, et la troupe du « Théâtre de la Bataille », du Mardi 30 avril, au samedi 4 mai, de cette même année, des débats eurent lieu sur le passé ouvrier d’Arques La Bataille, création d’une exposition, et d’une déambulation théâtrale basée sur l’histoire sociale et industrielle d’Arques. Cette initiative pédagogique, mais aussi festive intitulé « Dis… C’était comment avant ? » fut marqué par des témoignages enregistrés et filmés,.
Depuis 2009, elle pratiquait en loisir une passion, "le travail de la terre"- la poterie. Entre 2012 et 2013 elle fit une formation « céramique » à TTNCFC (Toute terre normande) à Bolbec (Seine-Maritime) , de 400 heures, grâce à un congé formation.
En 2018, elle créa une micro entreprise pour développer son activité céramique. Elle intervient à cette époque dans un établissement pour handicapés.
Résidente à partir de 2002 à Arques La Bataille, elle fut élue au conseil municipal en 2008 sur la liste conduite par le maire communiste Guy Sénécal (conseiller général du canton d’Offranville de 1976 à 1982), elle y était encore en 2018, elle fut également impliquée dans l’activité du Centre social "Espace Georges Thurin" d’Arques La Bataille dont elle fut trésorière.
Mariée à Martial Davenet, militant syndical cheminot CGT, le 16 juillet 2016,
Corinne Davenet-Girard avait eu deux enfants d’un premier mariage en août 1981 : Carole le 22 mai 1982 et Benoît le 13 janvier 1985.

Pour citer cet article :
https://maitron.fr/spip.php?article209900, notice DAVENET-GIRARD Corinne, Suzanne, Louise née GIRARD par Jacques Defortescu, version mise en ligne le 27 décembre 2018, dernière modification le 2 mai 2022.

Par Jacques Defortescu

Corinne DAVENET-GIRARD en octobre 2017
cliché J.Defortescu

SOURCES : Questionnaire de Corinne Davenet-Girard. — Entretiens divers.

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